vendredi, 18 mars 2016

Ces drôles de zèbres

 

Comment est-il possible qu’un individu classé à « fort potentiel » ou à « Haut Quotient Intellectuel », puisse vivre si mal sa singularité ?

 

 

Une intelligence hors normes devrait être un cadeau du ciel, un don qui permettrait une vie épanouie, une vie professionnelle remarquable. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi d’anciens enfants, dits précoces, sont aujourd’hui dans des situations d’échec social, sentimental ou professionnel ?

 

Un enfant précoce ne se fait pas rattraper par ses camarades de classe, il devient simplement un adulte surdoué. Qui sont-ils « ces drôles de zèbres », comme les nomme Jeanne Siaud Facchin, psychologue praticienne. Des zèbres qui se fondent dans la masse des équidés mais qui s’en distinguent à la foi par leurs rayures de camouflage, toutes différentes les unes des autres, faisant d’eux des êtres à part.

 

Ils sont porteurs d’une « intelligence autrement » indissociable d’une grande sensibilité et d’une extrême réceptivité émotionnelle et sensorielle. Cette hypersensibilité, vulnérabilise et fragilise mais peut également donner à la personnalité un caractère décalé, parfois attachant.

 

 

Bon nombre d’adultes surdoués, finissent malgré tout par trouver un équilibre dans leur vie tout en restant différents. Cependant combien sont-ils à ignorer leur potentiel intellectuel, même si au fond d’eux une petite voix leur dit que quelque chose ne tourne pas rond.

 

 

Avec les zèbres :

Mathilde, chargée de projet

Sandrine, salariée gestionnaire à la Poste

Marie, étudiante en philosophie

Tiana, étudiante

Cédric, consultant en stratégie

Bruno, architecte

Jeanne Siaud-Facchin fondatrice des centres Cogitoz

 

 

 

Depuis toute petite, Tiana tourne en rond dans un enclos de questionnements et d'angoisses étranges. Au collège, elle souffre de se sentir différente. «À l'adolescence, on veut juste être normal.» Elle devient l'objet de moqueries et de brimades. Alors qu'elle était une excellente élève, elle décroche scolairement, sombre dans la dépression et est hospitalisée à tout juste treize ans. Les médecins, désorientés, la traitent un temps pour schizophrénie. Jusqu'au diagnostic qui la sauve : enfant précoce. Ou plutôt zèbre. Tiana préfère. Ce qui change tout pour elle, c'est la reconnaissance de ses forces et fragilités si caractéristiques des surdoués : acuité d'esprit, hypersensibilité, décalage. Tiana va se libérer, s'apprivoiser, se réconcilier avec elle-même et avec les autres.

Un très beau témoignage, authentique et percutant, qui aidera les enfants et ados concernés, ainsi que leurs parents, à trouver leur force et leur chemin.

Tiana, 18 ans, artiste en herbe, vit à Marseille.

- 4ème de couverture -

 

 

Être surdoué est une richesse formidable pour réussir sa vie. Alors pourquoi y a-t-il tant d'adultes surdoués malheureux ? Pourquoi tant d'anciens enfants précoces sont-ils en situation d'échec social, professionnel et sentimental ? Pourquoi les femmes et les hommes à fort potentiel vivent-ils si mal leur différence ?

Nourri de son expérience de clinicienne et des dernières recherches sur le sujet, le nouveau livre de Monique de Kermadec constitue un guide indispensable pour comprendre les adultes surdoués.

Cet ouvrage offre également aux surdoués les clés nécessaires pour réapprendre à s'estimer, se construire, trouver l'âme soeur, s'épanouir enfin dans la plénitude de leurs talents et de leur extraordinaire personnalité, et s'adresse aussi à leurs proches, alliés fondamentaux, pour qu'ils les aident à désamorcer leurs conduites d'échec.

- 4ème de couverture -

 

mercredi, 16 mars 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

lundi, 07 mars 2016

Pouvons-nous maîtriser notre mémoire?

 

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P.Geluck

 

Paradoxe, l'une des techniques les plus utilisées par les champions de la mémoire date... de l'antiquité. Et elle est restée largement... oubliée pendant plusieurs siècles. 

 

 

 

Imaginez que l’on vous présente 52 cartes à jouer dans un certain ordre et que l’on vous demande de mémoriser mentalement cet ordre et de le restituer verbalement... Lorsque l’on a du mal à se souvenir d’un simple numéro de téléphone à 10 chiffres ou d’une liste de courses, l’exercice peut sembler tout bonnement inaccessible pour le cerveau humain. Erreur... Le champion allemand Simon Reinhard a ainsi mémorisé un jeu de cartes en 21 secondes et 90 centièmes...  Clemens Meyer, vainqueur des championnats du monde de mémoire en 2005 et 2006, a mémorisé 1040 chiffres en 30 minutes. L’une des épreuves consiste à mémoriser le plus grand nombre possible d’associations entre noms et visages en 15 minutes. Le record est de 164 noms...

 

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De tels exploits de mémoire sont-ils liés à de nouvelles méthodes mnémotechniques ? Loin de là ! En fait, le paradoxe réside dans le fait que certaines techniques de mémorisation découvertes dès l’Antiquité ont été largement... oubliées au fil du temps. C’est le cas de l’une des plus performantes à laquelle les champions d’aujourd’hui font encore appel. Il s’agit de l’Art de mémoire ou méthode des loci, c’est à dire la méthode des lieux. Il en reste une trace dans le langage courant lorsque nous disons : « en premier lieu, en second lieu ». Cette technique consiste en effet à associer la liste des choses que l’on veut mémoriser à la visite d’un lieu bien connu. Le cerveau se souvient plus facilement d’un enchaînement d’images que d’une série abstraite de chiffres ou de cartes à jouer. Il suffit alors de distribuer ces chiffres ou ces cartes dans un décor déjà gravé dans notre mémoire, tel que notre appartement ou un quelconque autre lieu. Une fois chaque élément placé sur une zone particulière de ce décor, il suffit de mémoriser un parcours de visite pour les retrouver...

 

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Un phénomène un peu à contre courant d’une époque où la mémoire vivante de notre cerveau apparaît comme de plus en plus fragilisée, souvent remplacée par celle des ordinateurs ou détruite par des maladies neurologiques comme Alzheimer.

 

Apprendre c’est s’amuser

site de Sébastien Martinez, ingénieur spécialiste de la mémorisation, numéro 1 chez les français aux championnats du monde de la mémoire 2014. Il a découvert de nouvelles manières d’apprendre en expérimentant de nouvelles pédagogies qu'il propose.

http://www.apprendrecestsamuser.com

 

jeudi, 03 mars 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

 

vendredi, 26 février 2016

Les maux de la psychanalyse : La psychiatrie sur le divan

 

 

Comment prendre en charge la souffrance psychique ? Quel diagnostic poser ?

N'est-ce pas là le point de désaccord entre psychiatrie et psychanalyse ?

 

 

Mais la divergence est bien plus profonde : la psychanalyse propose une nouvelle manière d'être libre, ce que la médicalisation ne saurait faire.

 

 

EXTRAITS :

- Monk, série TV créée par Andy Breckman, saison 5, ép. 7

- Archive : Foucault, le pouvoir psychiatrique(enr. 1975, diff. Quotidien pluriel, France culture, 29/06/1984)

- Archive : Josef Schovanec (source : Service public, 24/01/2013)

 

 

 

dimanche, 21 février 2016

Les fleurs du rêve...

 

 

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vendredi, 19 février 2016

Photography : Brooke Shaden

 

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Sending lots of inspiration!
:)
Brooke 

 

mardi, 16 février 2016

Les maux de la psychanalyse (4/4): La psychiatrie sur le divan

 

Comment prendre en charge la souffrance psychique ?

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Quel diagnostic poser ?

N'est-ce pas là le point de désaccord entre psychiatrie et psychanalyse ?

 

 

 

Mais la divergence est bien plus profonde : la psychanalyse propose une nouvelle manière d'être libre, ce que la médicalisation ne saurait faire.

 

 

 

samedi, 13 février 2016

Pablo Picasso

 

 

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mercredi, 10 février 2016

Citation : Sénèque

 

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mercredi, 03 février 2016

Expérience de rêve...

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vendredi, 29 janvier 2016

Peinture : Liam Barr

 

 

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Freud, l'Abrégé de psychanalyse

 

 

C'est à partir de ce livre de Freud, "l'Abrégé de psychanalyse", resté inachevé, que se racontera l'histoire de celui qui a inventé la psychanalyse au début du 20ème siècle. Freud, celui qu'on a appelé l'archéologue  des âmes, l'inventeur de la science des rêves ou des manifestations inconscientes dans notre vie a eu envie, à la fin de sa vie, exilé à Londres après avoir vu ses livres brûler par les nazis,  de  laisser une espèce de testament en résumant les fondements de la psychanalyse et ses principales découvertes. Son œuvre extrêmement  fournie et complexe, ainsi qu'une très riche correspondance permettent aujourd'hui de le comprendre un peu mieux et de le situer face aux développements des neurosciences qu'il avait pressentis et souhaités. Un portrait de Freud par quelques uns de ses  disciples, réunis autour de Roger Perron, qui vient d'orchestrer avec Sylvain Missonnier un Cahier de L'Herne Freud et l'édition de Abrégé  de psychanalyse , dans la petite collection de L'Herne.

 

 

 

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Invités :

 

Roger Perron , docteur es-lettres, directeur de recherche honoraire au CNRS, psychanalyste de la Société Psychanalytique de Paris

Laurent Danon-Boileau, psychanalyste (membre de la SPP), thérapeute au Centre Alfred-Binet, professeur de linguistique à l'université Paris-V et chercheur au Laboratoire d'études sur l'acquisition et la pathologie du langage de l'enfant (CNRS) 

 

Danielle Kaswin-Bonnefond, psychiatre, psychanalyste, auteur de La Sexualité féminine

Élisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste

 

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Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction.

Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.

- S. Freud

 

 

 

vendredi, 15 janvier 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

vendredi, 08 janvier 2016

Les enfants prodigieux : Jésus

 

Il n’est pas si fréquent que les dieux aient une enfance. Souvent, ils naissent adultes, comme Athéna, Shiva ou les grandes déesses mères hindoues qui surgissent portant chacune une arme dans leurs quatre ou huit bras.  Mais lorsqu’on a des informations sur leur petite enfance, c’est presque toujours parce qu’ils sont cachés, comme le petit Zeus allaité par une chèvre nourricière. Quelquefois, les dieux à l’état d’enfance manifestent leur divinité par des prodiges signalant qu’ils ont un bel avenir. Or curieusement, dans les Évangiles, on ne sait presque rien de l’enfance de Jésus. Par exemple, dans saint Luc, voici ce que l’on trouve : «  L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

 

Ce n’est pas gras. Ensuite, rien jusqu’à l’âge de douze ans. Pour la fête de la Pâque, la sainte famille monte en groupe au temple de Jérusalem, mais quand Joseph et Marie repartirent avec leurs amis, plus de Jésus. Ils ne le retrouvèrent que trois jours plus tard en remontant au temple, où Jésus discutait brillamment des textes sacrés avec les maîtres, à leur grande stupéfaction. Marie admoneste son fils, ton père et moi nous te cherchions avec angoisse ! Et la réponse fuse, cinglante : «  Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? ». C’est le premier signe de l’autonomie du jeune dieu.

 Parmi les Évangiles  non retenus, ceux qu’on appelle « apocryphes » et qui commentent les Évangiles canoniques, l’Évangile du Pseudo-Thomas, dit aussi Histoire de l’enfance de Jésus, raconte toutes sortes de belles choses. L’enfant Jésus maudit les méchants, aide sa mère dans son travail de ménagère, ressuscite les morts, et connaît déjà

 

 

la Thora. Le texte est du IVème siècle. Le Coran, lui, aurait été révélé au VIIème siècle, et il en contient bien davantage sur la petite enfance de Jésus, reconnu comme prophète né d’une vierge mère, mais pas comme Messie sacrifié pour la rédemption de l’humanité.

Au vrai, ce n’est pas même l’enfant dont il est question, mais du nouveau-né Jésus, Issa en arabe. Sa mère accouche seule en se cramponnant à un palmier, et quand l’enfant est né, elle se lamente : « Si seulement j’étais morte ! »

Ce sont paroles fortes, des mots sacrilèges. Le nourrisson s’adresse à sa mère assez sévèrement : «  Ne pleure pas ! Ton Seigneur a mis à tes pieds un ruisseau. Secoue le palmier, il en tombera des dattes fraîches et mûre. Mange et bois, sèche tes larmes. Quand tu croiseras un humain, dis-lui que tu voues au Seigneur un jeûne et que tu ne parleras plus de ce jour à aucun homme. »

 

 

 

Maryam va présenter le bébé à sa famille sans un mot. Ils s’indignent. Et le nourrisson leur administre une vraie leçon de théologie : «  Je suis le serviteur d’Allah, il m’a donné l’écriture et il m’a fait prophète ! Il m’a béni où que je sois et m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je resterai vivant, ainsi que la bonté envers ma mère. Que le salut soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai rappelé vivant ! »

En clair, le bébé Issa, fils de Maryam et de l’Esprit envoyé par Allah, se bénit lui-même. C’était son premier jour.

 

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Plus tard, disons vers cinq ans, il sculpte pour ses copains des oiseaux en argile, leur souffle dessus et les oiseaux s’envolent. Et reprenant les belles légendes des Évangiles apocryphes, le bébé prophète ressuscite les morts, guérit les aveugles de naissance avec la permission d’Allah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Des nouveaux-nés qui parlent dès leur premier jour, il y en a très peu dans les mythologies. étonnamment, l’enfant Jésus dans le Coran surpasse en puissance l’enfant Jésus des évangiles.

 

vendredi, 01 janvier 2016

Charles Baudelaire " Les fleurs du mal "

 

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dimanche, 27 décembre 2015

Aux frontières de la folie - Les autres cultures de la folie

 

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En occident, à la croisée de l’anthropologie et de la psychanalyse ; l’ethnopsychiatrie a fait une entrée remarquée dans le champ thérapeutique. En France, c’est la figure du psychanalyste et anthropologue Georges Devereux qui lui est directement associée, mais aussi l’un de ses disciples. Tobie Nathan qui, en 1979, créa la première consultation d’ethnopsychiatrie à l’Hôpital Avicenne de Bobigny, puis, en 1993, créa Le Centre Georges Devereux, un centre d’ethnopsychiatrie dont la vocation est triple : intervention Clinique, recherche et formation.

 

 

Avec Nathalie Zajde, maître de conférences en psychologie, chercheur au centre Georges Devreux, Serge Bouzenah, médecin, spécialiste en clinique transculturelle, auteur de Quand les esprits viennent aux médecins et Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo, commissaire de l'exposition "Les maîtres du désordre".

 

 

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Au cœur de cette ethnopsychiatrie, une idée simple: la cure psychanalytique doit associer le malade et son environnement, la maladie ne pouvant être comprise que dans un contexte culturel et social.

Qu’est-ce que l’ethnopsychiatrie ? Quelles sont ses spécificités par rapport à la psychiatrie « traditionnelle » ?

Quelles sont les attaques dont elle fait l’objet ?

A quoi ressemble une séance d’ethnopsychanalyse ?...

Comment cette discipline, et au-delà, les cultures traditionnelles, contribuent-elles à transformer l’image que nous nous faisons du fou, de la maladie mentale ?

 

 

vendredi, 25 décembre 2015

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

mercredi, 16 décembre 2015

Les procréations assistées : La déesse fait un enfant toute seule

 

par Catherine Clément

 

 

« Vous serez comme des dieux, » dit le serpent de la Genèse à Eve, la première femme, en lui vantant les pouvoirs du fruit défendu. Bien dit, ô serpent tentateur ! Car avant le dieu unique, les dieux des polythéismes avaient anticipé les puissants pouvoirs magiques de la connaissance. Tenez, prenons les procréations médicalement assistées qui font tant débat aujourd’hui dans nos contrées. Où trouve-t-on les plus anciens modèles ? En Grèce antique et en Inde. Sans le concours d’un mâle ? C’est ce que fait la déesse Parvati un jour qu’elle s’est fâchée contre son mari, le terrible dieu Shiva.

 

 

Parvati n’a pas toujours été déesse. Parce qu’un démon ravageait le monde, les dieux eurent l’idée d’obtenir un  puissant  fils de Shiva. Shiva était veuf. Pour le sortir de son deuil, ils firent appel à Parvati. Longtemps, elle  resta en prières au milieu d’une forêt, tellement immobile que son corps se couvrit de lianes. Voyant cela, le dieu la divinisa et en fit sa seconde épouse, inaugurant leur mariage par un accouplement de dix mille ans. Il faut dire que Shiva étant le patron des yogis savait comment se retenir.

 

Pourquoi l’épouse docile se fâcha-t-elle un jour ? Une fureur partagée, Shiva quitta les lieux. Pour se venger, Parvati roula dans le creux de sa main un rouleau de saletés dont elle fit un enfant. Les pieux hindous parlent d’un rouleau de crasse semblable à celui qui s’enlève après un bain très chaud avec un gant de crin. Mais le plus probable est que ces saletés n’étaient autres que du sang menstruel, nettement plus en rapport avec une fécondation sans sperme masculin- il faut préciser car en Inde, dans les pratiques des Tantra, il existe un sperme féminin.

Parvati fait donc un enfant toute seule, en modelant un corps dans des caillots de sang. L’enfant ainsi conçu  est petit mais baraqué, doté d’une force incroyable. Parvati lui donne le nom de Ganesh et le place devant la porte de sa chambre, avec ordre de barrer le chemin à quiconque essaiera d’entrer. Lorsque Shiva revient, le petit né sans père l’attaque et le met par terre. C’est inimaginable ! Un fils né de sa femme, sans lui, et qui le renverse !

La suite est connue. Shiva décapite l’enfant importun, mais devant le chagrin de sa femme, il promet de le ressusciter en posant sur le petit cou la tête du premier vivant qu’ils verront ensemble. Ce  sera est un éléphanteau. Bon prince, Shiva reconnaîtra le dieu éléphanteau comme son fils.

 

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Ce qui est moins connu, c’est ce qui arriva à la fin de la lune de miel interminable. S’accoupler, c’est bien, mais dix mille ans, c’est trop. Les dieux, qui voulaient toujours un enfant de Shiva, envoyèrent pour le faire éjaculer Kama, dieu de l’amour, mais Shiva le réduisit en cendres avec son troisième œil, celui de la méditation situé au milieu du front. C’est donc à Parvati que revint la mission d’un coup de rein qui la fit se dégager du coït infini.

Le sperme de Shiva jaillit, brûlant, et tomba dans le Gange. Un autre enfant naquit, un nourrisson sans mère. Il a six têtes, c’est un guerrier qu’on appelle le Garçon, ou bien Celui né du sperme, ou bien encore, Six têtes. Il tua le démon. Parvati l’adopta. La famille de Shiva se compose donc de deux fils, un  enfant d’éléphant conçu sans père et un  brave à six têtes conçu sans mère. C’est, selon les Hindous, la famille idéale.

 

jeudi, 10 décembre 2015

Citation : Jacques Attali

 

 

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 Brooke Shaden Photography