vendredi, 08 juillet 2016

Les mystères de la licorne

 

 

La Dame à la licorne

 

Place au portrait d’un animal imaginaire, qui occupe une place tout à fait à part au sein des créatures merveilleuses.

 

 

 

Michel Pastoureau nous conte l’histoire d’une créature dont nous n’avons pas fini de percer le mystère : la licorne.

Grand spécialiste de l’histoire des animaux, des couleurs et de l’héraldique, fin connaisseur des mythologies et de la symbolique qui entourent les bêtes de toute nature, qu’elles soient réelles ou imaginaires, s’apprête à publier, un ouvrage sur le sujet. 

 

 

- Lecture d’un extrait du Journal d’un voyageur pendant la guerre de 1870 de Georges SAND, sur France culture le 24 avril 1979.

- Lecture du poème La Licorne de Rainer Maria RILKE, extrait des Sonnets à Orphée parus en 1922, lu par le poète Robert SABATIER, dans le cadre de l’émission Le livre de chevet sur France culture, le 30 août 1967.

- Lecture d’un extrait de Le livre du trésor de Brunetti LATINI (XIIIe siècle), par Catherine LABORDE, dans le cadre de l’émission Le cabinet des curiosités, sur France culture le 24 février 1998.

- Interview de Salvador DALI dans le cadre de l’émission télévisée Gros plan, réalisée par Pierre CARDINAL, le 30 septembre 1961.

- Lecture d’un texte du Père Jérôme LOBO (1593-1678), dans le cadre de l’émission L’échappée belle sur France culture, le 7 juin 1985.  

- Interview de la romancière et essayiste Yvonne CAROUTCH, dans le cadre de l’émission L’échappée belle sur France culture, le 7 juin 1985. 

 

 

 

 

Les sonnets à Orphée (la Licorne) 

 

 

Oh ! C'est elle, la bête qui n'existe pas.

Eux, ils n'en savaient rien, et de toutes façons

- son allure et son port, son col et même la lumière

calme de son regard - ils l'ont aimée.

 

Elle, c'est vrai, n'existait point. Mais parce qu'ils l'aimaient

bête pure, elle fut. Toujours ils lui laissaient l'espace.

Et dans ce clair espace épargné, doucement,

Elle leva la tête, ayant à peine besoin d'être.

 

Ce ne fut pas de grain qu'ils la nourrirent, mais

rien que toujours, de la possibilité d'être.

Et cela lui donna, à elle, tant de force,

 

Qu'elle s'en fit une corne à son front. L'unicorne.

Et puis s'en vint de là, blanche, vers une vierge,

Et fut dans le miroir d'argent, et puis en elle.

- Rainer Maria Rilke

 

 

 

 

« La bête la plus sauvage de l’Inde est le monoceros ; il a le corps du cheval, la tête du cerf, les pieds de l’éléphant, la queue du sanglier ; un mugissement grave, une seule corne noire haute de deux coudées qui se dresse au milieu du front. On dit qu’on ne le prend pas vivant. »

 Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre VIII, chapitre XXXI

 

 

 

samedi, 02 juillet 2016

Paul Verlaine

 

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samedi, 25 juin 2016

Les bases d'un lien entre physiologie et psychologie.

 

Une étude américano-britanique qui rend malade

-Notre résistance aux maladies est-elle fonction de notre personnalité ?

-Ou sont-ce nos mécanismes inflammatoires qui, à l'inverse, déterminent qui nous sommes ?

 

 

3 minutes d'écoute

 

 

Attention, je tiens à mettre en garde toute personne hypocondriaque :

il vaudrait mieux aller sous la douche,  mettre une petite chanson qui dure 3 minutes. Faites autre chose, bref, passez votre chemin.

 

 

Votre réponse immunitaire, la façon que votre corps a de combattre les maladies pourrait, selon une récente étude, être fonction de votre personnalité.

C'est le postulat d'un groupe de chercheurs américano-britanniques, qui vient de publier dans la revue Psychoneuroendocrinolgy ; ça fait un certain temps que la recherche s'intéresse à la façon dont notre personnalité, ou certains traits qui la caractérisent, influe sur nos fonctions biologiques... ou l'inverse.

 

Par exemple, la différence entre les lève-tôt et les couche-tard, du point de vue biologique... des chercheurs se sont rendus compte que les oiseaux de nuit avaient moins de substance blanche dans leur cerveau et donc a priori moins de récepteurs de sérotonine et de dopamine, les fameuses molécules du plaisir,  ce qui conduirait les personnes « du matin » à être plus optimistes, moins sujettes à la dépression et aux addictions, tandis que les couche-tard présenteraient, eux, des traits plus créatifs, et des facultés cognitives plus étendues.

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Dans la lignée de ce type d'étude, des chercheurs se sont donc demandés quelle pouvait être l'influence de la personnalité sur la réponse du corps aux agressions extérieures. La personnalité, c'est un concept vaste, certes...

 

Pour circonscrire ce concept, les chercheurs se sont arrêtés sur trois marqueurs : introversion et extraversion, comme marqueurs du tempérament social, de notre faculté à sociabiliser plus ou moins facilement ; le névrotisme, comme marqueur de la tendance à ressentir des émotions négatives ; et la conscience, ce qui est une traduction imparfaite de « conscienciousness » en anglais, ou plus précisément notre faculté à être consciencieux, à accomplir des tâches de façon attentive, soigneuse.

 

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Les chercheurs ont donc demandé à 120 de leurs étudiants de remplir un questionnaire de personnalité, dont les réponses permettaient de graduer ces trois marqueurs de la façon la plus précise possible. Ils ont ensuite prélevé des échantillons sanguins, pour y chercher une vingtaine de gènes qui encodent les réponses immunitaires et les mécanismes inflammatoires, ainsi que les défenses contre les attaques virales.

En croisant ces données, voici ce que les chercheurs ont trouvé.

 

Chez les personnes caractérisées comme « extraverties », les gènes pro-inflammatoires sont plus exprimés, là où chez les personnes plus « conscienceuses », ce serait l'inverse, c'est-à-dire que ces gènes sont moins exprimés, et donc, in fine, la réponse aux infections moins véloce. En contrepartie de quoi les personnes « extraverties », plus promptes à déclencher des réponses inflammatoires, seraient également plus sujettes aux maladies dites « auto-immunes », c'est lorsque votre système immunitaire attaque votre propre corps.

 

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Mais ce qui est intéressant dans cette étude, ce ne sont pas tant ces résultats que ce qu'ils impliquent en amont, à savoir : est-ce notre personnalité qui détermine, d'une certaine façon, notre réponse immunitaire ou l'inverse... notre système immunitaire qui façonne une partie de notre personnalité. C'est d'autant plus intéressant que l'on sait que les réactions inflammatoires sont liées, d'une certaine façon, aux troubles dépressifs.

 

On sait que certaines molécules relâchée au cours d'une réponse immunitaire, les cytokines, peuvent passer dans le cerveau et influer sur la production de sérotonine et de dopamine, dont les personnes dépressives manquent de façon chronique. Voilà en quoi cette étude est un nouveau jalon dans la recherche, plus vaste, sur l'influence des mécanismes inflammatoires sur l'ensemble de notre équilibre, physiologique et psychologique.

 

 

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Pour nos amis hypocondriaques, rien ne sert donc de vous précipiter sur la boite d’anti-inflammatoires,

même si vous vous sentez très introverti et très consciencieux

 

dimanche, 19 juin 2016

Bachelard : le corps des larmes

 

L’eau et les rêves de Gaston Bachelard n’est ni un récit, ni un roman, ni un essai, ni même un long poème, mais une étude qui, aussi musicale que silencieuse, combine à merveille ces quatre éléments.

Le poète y trouvera un souffle, l’amateur un réconfort, le scientifique un répit, le philosophe une source vive.

Bonjour à tous, bienvenue chez Gaston Bachelard, dans l’âtre et les divagations d’une philosophie de la meilleure eau.

 

 

Gaston Bachelard en 1965

 

 

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" Au temps où j’écoutais mûrir les mirabelles, je voyais le soleil caresser tous les fruits, dorer toutes les rondeurs, polir toutes les richesses. Le vert ruisseau, dans sa légère cascade, ébranlait les cloches de l’ancolie. Un son bleu s’envolait. La grappe des fleurs lançait sans fin des trilles dans le ciel bleu. "

 

 

lundi, 06 juin 2016

Qui a peur du grand méchant loup ?

 

 

LES CONTES DE PERRAULT

Le petit Chaperon rouge

 

 

 

Gustave Doré, illustration pour Le petit chaperon rouge de Charles Perrault

 

 

 

Réputé vorace, cruel, destructeur, sanguinaire et même amateur de chair humaine, la bête dont il est question terrifie l'homme depuis la nuit des temps. Fondée ou non, cette peur fait en tout cas partie de notre histoire culturelle. Michel Pastoureau nous conte l’histoire d’un grand méchant, ou supposé tel : le loup.

 

loup dominique gall artiste peintre animalier

Dominique Gall.

 

lundi, 23 mai 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

samedi, 14 mai 2016

Fanny Déchanet-Platz : " L'écrivain, le sommeil et les rêves "

 

 

 

 

L'auteur nous invite à passer par toutes les étapes d'une nuit réelle: endormissement, sommeil profond, rêves, réveil, et aussi, les " guets-apens" de l'insomnie, le somnambulisme, les rêves traumatiques,... ceci à travers les écrivains ( entre 1800 et 1945 ). Entrons dans le monde inconscient et poétique du sommeil, et la " composition symbolique " du rêve, grâce à Balzac, Valéry, Proust et son Albertine, Nodier, les surréalistes, Yourcenar,... et bien d'autres.

De page en page, rêve faisant, notre intérêt grandit avec plaisir.

 

 

Propos recueillis par Aurélie Djian :

En lisant La Prisonnière de Marcel Proust, Fanny Dechanet-Platz, agrégée de lettres et professeur à Grenoble, s'est arrêtée sur les pages consacrées au sommeil d'Albertine. Surgit alors l'envie d'en savoir plus sur le sommeil. C'est le commencement d'une thèse de littérature à plusieurs voix, L'Écrivain, le sommeil et les rêves, au parti pris pluridisciplinaire : pour comprendre les différents types de sommeil (lent et paradoxal), leurs degrés de profondeur et leurs correspondances littéraires, l'auteur s'est tournée vers la recherche en neurophysiologie (notamment vers les travaux de Michel Jouvet et la rencontre de Lucile Garma, neuropsychiatre, psychanalyste et spécialiste du sommeil à la Salpêtrière).

 

La publication de L'Interprétation des rêves de Freud en 1899 est le pivot de cette étude, qui porte sur la période 1800-1945. On découvre notamment comment Proust, contemporain de Freud mais ignorant sa méthode, parvient à décrire très précisément le parcours du dormeur, les variations de profondeur du sommeil ("Alors, sur le char du sommeil, on descend dans les profondeurs où le souvenir ne peut plus le rejoindre et en deçà desquelles l'esprit a été obligé de rebrousser chemin..."), ou encore les "rêves de commodité" qui interviennent juste avant le réveil et s'arrangent des stimuli extérieurs, fonctionnant ainsi comme des "gardiens du sommeil".

 

L'argumentation suit, phase après phase, la "logique interne du sommeil" (endormissement, sommeil, réveil) et progresse selon des allers-retours passionnants entre sommeil littéraire et clinique du sommeil.

 

 

 

 Entretien :

 

Vous dressez une phénoménologie du sommeil qui consiste d'abord à observer le dormeur, en prêtant une attention particulière aux marges du sommeil. Pourquoi ?

 

Parler de son sommeil, c'est parler de ce dont on se souvient. Le regard est surtout rétrospectif. On pense immédiatement aux souvenirs de rêves, mais les auteurs sont aussi fascinés par l'autre sommeil, celui où l'on ne rêve pas (ou très peu) : le "sommeil lent".

Leur fascination s'accroche inévitablement aux phénomènes qu'ils ont gardés en mémoire, les plus proches du seuil de la vigilance : c'est pourquoi le demi-sommeil chez Bosco, le réveil chez Fargue, les insomnies chez Corbière et Proust, et le sursaut après un cauchemar sont plus présents en effet que le plein sommeil, très profond et sans image, inaccessible à la mémoire et que l'on ne peut qu'imaginer.

 

Pour quelles raisons insistez-vous tant sur l'analogie entre le "travail du rêve" tel qu'il a été décrit par Freud et l'art du roman ?

 

Je veux d'abord dire que cette analogie s'est clairement manifestée dans certains textes ; mon intention n'était pas du tout de "psychanalyser" le sommeil littéraire. Cela dit, j'ai été frappée par l'étude de Freud sur la Gradiva de Jensen, où il explique que l'écrivain, sans être particulièrement au fait des mécanismes de l'inconscient, en a finalement l'intuition, par la qualité de son introspection.

Il est étonnant de lire chez Proust, sans que jamais Freud ne soit mentionné (vraisemblablement, Freud ne connaissait pas Proust non plus), des comparaisons entre le travail du rêve et celui du romancier, notamment dans la distribution de sa personnalité en plusieurs personnages. Le procédé de dramatisation qu'évoque Freud (c'est-à-dire transformer une pensée en une situation) appelle l'idée de mise en scène, de même que les "masques" que revêtent certains personnages. On passe du roman au théâtre, mais c'est le même processus. Le rôle important des symboles dans les rêves fait aussi penser au texte littéraire où tout peut faire signe.

 

Vous mettez en scène dans votre livre la figure d'un dormeur littéraire. Est-ce une manière de mettre sur le même plan expérience littéraire et expérience réelle, mêlant ainsi les différents dormeurs possibles ?

 

Absolument. Les textes que je lisais me donnaient la sensation que beaucoup de descriptions de sommeils, de récits de rêves n'étaient pas "fabriqués" artificiellement pour "faire onirique" ou grossir les traits du dormeur. J'y croyais parce que cela ressemble à mon sommeil...

Il m'a donc semblé que l'on ne parle du sommeil et du rêve qu'en référence à sa propre expérience. C'est pourquoi j'ai voulu mettre le dormeur au coeur de l'étude, plutôt que de choisir un plan chronologique qui déroulerait les représentations du sommeil du romantisme à la seconde guerre mondiale.

En mettant sur le même plan tous ces dormeurs de la littérature, sans distinction d'époque ou de genre, on arrive à la création d'un dormeur fictif qui incarne le paradoxe d'un sommeil à la fois intime, individuel, mais aussi universel. Individuel parce que personne ne pourra jamais dormir à notre place, universel parce que nous sommes tous concernés par cette expérience quotidienne.

Même si mon analyse porte sur des oeuvres, je reviens en effet sans cesse à notre expérience courante du sommeil et du rêve, parce que ces phénomènes touchent chacun intimement. Associer les dormeurs que nous sommes aux dormeurs littéraires, c'est renforcer l'image d'un sommeil cosmique, qui touche toute chose. J'aime beaucoup cette image parce qu'elle rend vraiment sensible la forme de communion de l'endormissement qui nous emporte tous, chaque soir, à peu près en même temps, sans qu'on le réalise.

 

vendredi, 06 mai 2016

L'art de procrastiner

 
 
 
La procrastination est la tendance à toujours tout remettre au lendemain.
Faut-il la combattre, l’accepter ou ruser avec elle ?
 

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David d’Equainville a trouvé un remède définitif contre la procrastination : l’accepter. Contre la folie qui voudrait que l’on devienne tous des gens parfaitement organisés, rigoureux et jamais en retard, le jeune éditeur prône même une « procrastination active » qui est une forme de résistance à l’esprit du temps.

« Ne fais pas le lendemain ce que tu pourrais faire le surlendemain », tel pourrait être le mot d’ordre de la « Journée mondiale de la procrastination » qu’il a lancée en 2010 et qui a lieu le 25 mars de chaque année. Ce jour-là, il invite à tout laisser en plan : les factures à payer, les courriels en retard, le rangement du bureau, les rendez-vous avec le dentiste, bref, toutes les choses ennuyeuses que l’on se promet de faire et que l’on repousse toujours. Il faut laisser aussi tomber, le jour venu, les grands projets et résolutions – commencer un régime, se remettre à l’apprentissage d’une langue étrangère, se plonger dans la lecture des grands classiques de la littérature, entreprendre la rédaction du polar qui sera le best-seller de la prochaine rentrée, etc. Inutile de se lancer dans ces entreprises illusoires. Le 25 mars : profitons de la vie et procrastinons sereinement.

Certes, cela ne change pas grand-chose à ce que l’on fait d’habitude, sauf sur un point essentiel : ce jour-là, on ne se tourmente pas, on ne bat pas sa coulpe, on ne se reproche pas ses velléités. Bref, on assume d’être ce que l’on est tous plus ou moins : un incorrigible procrastinateur, expert dans l’art de remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire aujourd’hui… et ce que l’on aurait dû faire depuis longtemps déjà.

Évidemment, l’idée de cette journée mondiale n’est pas un mot d’ordre très sérieux. C’est surtout un très bon coup de pub qui a permis à l’éditeur d’attirer l’attention sur la publication de ses livres. En mars 2011, il publiait le Manifeste pour une journée reconductible. En 2011, il publiait Demain, c’est bien aussi, un essai assez amusant qui explique comment échapper aux recettes culpabilisantes des manuels de développement personnel. Ce livre, rédigé par deux Allemands, est un best-seller dans leur pays, qui est pourtant réputé pour sa rigueur en matière d’organisation.

 

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Comment faire ?

Reprenons  : la procrastination, c’est donc l’art de tout remettre à plus tard. C’est une attitude banale et courante que tout le monde pratique plus ou moins. Pour mon cas, j’ai tendance à repousser toutes les choses ennuyeuses (administration, rangement, travail imposé, etc.) pour n’écouter que mon plaisir. Pour ma compagne, c’est l’inverse, elle fonctionne à la culpabilité plutôt qu’au plaisir immédiat. « Je me débarrasse de ça, comme cela après je serai tranquille : l’administration, le ménage, la préparation des cours. »Mais au final, elle diffère sans cesse ses activités qui lui sont le plus chères : le piano, la lecture, ses grands projets. En résumé, je carbure au plaisir et je renvoie à plus tard mes obligations. Elle fonctionne à la culpabilité et repousse toujours au lendemain ce qui lui importe le plus. Un trait commun nous unit : on procrastine tous les deux.

Tout le monde est plus ou moins procrastinateur. À part peut-être quelques superwomen ou Robocop de notre entourage, à l’efficacité jamais prise en défaut, qui font envie et peur à la fois.

Mais chez certains, cela prend des allures pathologiques : cela perturbe profondément la vie de la personne et provoque même une certaine souffrance. Dans ce cas, il est temps de prendre les choses en main. Les techniques antiprocrastination qui fleurissent en ce moment proposent toutes des remèdes similaires qui tiennent en quelques points clés.

 

 

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• Savoir vraiment ce que l’on veut

Le premier point avant d’entreprendre un changement, note Bruno Koetlz, est de s’assurer de ce que l’on veut vraiment. La question des choix ne se pose pas quand il s’agit de remplir certaines obligations (il faudra bien finir par remplir sa feuille d’impôt) ou quand il s’agit de projets qui engagent inexorablement notre avenir (réussir ses examens). Mais il est des objectifs que l’on repousse toujours peut-être parce qu’au fond de soi, l’on n’a pas vraiment envie de changer : ai-je vraiment envie de changer de travail ? Suis-je prêt à me lancer dans une nouvelle carrière ? Il faut faire un examen de conscience. Et là, il vaut mieux renoncer plutôt que de repousser sans fin. Cela suppose sans doute le deuil d’un projet qui nous est cher, mais un deuil est parfois positif. Car il évite de se tourmenter inutilement pour une chose que l’on ne fera jamais. Cela invite à se retrouver de nouvelles priorités et de nouveaux objectifs. Fermer une porte, c’est pouvoir en ouvrir d’autres.

 

 

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• Repérer ses moments de faiblesse

La deuxième chose à faire consiste à prendre conscience du phénomène. Plus exactement, il s’agit de bien repérer les moments précis où l’on flanche ainsi que les idées qui les accompagnent. Le propre de la procrastination est d’être une non-décision. C’est-à-dire qu’au moment où l’on devrait agir (il faut que je téléphone à untel, que je range mon bureau), on se trouve subitement et comme par hasard placé devant une autre attraction (une invitation surprise, un documentaire à la télé). Et c’est à ce moment que l’idée furtive du report s’insinue (bon, je regarde le documentaire et je m’y mets aussitôt après). C’est à ce moment précis, ce « tiping point » (moment de bascule) où l’on va basculer dans l’autre activité que celle prévue, qu’il faut mettre en place un système d’alarme intérieure. Et s’imposer un autre choix, reprendre en main le cours des choses.

 

 

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• Se fixer des objectifs précis et limités

Procrastination rime souvent avec perfectionnisme. Le propre du procrastinateur est non seulement de remettre à demain mais de se fixer des objectifs irréalistes : d’autant plus ambitieux que l’on s’accorde un sursis et que l’on ne s’engage donc à rien pour l’immédiat. « Je reprends une part de tarte, mais demain, régime strict. » Les projets du lendemain sont d’autant plus ambitieux qu’ils n’engagent à rien sur-le-champ. Et le jour venu de changer vraiment, la barre est fixée si haut que l’échec est pratiquement assuré. Avec ses conséquences psychologiques : l’autodénigrement, la honte, la culpabilité et le découragement. Puis, une fois la potion amère de l’échec digérée, une nouvelle vague d’illusion s’amorce.

Comment lutter ? La difficulté étant de renoncer à un plaisir immédiat pour une activité qui paraît ennuyeuse et pénible. La bonne méthode consiste à briser la difficulté, en réduisant l’effort au minimum. Il vaut mieux se fixer un petit objectif immédiat qu’un gros obstacle à franchir. Si j’ai décidé de ranger mon bureau et classer mes papiers (c’est un travail long et ennuyeux), je vais donc commencer par un exercice simple et immédiat. « Cinq minutes de rangement pas plus, mais tout de suite. » En général, on se surprend à dépasser l’objectif que l’on s’était fixé. Aussitôt engagé dans cette action, montre en main, survient un petit miracle : les cinq minutes passées, on passe à trois, quatre, cinq minutes de plus sans effort.

Le petit changement du jour aura produit une gratification morale : la routine a été cassée, c’est une première petite victoire sur soi. C’est la première récompense : le plaisir d’avoir réalisé quelque chose.

Les spécialistes de la procrastination suggèrent donc de repérer ses pensées récurrentes, ses mauvaises routines et ses moments de faiblesse. Puis il faut établir un plan de changement avec un programme précis (« à partir de demain, je vais améliorer mon anglais » n’est pas un programme précis : combien de temps par jour, à quel rythme, pour quel objectif ?). Il faut ensuite « découper la montagne en morceaux », c’est-à-dire définir les étapes intermédiaires, les petites étapes quotidiennes. Ensuite, il ne faut pas oublier la stratégie de récompense. À chaque succès, il faut s’accorder un plaisir : un loisir attendu.

Quand il s’attaque enfin à son mal, le procrastinateur est souvent guetté par un autre danger : l’excès de zèle. Il voudrait tout avaler trop vite, tout faire d‘un seul coup : par exemple se débarrasser en un seul jour de la comptabilité laissée en plan depuis des mois. C’est le bon moyen de ne pas arriver au but. Tel est le paradoxe du procrastinateur : la bonne stratégie de lutte consiste à ne faire que des petits pas, jour après jour. Et donc d’en garder un peu pour le lendemain…

 

 

jeudi, 28 avril 2016

Carl Gustav Jung : 1959 - dernière interview 2 ans avant sa mort

 

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Jung et Freud

 

Un document exceptionnel

 

 

Jung reçoit un journaliste de la BBC chez lui et parle de son enfance, de sa carrière, de sa relation à Freud, de ses compréhensions de la psyché humaine.

 

dimanche, 24 avril 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

mercredi, 20 avril 2016

Les déesses vierges : La vierge féroce à la tête coupée

 

 

par Catherine Clément

 

 

La déesse Kâli est vénérée dans toute l’Inde, mais plus particulièrement au Bengale. Fille de la colère des dieux, Kâli est repoussante. Elle a les cheveux hérissés sur le crâne, des yeux exorbités, une énorme langue tirée, un collier de têtes décapitées au cou,  une charmante jupette faite de bras coupés, elle tient par les cheveux une tête tranchée et chacun de ses bras tient une arme aiguisée. Pour le reste, elle est nue et tremble de tous ses membres tant elle est furieuse. C’est qu’elle doit faire peur. A qui ? Au démon-buffle. Impossible à tuer, celui-là, car chacune de ses gouttes de sang engendre aussitôt  un autre démon-buffle.

 

Les dieux s’étaient réunis pour engendrer Dourga, qui chevauchait un lion et faisait déjà peur, mais Dourga n’avait pas réussi. Alors, la fille de tous les dieux s’était concentré puissamment et avait fait naître de son énergie cette vierge féroce qui s’appelait Kâli, ce qui veut dire La Noire. Voilà, c’est fait. Le démon-buffle se retrouve nez à nez avec La Noire toute nue couverte de jambes humaines. Que va-t-il se passer ?

Pas grand chose de neuf. Kâli décapite le démon, un autre surgit à côté, un autre encore. Ce n’est pas suffisant. Alors, pour le dernier acte, Kâli a une idée. Elle fait naître deux autres Kâli et d’une main, elle se coupe la tête. De l’autre main, elle recueille sur sa paume sa propre tête coupée dont la bouche ouverte boit le sang qui jaillit. Oui, je sais, on a du mal à se représenter une fille décapitée dont la bouche, appuyée sur la paume de sa main, boit son propre sang. Et le reste du sang ? Les deux Kâli annexes s’en abreuvent. Kâli a trouvé la recette.

Elle change de nom, s’appelle Chinnamasta, et se met en devoir de se trancher la tête non pas une fois, mais plusieurs fois.

 

Se décapitant à mesure qu’elle fait naître des avatars d’elle-même, elle ouvre autant de bouches que nécessaires pour avaler tout le sang du démon-buffle. C’est fini. La transe s’achève.

Car la colère de Kâli était bel et bien une transe, hérissant les cheveux, et étirant la langue. La langue exagérément longue est un truc des yogis qui, peu à peu, chaque jour, se tranchent le frein, ce petit muscle qui relie la langue à la bouche, jusqu’à ce que la langue puisse toucher le bout du nez. Pourquoi ? Pour se suicider en s’étouffant. Quoi, il y aurait de la pulsion de mort là-dedans ? Oh oui ! La preuve, c’est que Kâli à la tête coupée piétine dans sa fureur un couple en plein accouplement : c’est le dieu de l’amour, Kama, et son épouse Rati. Eros et Thanatos, aurait dit Sigmund Freud.

Ce n’est déjà pas mal, mais il y a encore mieux. Avant de se transformer en Chinnamasta la victorieuse, Kâli piétine le corps très blanc d’un dieu. C’est Shiva, l’un de ses grand-pères. Comment fait cette fille en transe pour piétiner ainsi le plus puissant des dieux ? Eh bien, il paraît qu’elle ne l’a pas fait exprès et que, dans sa colère, elle n’a pas vu le corps qu’elle piétinait. De honte, elle aurait tiré sa longue langue de yogini, féminin de yogi. C’est une histoire sympathique, mais je ne vois pas comment une fille en colère aurait pu éprouver la honte au lieu de s’occuper vite fait du démon-buffle.

vendredi, 15 avril 2016

L'écopsychologie

 

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Sociologue et journaliste de formation, Michel Maxime Egger travaille comme responsable d'ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables.

 

 

Il a fondé le réseau « Trilogies » qui met en dialogue traditions spirituelles et grandes problématiques de notre temps.
Dans Soigner l'esprit, guérir la Terre, il nous fait découvrir un mouvement clé et très peu connu en Europe continentale : l'écopsychologie.

 

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Il s'est cristallisé dans les années 1990 aux États-Unis et développé essentiellement dans le monde anglo-saxon. Transdisciplinaire, inspirée par les traditions premières, l'écopsychologie estime que, pour répondre en profondeur à la crise environnementale, l'écologie et la psychologie ont besoin l'une de l'autre. Elle montre comment sortir du déni et de l'impuissance, traite à la racine l'aliénation de l'humanité envers son habitat naturel, qui ne serait pas étrangère aux formes d'addiction à la consommation.

 

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Elle propose un changement du regard, à travers les idées fécondes de moi et d'inconscient écologiques, qui réinscrivent la psyché humaine dans la Terre et sa mémoire. Il en résulte des thérapies prometteuses qui ouvrent la porte pour s'immerger dans la nature sauvage, interpréter autrement les rêves et coopérer avec les animaux. Un champ d'intervention primordial est l'éducation, qui doit permettre à l'enfant de se construire une identité en interrelation non seulement avec les autres humains, mais aussi avec la toile de la vie.

 

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L'ouvrage offre une synthèse de l'écopsychologie, de son histoire et de ses enjeux, agrémenté de portraits de quelques grandes figures : Carl G. Jung, Paul Shepard, Theodore Roszak et Joanna Macy.

 

 

dimanche, 10 avril 2016

un malade mental... dit toute... la vérité... sur la psychiatrie...

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samedi, 02 avril 2016

Les maux de la psychanalyse : Qu'est-ce qu'un bon psy ?

 

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V. Van Gogh

 

"On arrive à accoucher de quelque chose..., on paie, et on n'a rien en retour."

Est-ce vraiment l'expérience de l'analyse ?

 

 

 

Deux psychanalystes s'interrogent sur leur rôle au sein de l'analyse : faut-il être empathique, participer aux affects des patients, ou une certaine froideur est-elle au contraire de rigueur ?

 

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LECTURES

- Lecture Adèle : Freud, Conseils au médecin dans le traitement psychanalytique, dans Œuvres complètes, volume XI, PUF

- Sándor Ferenczi, Lettre à Sigmund Freud du 15 janvier 1928, dans Correspondance III, trad. André Haynal, Calmann-Lévy, 1996, p.373

- Lecture Adèle : Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, 1759, trad. Abbé Blavet, 1774

 

EXTRAITS :

Archives : nos inquiétudes témoigner de la psychanalyse(documentaire réalisé par Judith du Pasquier, Arte, 2003)

Broadway Therapy,film de Peter Bogdanovich, (2013)

 

 

 

Fragments d'une psychanalyse empathique

Devenir soi à deux

« Ce livre parle d'un psychanalyste souriant, empathique et chaleureux. J'étais alors son patient, ou plutôt l'un de ses patients. Cet analyste s'appelait Didier Anzieu. J'y raconte quelques moments forts de mon analyse avec lui, mes questions, nos bonheurs, mes réserves. »

À un moment où beaucoup s'accordent à reconnaître qu'il est indispensable de repenser les bases et la pratique de la psychanalyse, Serge Tisseron témoigne de son expérience du côté du divan. Il met ainsi en lumière le rôle fondamental que joue l'empathie dans cette aventure qui consiste, pour chacun, à devenir soi à deux.

 

«Un psychanalyste apathique, c'est un psy qui somnole ?

- Non, c'est quelqu'un qui ne se laisse pas prendre par le pathos.

- Il est indifférent - bravo !

- Il est engagé, au contraire, mais lui ne se laisse pas faire par les bons sentiments.

- Qui se laisse faire ?

- Les psychanalystes empathiques.

Ce que ne sont pas les apathiques.

- Je vois. C'est mal, d'être empathique.

- Quand cela permet d'en finir avec toute visée scientifique.

L'inconvenance et le mordant de la découverte freudienne sont menacés par une conception anglo-saxonne molle du postmoderne.

- C'est grave d'être un patient postmoderne ?

- Cela veut dire que l'on a un psychanalyste postmoderne.

Il s'occupera de votre identité ; il s'occupera des traumas de votre "environnement précoce" (langue de bois pour parler de l'enfance) ; il s'occupera de votre unité. Mais que fera-t-il du scandale psychique qui vous fait vivre, et va du sexuel à la création ?»

 

mardi, 29 mars 2016

La baleine : fragile héritage

 

L'historien Michel Pastoureau raconte l'histoire de la baleine,replacée dans la longue durée des rêves, des stupéfactions, des concupiscences que les hommes ont éprouvées en face de ce mammifère prodigieux.

 

 

 

 

 

Nul ne peut être exempt de quelque émotion à apprendre que parmi les ravages que les humains infligent à la zoodiversité, ce très impressionnant cétacé a été mis en péril par la chasse dévergondée qui en a été faite et l’est peut-être encore. Dans le livre de François Garde intitulé La Baleine dans tous ses états, je relève ce propos qui nous touche : « Le destin des cétacés nous conduit à une sourde nostalgie. Nous savons vaguement que jusqu’au milieu du XXe siècle la chasse a menacé la survie des espèces. Le choc entre la sérénité que nous leur prêtons et la violence de cette chasse nous heurte de plein fouet. Il nous renvoie à nos contradictions, nos lâchetés, nos échecs dans notre relation avec la nature. »       

 

 

Michel Pastoureau nous parle de la baleine, replacée dans la longue durée des rêves, des stupéfactions, des concupiscences que les hommes ont éprouvées en face de ce mammifère prodigieux.  Michel Pastoureau sait éclairer de sa science multiforme les messages que nous apportent les couleurs, les plantes, les animaux et leur prégnance d’âge en âge, parmi les émotions collectives – avec parfois l’effort d’un sang froid. Aujourd’hui, en face de nous deux : la baleine. Jean-Noël Jeanneney

 

 « La pêche à la baleine »

poème de Jacques Prévert

 

À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Disait le père d'une voix courroucée
À son fils Prosper, sous l'armoire allongé,
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Tu ne veux pas aller,
Et pourquoi donc ?
Et pourquoi donc que j'irais pêcher une bête
Qui ne m'a rien fait, papa,
Va la pêpé, va la pêcher toi-même,
Puisque ça te plaît,
J'aime mieux rester à la maison avec ma pauvre mère
Et le cousin Gaston.
Alors dans sa baleinière le père tout seul s'en est allé
Sur la mer démontée...
Voilà le père sur la mer,
Voilà le fils à la maison,
Voilà la baleine en colère,
Et voilà le cousin Gaston qui renverse la soupière,
La soupière au bouillon.
La mer était mauvaise,
La soupe était bonne.
Et voilà sur sa chaise Prosper qui se désole :
À la pêche à la baleine, je ne suis pas allé,
Et pourquoi donc que j'y ai pas été ?
Peut-être qu'on l'aurait attrapée,
Alors j'aurais pu en manger.
Mais voilà la porte qui s'ouvre, et ruisselant d'eau
Le père apparaît hors d'haleine,
Tenant la baleine sur son dos.
Il jette l'animal sur la table, une belle baleine aux yeux
bleus,
Une bête comme on en voit peu,
Et dit d'une voix lamentable :
Dépêchez-vous de la dépecer,
J'ai faim, j'ai soif, je veux manger.
Mais voilà Prosper qui se lève,
Regardant son père dans le blanc des yeux,
Dans le blanc des yeux bleus de son père,
Bleus comme ceux de la baleine aux yeux bleus :
Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m'a
rien fait ?
Tant pis, j'abandonne ma part.
Puis il jette le couteau par terre,
Mais la baleine s'en empare, et se précipitant sur le père
Elle le transperce de père en part.
Ah, ah, dit le cousin Gaston,
On me rappelle la chasse, la chasse aux papillons.
Et voilà
Voilà Prosper qui prépare les faire-part,
La mère qui prend le deuil de son pauvre mari
Et la baleine, la larme à l'oeil contemplant le foyer détruit.
Soudain elle s'écrie :
Et pourquoi donc j'ai tué ce pauvre imbécile,
Maintenant les autres vont me pourchasser en moto-godille
Et puis ils vont exterminer toute ma petite famille.
Alors éclatant d'un rire inquiétant,
Elle se dirige vers la porte et dit
À la veuve en passant :
Madame, si quelqu'un vient me demander,
Soyez aimable et répondez :
La baleine est sortie,
Asseyez-vous,
Attendez là,
Dans une quinzaine d'années, sans doute elle reviendra...

 

 

 Face à nous  : la baleine. Jean-Noël Jeanneney

 

 

vendredi, 25 mars 2016

Alphonse de Lamartine.

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vendredi, 18 mars 2016

Ces drôles de zèbres

 

Comment est-il possible qu’un individu classé à « fort potentiel » ou à « Haut Quotient Intellectuel », puisse vivre si mal sa singularité ?

 

 

Une intelligence hors normes devrait être un cadeau du ciel, un don qui permettrait une vie épanouie, une vie professionnelle remarquable. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi d’anciens enfants, dits précoces, sont aujourd’hui dans des situations d’échec social, sentimental ou professionnel ?

 

Un enfant précoce ne se fait pas rattraper par ses camarades de classe, il devient simplement un adulte surdoué. Qui sont-ils « ces drôles de zèbres », comme les nomme Jeanne Siaud Facchin, psychologue praticienne. Des zèbres qui se fondent dans la masse des équidés mais qui s’en distinguent à la foi par leurs rayures de camouflage, toutes différentes les unes des autres, faisant d’eux des êtres à part.

 

Ils sont porteurs d’une « intelligence autrement » indissociable d’une grande sensibilité et d’une extrême réceptivité émotionnelle et sensorielle. Cette hypersensibilité, vulnérabilise et fragilise mais peut également donner à la personnalité un caractère décalé, parfois attachant.

 

 

Bon nombre d’adultes surdoués, finissent malgré tout par trouver un équilibre dans leur vie tout en restant différents. Cependant combien sont-ils à ignorer leur potentiel intellectuel, même si au fond d’eux une petite voix leur dit que quelque chose ne tourne pas rond.

 

 

Avec les zèbres :

Mathilde, chargée de projet

Sandrine, salariée gestionnaire à la Poste

Marie, étudiante en philosophie

Tiana, étudiante

Cédric, consultant en stratégie

Bruno, architecte

Jeanne Siaud-Facchin fondatrice des centres Cogitoz

 

 

 

Depuis toute petite, Tiana tourne en rond dans un enclos de questionnements et d'angoisses étranges. Au collège, elle souffre de se sentir différente. «À l'adolescence, on veut juste être normal.» Elle devient l'objet de moqueries et de brimades. Alors qu'elle était une excellente élève, elle décroche scolairement, sombre dans la dépression et est hospitalisée à tout juste treize ans. Les médecins, désorientés, la traitent un temps pour schizophrénie. Jusqu'au diagnostic qui la sauve : enfant précoce. Ou plutôt zèbre. Tiana préfère. Ce qui change tout pour elle, c'est la reconnaissance de ses forces et fragilités si caractéristiques des surdoués : acuité d'esprit, hypersensibilité, décalage. Tiana va se libérer, s'apprivoiser, se réconcilier avec elle-même et avec les autres.

Un très beau témoignage, authentique et percutant, qui aidera les enfants et ados concernés, ainsi que leurs parents, à trouver leur force et leur chemin.

Tiana, 18 ans, artiste en herbe, vit à Marseille.

- 4ème de couverture -

 

 

Être surdoué est une richesse formidable pour réussir sa vie. Alors pourquoi y a-t-il tant d'adultes surdoués malheureux ? Pourquoi tant d'anciens enfants précoces sont-ils en situation d'échec social, professionnel et sentimental ? Pourquoi les femmes et les hommes à fort potentiel vivent-ils si mal leur différence ?

Nourri de son expérience de clinicienne et des dernières recherches sur le sujet, le nouveau livre de Monique de Kermadec constitue un guide indispensable pour comprendre les adultes surdoués.

Cet ouvrage offre également aux surdoués les clés nécessaires pour réapprendre à s'estimer, se construire, trouver l'âme soeur, s'épanouir enfin dans la plénitude de leurs talents et de leur extraordinaire personnalité, et s'adresse aussi à leurs proches, alliés fondamentaux, pour qu'ils les aident à désamorcer leurs conduites d'échec.

- 4ème de couverture -

 

mercredi, 16 mars 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

lundi, 07 mars 2016

Pouvons-nous maîtriser notre mémoire?

 

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P.Geluck

 

Paradoxe, l'une des techniques les plus utilisées par les champions de la mémoire date... de l'antiquité. Et elle est restée largement... oubliée pendant plusieurs siècles. 

 

 

 

Imaginez que l’on vous présente 52 cartes à jouer dans un certain ordre et que l’on vous demande de mémoriser mentalement cet ordre et de le restituer verbalement... Lorsque l’on a du mal à se souvenir d’un simple numéro de téléphone à 10 chiffres ou d’une liste de courses, l’exercice peut sembler tout bonnement inaccessible pour le cerveau humain. Erreur... Le champion allemand Simon Reinhard a ainsi mémorisé un jeu de cartes en 21 secondes et 90 centièmes...  Clemens Meyer, vainqueur des championnats du monde de mémoire en 2005 et 2006, a mémorisé 1040 chiffres en 30 minutes. L’une des épreuves consiste à mémoriser le plus grand nombre possible d’associations entre noms et visages en 15 minutes. Le record est de 164 noms...

 

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De tels exploits de mémoire sont-ils liés à de nouvelles méthodes mnémotechniques ? Loin de là ! En fait, le paradoxe réside dans le fait que certaines techniques de mémorisation découvertes dès l’Antiquité ont été largement... oubliées au fil du temps. C’est le cas de l’une des plus performantes à laquelle les champions d’aujourd’hui font encore appel. Il s’agit de l’Art de mémoire ou méthode des loci, c’est à dire la méthode des lieux. Il en reste une trace dans le langage courant lorsque nous disons : « en premier lieu, en second lieu ». Cette technique consiste en effet à associer la liste des choses que l’on veut mémoriser à la visite d’un lieu bien connu. Le cerveau se souvient plus facilement d’un enchaînement d’images que d’une série abstraite de chiffres ou de cartes à jouer. Il suffit alors de distribuer ces chiffres ou ces cartes dans un décor déjà gravé dans notre mémoire, tel que notre appartement ou un quelconque autre lieu. Une fois chaque élément placé sur une zone particulière de ce décor, il suffit de mémoriser un parcours de visite pour les retrouver...

 

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Un phénomène un peu à contre courant d’une époque où la mémoire vivante de notre cerveau apparaît comme de plus en plus fragilisée, souvent remplacée par celle des ordinateurs ou détruite par des maladies neurologiques comme Alzheimer.

 

Apprendre c’est s’amuser

site de Sébastien Martinez, ingénieur spécialiste de la mémorisation, numéro 1 chez les français aux championnats du monde de la mémoire 2014. Il a découvert de nouvelles manières d’apprendre en expérimentant de nouvelles pédagogies qu'il propose.

http://www.apprendrecestsamuser.com

 

jeudi, 03 mars 2016

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =