samedi, 09 septembre 2017

"Regard sur la folie" de Mario Ruspoli

 

 

 En 1960, Mario Ruspoli tourne un film documentaire à l’hôpital psychiatrique de St-Alban, en Lozère.

Décision courageuse à une époque où la folie est un sujet tabou, totalement occulté par la société.

 

 

 

 

Mario Ruspoli suit au quotidien un groupe de médecins novateurs - dont le Dr. Tosquelles, chassé de son pays par la guerre d’Espagne - qui tentent une autre approche thérapeutique de la maladie, fondée sur la proximité avec les patients. Le regard généreux du cinéaste nous fait partager la relation exceptionnelle qui se noue entre soignants et soignés.

 

 

La réussite de ce film est d’arriver à nous faire ressentir le décalage entre le discours cohérent de certains malades et la pathologie dont ils souffrent, montrant à quel point la folie est un univers complexe où certaines perceptions sont faussées.

 

 

 

 

 

Portées par des textes d'Antonin Artaud, dits par Michel Bouquet, quelques rencontres jettent une lumière étrange sur l'univers si proche et si lointain de la folie. Qu'en est-il de cette vieille dame qui sanglote lorsqu'elle se souvient de son enfance ? Ou de cet homme qui prend à partie les médecins qui l'entourent ? 

Producteur délégué :

Anatole Dauman

Directeurs de la photo :

Michel Brault, Roger Morillière

Monteurs :

Jacqueline Meppiel, Henri Lanoé, Henri Colpi

Scénaristes :

Antonin Artaud, Mario Ruspoli

Ingénieurs du son :

Danièle Tessier, Roger Morillière, Dolorès Grassian

Directeur artistique :

Henri Colpi

 

Dans "Regard sur la folie" le psychotique donne à voir et à entendre, un inconscient littéralement à ciel ouvert, selon l’analyse qu’en réalise Jacques Lacan dans son Séminaire (Livre 3, 1955-1956). C’est autour de ce primat de la parole du fou que se rejoignent psychanalyse et surréalisme, et par voie de conséquence, le cinéma direct qui en « récolte les fruits » en quelque sorte. Prônant ensemble l’idée que le discours du psychotique a un sens, tout sujet parlant est invité à pénétrer dans son langage pour entendre ce qu’il a à nous dire sur l’inconscient. Or, ce point de jonction qui s’établit autour du sens du discours psychotique n’est pas pure coïncidence.

On l’ignore parfois, mais l’horizon intellectuel de Lacan a été grandement influencé par ses contacts avec le surréalisme et notamment par la méthode paranoïa-critique de Dalí qui consiste en une simulation de la pathologie psychotique permettant de connaître la réalité autrement et de faire partager cette connaissance à travers des formes objectives. Les thèses lacaniennes sur la psychose sont donc marquées par cette source d’inspiration majeure, bien que dans sa thèse de doctorat, il peine à reconnaître cette dette intellectuelle.

Ainsi, pour Lacan, le psychotique serait le fou le plus génial, le plus créatif, le plus inventif, mais aussi le plus " réaliste " puisqu’il mène le plus directement à la vérité de l’inconscient, à savoir au Réel de la psychose qui laisse littéralement l’inconscient à découvert. Si le film accueille ce langage de la folie sur le plan de son représenté, il le reçoit également au niveau d’un mode de fonctionnement qui travaille, comme la psychose, sur des absences de causalité, de logique et de signifiance immédiate, la pensée de type psychotique partageant avec le flux filmique une relative autonomie à l’égard de la réalité de l’expérience commune.

C’est probablement cette " vérité " de la psychose captée par l’équipe de Ruspoli – une vérité à la fois totalement déployée et insaisissable – qui explique l’enthousiasme des psychiatres et psychanalystes vis-à-vis du film lors de la projection privée du 13 juin 1962.

 

Michel Foucault

" Histoire de la Folie "

 

Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie. - Michel Foucault

 

 

lundi, 19 décembre 2016

"Sous les coups : violences conjugales"

 

 

 

Quelle que soit la situation sociale, économique, politique ou culturelle, les violences conjugales font vivre les femmes dans la terreur.

 

 

 

 

 

Là où la violence domine et où le contexte est le plus dangereux c’est bien souvent au sein du huis clos familial. Elle est le résultat d’interactions de facteurs individuels, relationnels, sociaux, culturels et environnementaux, considérés souvent à tort comme « des conflits familiaux ». 

 

 

Souvent identiques les mécanismes sont banalisés : domination, soumission, pression psychologique…

 

 

 

Quel sera le chemin à parcourir ? Quelles sont les formes de la violence domestique ?

Quelles sont les perceptions et les représentations des violences :  « normes » ?

 

 

 

 

Pour écouter, conseiller et orienter les femmes victimes de violences, chaque maillon de la chaîne à sa  responsabilité et son importance.

 

 

 

 

"Ne restons pas muets face aux violences conjugales", film d'Olivier Dahan réalisé pour Amnesty Internationale (2006) : avec Didier Bourdon, Clotilde Coureau, ...

 

Les Violences conjugales : Dix films pour en parler, sur les Ecrans du social

 

 

 

 

 

Ne restons pas muets face aux violences conjugales !

 

 


 

Olivier Dahan a réalisé un film de 2 minutes 30 qui met en scène les violences conjugales et incite les témoins de ces violences à réagir.

 

 
 

 

 

 

Lectures :

 

  • Les violences faites aux femmes en France : une affaire d'Etat
    • Amnesty International
  • Le livre noir de la condition des femmes
    • Christine Ockrent
  • De la violence (volume 2)
    • Françoise Héritier
  • De la violence (Volume 1)
    • Françoise Héritier
  • Femmes sous emprise : les ressorts de la violence dans le couple
    • Marie-France Hirigoyen
  • La domination masculine
    • Pierre Bourdieu
  • Nous, femmes battues : entre espoir et désespoir
    • Bénita Rolland
    • Alain Carné
  • Masculin, Féminin II – Dissoudre la hiérarchie
    • Françoise Héritier
  • Les violences envers les femmes en France. Une enquête nationale
  • Pourquoi les hommes frappent les femmes
    • Aldo Rocco
  • Les hommes violents
    • Daniel Welzer-Lang
  • Arrête ! Tu me fais mal ! : la violence domestique en 60 questions et 59 réponses
    • Daniel Welzer-Lang

mercredi, 23 novembre 2016

Mary Dorsan

 

Son premier roman " Le présent infini s'arrête " est un coup de cœur littéraire, il laisse deviner un grand talent.

 

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L'auteure ?

Mary Dorsan, infirmière psychiatrique. Elle décrit le quotidien d'un appartement thérapeutique, la souffrance des adolescents, la relation avec les soignants.

Un ouvrage à ne pas manquer...

 

Extrait sonore :

« Valerie » interprétée par Amy Winehouse, chanson de Sean Payne, Dave McCabe, Abi Harding, Boyan Chowdhury et Russell Pritchard, enregistrée le 10 janvier 2007 pour le Jo Whiley Live Lounge 2007, extrait de l’album Amy Winehouse at the BBC, Universal, 2012

 

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Mary Dorsan est infirmière psychiatrique, dans un appartement thérapeutique avec des patients entre l’âge de 13 et 20 ans. « On est en banlieue, pas à l’hôpital. » Après beaucoup de tensions, elle crache un jour sur un patient. « Je m’en suis beaucoup voulu, j’ai beaucoup pleuré. Je suis une soignante avec une éthique plutôt forte. Je venais de faire du mal à un patient, or toute cette violence, c’est de la souffrance. » Après avoir beaucoup pensé à ce qui lui était arrivé, elle se décide à écrire.

 

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Ce travail d’écriture débouche sur un roman fort et magnifique de 720 pages : « quand j’écrivais, c’était sur la feuille A4 de l’ordinateur et je n’avais aucune idée de ce que pouvait représenter la longueur du livre. » Elle écrit le matin, avant d’aller travailler (« j’étais obligé de me doucher et de déjeuner en urgence ») ou en revenant, parfois pendant quelques nuits d’insomnie. « J’ai choisi les moments symboliques qui pouvaient le mieux raconter l’histoire. Je voulais m’exposer. J’ai voulu exposer tout ce qu’il y avait à l’intérieur de ma tête. On n’ose pas raconter des histoires comme ça. » Elle raconte toutes ces choses qui pèsent sur nous. « Les émotions, on en parle dans les colloques ou dans les magazines scientifiques ? »

 

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Mary Dorsan prend le temps de regarder tout ce qui se passe autour d’elle : « il y a des tas de choses à regarder, explique-t-elle. D’abord le silence, et puis ce qui vient dans la tête est partagé. » Elle regarde, montre, décrit, mais elle ne dit jamais comment voir ou comment lire : « Je n’aime pas que l’on dise comment lire car chacun lit comme il veut. »

 

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Aujourd’hui, Mary Dorsan se sent coincée entre plusieurs identités : « je suis l’infirmière psychiatrique qui est responsables par rapport à ses collègues ou à ses patients ; je suis moi, avec la tentation de la provocation, de tout bousculer, de mettre les autres face à leur propre introspection ; et puis serais-je par hasard écrivain, quelqu’un qui aurait écrit toutes ces pages ? »

 

Quatrième de couverture

« Bon, j’écris ce qui se passe dans mon service. Je travaille dans un appartement thérapeutique, rattaché à un hôpital psychiatrique. On accueille des adolescents. Très malades, souvent, dont personne ne veut. Qui en plus de leurs troubles psychiatriques, ont des troubles de l’attachement, des pathologies du lien. Alors ça remue ! Ça remue les soignants.
J’écris les souffrances de ces jeunes. La diffi culté de les soigner, de les accompagner ou tout simplement de rester là, avec eux. Je tente d’écrire la complexité des relations avec eux et la complexité des effets sur les soignants et les relations des soignants entre eux. Je veux raconter ce que c’est, ce travail, leur vie. Je veux… Dire. Décrire. Montrer. Tout. Le bon et le mauvais. Je voudrais que l’on pense davantage à eux. Ces adolescents sont invisibles ou méconnus dans notre société. Ou incompris. Terriblement vulnérables, fragiles, si près de l’exclusion totale, ils sont à la marge. À la marge de notre pensée, de nos yeux. Au cœur de mon cœur. »

 

 

 

mercredi, 26 octobre 2016

BACLOFÈNE ET ALCOOLISME : LE BILAN

 

 

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Deux essais cliniques en cours

 

Outre ce suivi par l’ANSM, deux essais cliniques sont en cours en France, Alpadir et Bacloville : les premiers au monde, selon Philippe Jaury, le coordonnateur de Bacloville. À l’étranger, d’autres études se déroulent également, mais elles ont débuté plus tard.

Conduit en milieu hospitalier, Alpadir a pour objectif le maintien dans le temps de l’abstinence chez des patients sevrés. Le dosage maximum de baclofène est de 180 milligrammes par jour sur six mois. Les résultats sont en cours d’analyse.

 

 

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Mené avec des médecins généralistes, Bacloville est quant à lui un essai clinique multicentrique (plusieurs lieux en France) et randomisé en double aveugle. Il porte sur 320 patients  et sur un an. Le baclofène est prescrit avec une nouvelle posologie : jusqu’à 300 milligrammes par jour, une dose très élevée. « L’analyse des résultats doit débuter à la mi-avril 2015 », précise Philippe Jaury, qui ne dévoile rien des premières données, mais se montre confiant.

Il faudra aussi mieux comprendre les mécanismes d’action du baclofène : pourquoi, en effet, ne devient-il actif qu’à si hautes doses ? Directrice de recherche au CNRS, au laboratoire Neuroplasticité et thérapies des addictions, Florence Noble suppose que de nouveaux mécanismes biochimiques restent peut-être à découvrir.

 

« Le baclofène a changé la vie de beaucoup de patients alcoolo-dépendants, ils sont devenus indifférents à l’alcool », constate Philippe Jaury, médecin addictologue et professeur à la faculté de médecine de l’université Paris Descartes. Cette molécule est utilisée depuis les années 1970 comme décontractant musculaire. À hautes doses, elle aiderait à réduire sa consommation d’alcool, voire à devenir abstinent.

 

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Jusque-là, la seule solution proposée aux personnes alcooliques était l’abstinence pure et simple. Désormais, « l’abstinence devient une conséquence du traitement et non pas un objectif en soi,explique Philippe Jaury, l'un des pionniers de la prescription du baclofène à hautes doses, cela change complètement la prise en charge ».

 

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Depuis le témoignage d’Olivier Ameisen, les prescriptions se sont littéralement  envolées. Si bien qu’en 2012, selon l’assurance maladie, plus de 33 000 personnes alcoolo-dépendantes débutaient un traitement au baclofène, soit près de dix fois plus qu’en 2007.

« Quand les patients ont appris qu’on pouvait les soigner sans exiger d’eux qu’ils deviennent totalement abstinents, on a vu arriver dans nos cabinets des gens qui, jusque-là, refusaient de venir », se souvient Philippe Jaury. Avant d'ajouter : « Ce qui est bluffant avec le baclofène, c’est qu'au bout de trois à quatre mois, des patients nous annoncent qu’ils ne boivent plus, alors que leur objectif était simplement de boire normalement, comme tout le monde ».

 

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Un bilan positif…

Il y a un peu plus d’un an maintenant que la première recommandation temporaire d’utilisation a été accordée pour raison de santé publique au baclofène par l’Agence nationale de sécurité du médicament. D’une durée de trois ans renouvelable, elle permet aux médecins de prescrire légalement cette molécule hors autorisation de mise sur le marché aux patients pour lesquels les autres traitements disponibles ont échoué. Les deux indications sont : le maintien de l’abstinence chez des patients sevrés et la réduction majeure de la consommation d’alcool pour des personnes alcoolo-dépendantes à haut risque. La posologie ne doit pas dépasser 300 milligrammes par jour.

 

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L’ANSM dresse un bilan plutôt positif du suivi de six mois effectué sur quelque 2000 patients (ceux ayant effectué au moins une visite de suivi) : 74 % des patients nouvellement traités et 45 % des patients déjà traités ont vu diminuer leur besoin irrépressible de boire (craving). En outre, alors que 12 % des patients suivis étaient abstinents au début du traitement, 32 % l’étaient six mois après. Et parmi ceux qui étaient déjà en traitement, près de la moitié étaient toujours abstinents à l’issue du suivi. Une diminution moyenne de la consommation est aussi enregistrée. Elle est de 56 grammes par jour pour les patients qui débutaient le traitement, soit quatre à cinq verres de vin. Pour ceux déjà traités, elle est de 15 grammes par jour, soit un peu plus d'un verre. Toutefois, pour 1,1 % des patients, des effets secondaires graves possiblement liés au baclofène ont été rapportés, notamment de nature neurologique et psychiatrique. « Les effets secondaires sont importants et varient d'un patient à l'autre, mais ils sont beaucoup moins nombreux qu'avec l'alcool » constate Philippe Jaury.

… mais limité

Cela étant, il relève que ce suivi présente plusieurs limites méthodologiques. Tout d’abord, « ces données ne renseignent pas sur l’effet placebo ». C'est pour cela que les études cliniques habituelles sont réalisées en double aveugle : le médecin et le patient ignorent si c’est la molécule ou le placebo qui sont prescrits. De plus, « les contre-indications spécifiques de la RTU excluent à peu près la moitié des patients », déplore-t-il. Sont écartés du suivi, par exemple, les conducteurs d’un véhicule et les personnes souffrant d’une dépression caractérisée d’intensité sévère.

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Quant au portail électronique conçu pour transmettre les données, il se révèle beaucoup trop complexe à l’usage et nécessiterait, selon lui, une formation préalable. Au 20 mars 2015, quelque 5 000 patients seulement étaient enregistrés. « Cette proportion est très faible au regard de l’estimation de l’ensemble des patients traités », reconnaît l’ANSM. « Des études plus cadrées sont nécessaires conclue Philippe Jaury, c’est-à-dire randomisées en double aveugle contre placebo ».



samedi, 01 octobre 2016

C'est quoi, être un professionnel ?

 

 

 

 

Engagement, grandes vérités et gros baratin.

 

 

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L'histoire, c'est de parler du vécu du travailleur, son engagement. Comment il vit son travail, par rapport à lui-même, par rapport à ses émotions, entre ce qu’il voudrait et ce qu'il est tenu de faire. Considère-t-il son boulot comme une mission, une vocation? Et aussi: se retrouve-t-il parfois, comme certains, à lâcher des gros baratins quand on l'interroge sur la question...?

 

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Deux invités se confronteront aux questions psylencieuses des Pernicieux (ou le contraire), pour un débat qui promet d'être chaud, chaud mon pro! Avec aussi des capsules sonores et des chroniques hautes en couleur, qui sont tout sauf du baratin.

 

Psylence Radio, un grain de folie sur les ondes ! Tous les 3e lundis du mois à 17h sur Radio Panik 105.4 FM ou http://www.radiopanik.org

 

 

vendredi, 26 février 2016

Les maux de la psychanalyse : La psychiatrie sur le divan

 

 

Comment prendre en charge la souffrance psychique ? Quel diagnostic poser ?

N'est-ce pas là le point de désaccord entre psychiatrie et psychanalyse ?

 

 

Mais la divergence est bien plus profonde : la psychanalyse propose une nouvelle manière d'être libre, ce que la médicalisation ne saurait faire.

 

 

EXTRAITS :

- Monk, série TV créée par Andy Breckman, saison 5, ép. 7

- Archive : Foucault, le pouvoir psychiatrique(enr. 1975, diff. Quotidien pluriel, France culture, 29/06/1984)

- Archive : Josef Schovanec (source : Service public, 24/01/2013)

 

 

 

mardi, 08 septembre 2015

2CELLOS - Hysteria

 

 

 

 

J'adore, régalez-vous...

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi, 16 mai 2015

Soigner les TOC

 

 

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La TMS ou « stimulation magnétique transcrânienne » est une technique indolore de stimulation neuronale dans le cerveau.

 

 

 

 

Répétée sur plusieurs séances, cette thérapie ambitionne de traiter les personnes atteintes de troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

A terme, selon ses promoteurs, cette technique pourrait même diminuer les séquelles des victimes d'accidents vasculaires cérébraux.

 

 

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samedi, 18 avril 2015

Vincent, entendeur de voix

 

 

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Vincent Demassiet est entendeur de voix.

Pendant des années, ses voix lui ont hurlé des insultes aux oreilles.

Grâce à un groupe de parole du réseau R E V (réseau français sur l'entent de voix), il a réussi à les dompter.

 

 

Reportage : Leila Djitli

Réalisation : Marie Plaçais

 

 

 

 

Si vous voulez joindre Vincent :

entendeur@gmail.com

 

jeudi, 05 mars 2015

FRAGMENTS

 

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 Mise en scène et témoignages de plusieurs personnes ayant souffert de troubles psychologiques à la suite de graves dépressions.

 

 

 Ce document de reportage fiction pose les problèmes rencontrés par ces témoins/acteurs dans leur réinsertion.

 

dimanche, 27 juillet 2014

Dédiaboliser la maladie psychique ?

 

 

 

Avec :

Claude Finkelstein, directrice générale de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en psychiatrie

Catherine Boiteux, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne

Philippe Charrier, Président de l’Union  Nationale des Amis et Familles de Malades psychiques, l’UNAFAM.

 

 

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On estime qu’une personne sur quatre est susceptible de développer au cours de sa vie un trouble de santé mentale. Et pourtant, ce sont des problématiques que nous connaissons mal, et même qu’un certain tabou entoure. Les personnes qui souffrent de troubles psychiques sont souvent mises à l’écart, de leur emploi, de leur entourage, voire de la société. Alors, comment réintégrer la santé mentale dans notre société ? Quels sont les problèmes qui entourent la prise en charge des troubles de santé mentale, et comment y répondre ?

 

 

 

mardi, 08 juillet 2014

Le bêtisier des thérapies...

 
 

Consultez le sommaire du magazine Histoire des psychothérapies
 

Par définition, les troubles psychiques ont toujours défié l’entendement. Voici un inventaire, forcément très incomplet, de tentatives de prise en charge catastrophiques ou ridicules. Nous verrons dans quelques années lesquelles de nos thérapies actuelles pourront y figurer…   - Jean-François Marmion

 

 

 

◊ Les à-côtés du traitement moral

Au XIXe siècle, suivant l’exemple de Philippe Pinel, on ménage des hôpitaux spécialement pour les fous, pour les écouter, les soigner… Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, les efforts restant rarement payés de retour. Isolement et camisole sont en vigueur dans les cas extrêmes, P. Pinel lui-même estimant que la terreur peut être nécessaire pour réprimer les comportements violents ou l’arrogance. À côté des remèdes traditionnels tels que saignées, sangsues et ventouses, apparaissent des procédés sophistiqués comme le fauteuil rotatoire, sur lequel on fait tourner le fou attaché. Suivant l’état d’avachissement ou de nervosité de l’aliéné, on l’apaise comme on peut, avec du haschich, de l’opium, du chloroforme y compris en lavement, ou bien on le stimule en lui servant de la moutarde, en lui faisant des cloques à l’eau bouillante, en le badigeonnant d’irritants divers, de préférence dans la nuque ou sur la tête (chez les femmes, plutôt sur le pubis ou sur les cuisses, puisqu’on suppose que leurs symptômes viennent du sexe et pas du cerveau). On fait feu de tout bois : on nous a même laissé le récit de l’épilation des 900 poils d’une femme à barbe mélancolique. La dame s’est sentie mieux après.

 

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◊ Aux délices du clitoris

La fumigation vaginale est prônée à la Renaissance pour les femmes, dont les troubles sont réputés venir des déplacements de l’utérus, organe mobile et incommodé par les mauvaises odeurs. Pendant que la malade respire des senteurs écœurantes censées imprégner tout le haut du corps, l’utérus est amadoué par de délicieuses fragrances émanant d’un brûle-parfum, et dont on imprègne l’intérieur du vagin à l’aide d’un spéculum. Il s’agit là d’une variation sur le thème médical du massage vulvaire, pratiqué depuis l’Antiquité pour soulager les hystériques, et dont on ne soupçonne pas qu’il se termine par un orgasme, supposé impossible à la femme sans pénétration. La pratique de tels massages est révolutionnée par l’invention du vibromasseur, dans les années 1860, grâce à la fée électricité. L’engin ne fera l’objet d’un marché à destination du grand public qu’au début du xxe siècle.

 

 

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◊ L’hydrothérapie

La technique la plus prisée du XIXe siècle. Les asiles doivent être bien pourvus en hydraulique. Les bains tièdes de plusieurs heures sont censés calmer, au besoin avec des versements sporadiques d’eau frisquette sur la tête des alcooliques sujets au delirium tremens. Le bain de surprise est en principe réservé aux cas de manie les plus graves : le malade, les yeux bandés, est alors assis au bord d’un baquet d’eau froide, puis basculé dedans. Ce qui peut provoquer une émotion forte traditionnellement perçue comme salutaire chez certains fous, ainsi ramenés à la réalité la plus organique. Ne pas confondre avec la douche froide, qui doit être prodiguée avec fermeté, mais sans aménité : en effet, écrit P. Pinel, on doit faire comprendre à l’aliéné « que c’est pour son propre avantage et avec regret que l’on a recours à ces mesures violentes, et on y mêle quelquefois la plaisanterie en ayant soin de ne pas la porter trop loin ».

 

 

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◊ Les électrochocs

Mise en œuvre sporadiquement au XIXe siècle à destination des organes génitaux pour soigner la frigidité et l’impuissance, l’électrothérapie revient au goût du jour au début du XXe siècle, et connaît une vogue certaine à partir de l’entre-deux-guerres. Cette fois, les décharges visent le cerveau : l’objectif est de créer une crise d’épilepsie artificielle pour, en quelque sorte, remettre les compteurs neuronaux à zéro. La technique est parfois employée à tort et à travers, notamment pour remettre les déviants homosexuels, tel le chanteur Lou Reed alors adolescent, dans le « droit chemin » hétérosexuel. Aujourd’hui, les électrochocs connaissent un certain regain, notamment pour les dépressions sévères résistantes à tous les traitements : on parle de sismothérapie, ou électroconvulsivothérapie. Le protocole est extrêmement encadré et sécurisé, les impulsions électriques étant minimes, ciblées, et envoyées sous anesthésie générale. Les résultats s’avèrent souvent probants, même si les causes exactes de l’amélioration des troubles restent méconnues, et si les effets secondaires sont difficiles à évaluer.

 

 

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◊ La cure de Sakel

Du nom du psychiatre Manfred Sakel, qui a tenté cette prise en charge par hasard. Toujours dans l’optique d’un traitement de choc, il s’agit d’injecter de l’insuline afin de déclencher une chute vertigineuse du taux de glycémie, puis un coma permettant une sorte de purge du cerveau psychotique. Le danseur Vaslav Nijinski en a fait l’objet, de même que le mathématicien John Nash. Cette insulinothérapie remporte un certain succès à partir des années 1930 et jusqu’à l’essor des neuroleptiques.

 

 

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◊ La lobotomie

D’abord appelée leucotomie, la lobotomie est promue à partir de 1935 par le neurologue portugais Antonio Egas Moniz. Elle consiste à percer le crâne au-dessus des cavités oculaires, sous anesthésie locale, afin d’isoler en partie le lobe frontal, alors soupçonné d’être à l’origine de nombreuses maladies mentales, du reste du cerveau. La lobotomie soulève surtout l’enthousiasme de psychiatres américains comme Walter Freeman qui en modifiera la technique, notamment en utilisant un pic à glace. Parcourant les États-Unis dans un autocar spécial, il pratiquera à lui seul plusieurs milliers de lobotomies. Tout psychiatre n’ayant pas froid aux yeux peut tenter lui-même l’opération, sans autre expérience de la chirurgie. Si la lobotomie se veut un traitement d’ultime recours, il n’en reste pas moins que 50 000 personnes sont lobotomisées en Europe et autant aux États-Unis. Parmi ses « bénéficiaires » figure Rosemary Kennedy, la sœur du futur président américain, dans l’espoir d’augmenter son QI (elle s’en sortira avec un handicap mental massif qui lui vaudra d’être recluse dans une institution pendant plus de soixante ans). La lobotomie occupe le paysage américain au point de devenir une bête noire de l’antipsychiatrie, comme en témoigne la fin du roman de Ken Kesey, Vol au-dessus d’un nid de coucous. En 1949, A.E. Moniz a reçu le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur la lobotomie.

 

 

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◊ L’accumulateur d’orgone

L’orgone est une forme d’énergie postulée à partir des années 1930 par le psychanalyste autrichien réfugié aux États-Unis Wilhelm Reich, et dont le déficit individuel peut selon lui affecter la santé physique et psychique. W. Reich conçoit des accumulateurs sous forme de petites cabines censées revitaliser l’orgone, ou même influer sur les phénomènes météorologiques. Tout comme Jerome D. Salinger, l’écrivain William Burroughs en possède un, dans lequel il se plaît à s’enfermer afin, par exemple, de limiter les effets indésirables de l’héroïne, comme en atteste Jack Kerouac dans Sur la route. En 1954, la Food and Drug Administration détruira les accumulateurs et emprisonnera W. Reich, personnage éminemment sulfureux.

 

 

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◊ Le LSD

Dans les années 1950, les laboratoires Sandoz proposent aux psychiatres des doses de LSD, récemment découvert. Pendant une quinzaine d’années, en Europe comme aux États-Unis, ses effets thérapeutiques supposés sont expérimentés sur des psychotiques, des alcooliques, des cancéreux en phase terminale. La substance doit favoriser la révélation de souvenirs refoulés, de conflits intérieurs, et hâter la guérison. Le LSD n’est qu’un des produits utilisés dans les thérapies dites psychédéliques, qui n’ont pas totalement disparu aujourd’hui, même si elles restent théoriquement très encadrées dans une perspective de recherche.

 

 

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vendredi, 11 avril 2014

Olivier Douville : Le soin psychique face à la crise... dans la rue.

7 minutes d'écoute

Clinique psychanalytique de l'exclusion :

aaa.jpg Cet ouvrage est le premier à explorer les diverses facettes des effets subjectifs des exclusions et des précarisations de l’enfance à l’adolescence et à l’âge adulte, et à mettre l’accent sur les réponses institutionnelles et leurs possibles impasses. Ces contributions dans leur ensemble étudient également les fonctions psychiques que peuvent prendre pour certains sujets ces situations de marginalisations extrêmes et de préjudices. Les auteurs ont tous une expérience de terrain confirmée, que ce soit dans le domaine du soin, de la recherche, ou dans l’invention de dispositifs institutionnels ou de l’accompagnement d’équipe. Clinique psychanalytique de l’exclusion s’adresse aux acteurs de soin et d’accompagnement social, à l’heure où les réponses institutionnelles à la précarité tendent dans le domaine du soin à se multiplier au risque d’une certaine dispersion.

 

 

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De l'adolescence errante : Variations sur les non-lieux de nos modernités

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 L'auteur parle ici d'une expérience professionnelle de clinicien, adossé à la psychanalyse et à l'anthropologie, travaillant dans des espaces urbains sis aux franges des aspects plus ordinaires et davantage policés des villes modernes. Si le terme d' " errance " (errare/itinerare, l'erreur certes mais aussi l'itinéraire) atteste d'un désordre de l'orientation des corps dans les espaces publics, sa réalité actuelle nous fait rencontrer de jeunes sujets redoutant plus que tout de se trouver retenus dans une demeure. Là, de jeunes errants nous posent un défi, dans une indifférence à peine triste. Il nous reste, et il nous revient, d'accompagner ces jeunes à s'inventer un voyage et un pays. Y a-t-il plus sévères visages que ceux de ces adolescents sans lieu et sans espoirs. Notre obligation est bien de les aider à tracer un sillon, une orientation de corps et de parole, de leur redonner la gourmandise du contact humain.

 

 

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mardi, 08 novembre 2011

Pensons au-delà de l'hospitalisation.

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En Belgique, nous avons 150 lits psychiatriques par 100.000 habitants. C'est bien, gardons cet acquis mais c'est parfois inapproprié dans le cas par cas, alors pourquoi ne pas privilégier le suivi psychiatrique dans le milieu de vie du patient ? Il faut savoir que le temps d'hospitalisation est parfois très long ( donc pas beaucoup de rotation ), ce qui entraîne une attente des personnes en souffrances ainsi qu'une difficulté pour les familles, l'entourage à gérer un proche en grande détresse psychique. De plus, la stigmatisation de la psychiatrie et des thérapies mentales font que les patients ne sont pas toujours bien orientés ni soignés, cela fonctionne souvent de manière insatisfaisante; ( qui peut m'aider? oû aller? comment m'y prendre? est ce le bon service?...) si ces questions sembles simples lorsque nous sommes en pleine possession de nos moyens, elles sont insolubles pour le malade...En Europe, une personne sur cinq est ou sera confronté à des difficultés d'ordre psychique plus ou moins graves ( dépression, deuil, burn-out, ...) sans compter les assuétudes qui sont en augmentation dans notre société du chacun pour soi.

Nous savons que lorsque les soins de santé mentale sont organisés au plus près du milieu de vie du patient, il progresse positivement vers un mieux être, vers un rétablissement; pour les malades chroniques ( schizophrénie, troubles bipolaires...) ceci permet de futurs hospitalisations plus courtes et un taux de suicides en diminution mais lorsque le patient sort de l'hôpital avec comme avis "votre état est stabilisé" comment s'assurer du suivi de son traitement médicamenteux, de ses rendez-vous chez un thérapeute, que faire s'il refuse de se faire soigner,... les proches ne deviennent-ils pas des "soignants psychiatriques" épuisés par la situation et culpabilisés de l'être? car 24 heures sur 24 ils doivent être disponibles, attentifs,... ( personne ne doit ou ne devrait assumer SEUL).

 

Il nous faut donc des structures qui aillent vers le patient et non l'inverse, comme le réclame l'association Similes, association des familles et proches de personnes atteintes de troubles psychiques.

WWW.similes.org

 

 

 

Voici ce que préconise la nouvelle réforme "Psy107" ( nous ne pouvons que nous en réjouir )

1-Prévention, détection précoce et première intervention ( le médecin généraliste joue ici un rôle important au quel il n'a pas toujours été préparé mais soyons optimistes les choses évoluent)

2-équipes mobiles de traitement à domicile, en cas de crise, de suivi longue durée, donner des soins adaptés au patient là où il vit.

3-faire accéder le patient à la réinsertion sociale et professionnelle, ainsi que développer sa capacité pour une autonomie de vie .

4-créer des encadrements plus spécifiques donc plus intensifs donc de plus courte durée pour le patient en crise dont l'aide au domicile est momentanément inadéquate.

5-créer des habitats spécifiques pour les patients souffrant de problèmes chroniques stabilisés mais ayant besoin d'un soutien pour l'organisation de leur quotidien.

Bien des choses sont à innover, à concrétiser, à inventer, c'est un vrai pari sur l'avenir et parions que nous en saisirons toutes les opportunités car les limites de la prise en charge hospitalière nous pousse à relever le "défi".