dimanche, 25 juin 2017

Le cerveau, les émotions et la dépression

 

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Le Sens des Choses propose une série spéciale sur les perspectives vertigineuses ouvertes par les progrès les plus récents et à venir des neurosciences et des sciences cognitives.

 

Qu'est ce que la vie mentale et comment ça marche ?

 

Pour y répondre, Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini reçoivent des spécialistes français qui apportent leur éclairage dans les domaines de la conscience et de l'inconscience, de la mémoire et de la décision, du sommeil et des rêves, des émotions et de la dépression, du langage et des apprentissages, de la musique, de l'éducation ou encore de l'intelligence artificielle.

 

 

 

Christophe André  est médecin psychiatre dans le Service Hospitalo-Universitaire de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, au sein d’une unité spécialisée dans le traitement et la prévention des troubles émotionnels (anxieux et dépressifs). Il est l'auteur d’articles et ouvrages scientifiques, ainsi que de nombreux livres à destination du grand public.

 

Philippe Fossati est Docteur en médecine, psychiatre, professeur des Universités et praticien hospitalier en psychiatrie adulte à la Pitié-Salpétrière, enseignant de l'université Pierre & Marie Curie, Paris VI, chercheur à l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, co-responsable de l’équipe ‘Neurosciences Sociales et Affectives’ CNRS UMR 1227 Inserm U 7225. Ses centres d’intérêt et expertise sont la dépression, l'émotion, la mémoire autobiographique, le self, l'imagerie cérébrale. Il est membre de l’Association Française de Psychiatrie Biologique, de l’European College of Neuropsychopharmacology, de l’European Network of Brain Imaging et du ‘Club de Stimulation Magnétique Transcrânienne’.

 

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samedi, 27 mai 2017

Petites confidences (à mon psy)

 

Émilie ou le rôle de sa vie

de Noémie Landreau

 

 

 

Réalisation : Laure Egoroff

Conseillère littéraire : Céline Geoffroy

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" C’est le soir du 31 janvier. Alors que le tout Paris bruisse du casting qui se prépare pour le biopic consacré à la vie du célèbre chanteur Patrick Poubelle, Émilie se fait remercier par son agent. Catastrophe ! Mais la jeune comédienne est bien décidée à ne pas se laisser décourager. De la rencontre d’un nouvel agent quasi centenaire au casting pour le mauvais rôle, en passant par les répétitions saugrenues d’une pièce de théâtre, un enregistrement publicitaire d’un goût douteux, la visite chez les beaux-parents et les prises de bec avec Antoine, Emilie est prête à tout pour décrocher le rôle de sa vie. " N.L.

 

 

 

mardi, 25 avril 2017

Les rêves peuvent-ils aider à mieux se connaître ?

 

 

Quand et à quoi rêve-t-on ?

 

 

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Qu'est-ce qui les nourrit ?

 

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Que disent les rêves de soi ?

 

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Peut-on les interpréter et s'en servir pour comprendre nos vies propres ?

 


Perrine Ruby, chargée de recherche au centre de neurosciences de Lyon.

 

“ Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous.”

- Albert Camus

 

 

 

samedi, 04 mars 2017

Critiques en herbe : L'exposition "La Renaissance et le Rêve"

 

Une oeuvre de Jérome Bosch décryptée par nos critiques en herbe.

 

 

 

dimanche, 29 janvier 2017

Quand la pensée symbolique apparaît-elle chez l’humain ?

 

Les dessins pariétaux découverts dans la grotte Chauvet, qui datent de 35 000 ans avant J-C , montrent qu’Homo Sapiens cherche déjà un sens, une symbolique produite de l’art que viendront conforter d’autres découvertes.

 

Cerveau normal,  image à résonance magnétique en couleurs.

Cerveau normal, image à résonance magnétique en couleurs.

 

Une émission proposée et présentée par René Frydman.

Intervenants :Jean-Pierre Changeux 

Neurobiologiste, Professeur Honoraire au Collège de France et à l'institut Pasteur. Membre de l'Académie des Sciences

 

Y a-t-il un progrès dans l’art depuis ces temps lointains ?

Qu’est-ce que la notion de beau ?

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La recherche scientifique menée par Jean-Pierre Changeux depuis des années se porte sur les phénomènes neurologiques de la contemplation de l’œuvre d’art et de la création artistique.

Déjà avec Pierre Boulez et Philippe Manoury il a exploré les voies de l’émotion et de la raison en musique dans un livre intitulé Les neurones enchantés. Le cerveau et la musique.

Résultat de recherche d'images pour "La beauté dans le cerveau"

Dans son dernier livre La beauté dans le cerveau, il s’agit de l’œil, de ses mouvements incessants pour jauger le tableau à l’aune de l’histoire de l’art, de la nouveauté et du plaisir esthétique.

De nombreux créateurs avancent puis reculent en zig zag avant d’avoir le sentiment que le tableau est fini, que l’œuvre est terminée. Y a-t-il de l’aléatoire dans le geste, peut-être. En tout cas accepter ou corriger c’est le pouvoir de l’artiste.

 

-

 

Jean-Pierre Changeux a été président de la Commission interministérielle d’agrément pour la conservation du patrimoine artistique national français et président du Comité consultatif national d’éthique.

Il est l’auteur, notamment, de Raison et plaisir, de Matière à pensée (avec Alain Connes), de La Nature et la Règle. Ce qui nous fait penser (avec Paul Ricœur), de L’ Homme de vérité, de Du vrai, du beau, du bien et, avec Pierre Boulez et Philippe Manoury, des Neurones enchantés. Le cerveau et la musique.

 

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Ce qui se passe dans la tête du créateur, du compositeur, lorsqu'il crée, demeure encore inconnu. C'est ce "mystère" que se propose d'éclairer ce livre.

 

La création artistique relève-t-elle de processus intellectuels et biologiques spécifiques ? Peut-on s'approcher au plus près de son mécanisme pour parvenir à comprendre comment un compositeur, un musicien, un chef d'orchestre, choisit de mettre ensemble telle et telle note, de faire se succéder tel et tel rythme, de faire émerger du neuf, de produire de la beauté, de susciter l'émotion ?

La compréhension de ce qui se déroule dans le cerveau du compositeur lorsqu'il écrit Le Sacre du printemps ou Le Marteau sans maître est-elle possible ?

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Quelles relations peut-on établir entre les briques élémentaires de notre cerveau que sont les molécules, les synapses et les neurones, et des activités mentales aussi complexes que la perception du beau ou la création musicale ?

Tenter de constituer une neuroscience de l'art, tel est l'enjeu de ce livre, qui procède d'un débat entre Jean-Pierre Changeux, le neurobiologiste, qui a fait du cerveau l'objet privilégié de ses recherches, et Pierre Boulez, le compositeur, pour qui les questions théoriques liées à son art, la musique, ont toujours été essentielles, et auquel s'est joint Philippe Manoury pour apporter son éclairage de musicologue.

 

vendredi, 20 janvier 2017

CAFE PSY - LE REVE EVEILLE, AUDREY DE LA GRANGE

 

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https://soundcloud.com/radioaviva88fm/cafe-psy-le-reve-eveille-audrey-de-la-grange-040117?in=radioaviva88fm/sets/cafe-psy


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mardi, 03 janvier 2017

La jouissance

 

 

" Beaucoup affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même.

 

On s’essaye à jouir et à " faire des expériences ".

 

 

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Mais c’est une vue de l’esprit.

 

Il faut une rare vocation pour être un jouisseur.

 

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La vie d’un homme s’accomplit sans le secours de son esprit, avec ses reculs et ses avances, à la fois sa solitude et ses présences ".

 

 

 

Une vocation, la jouissance ?

C’est du moins ce qu’entend Camus dans les dernières pages de l’Été à Alger, ce qui laisse entendre que face à la jouissance, nous ne sommes pas tous égaux, que celle-ci n’est pas le fruit d’un travail ou la récompense de la patience, mais qu’elle nous est donnée, accordée, telle la grâce divine qui divise le monde entre les élus et les condamnés.

 

Humour...

 

Mais la jouissance ne fait pas partie de l’au-delà, elle est ici-bas, et quand bien même elle jaillit du domaine spirituel, elle ne serait rien sans le corps, sans les sens, sans l’extase qui nous élève et nous expulse hors de nous-mêmes, hors du temps, hors du  questionnement. Jouir, c’est ne plus se demander pourquoi.

 

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 Essayer de penser la jouissance, d’en esquisser l’histoire, d’en écrire les effets,  d’en saisir les enjeux. Ce défi, qui d’autre que le philosophe Jean-Luc Nancy pouvait le relever. 

 

lundi, 19 décembre 2016

"Sous les coups : violences conjugales"

 

 

 

Quelle que soit la situation sociale, économique, politique ou culturelle, les violences conjugales font vivre les femmes dans la terreur.

 

 

 

 

 

Là où la violence domine et où le contexte est le plus dangereux c’est bien souvent au sein du huis clos familial. Elle est le résultat d’interactions de facteurs individuels, relationnels, sociaux, culturels et environnementaux, considérés souvent à tort comme « des conflits familiaux ». 

 

 

Souvent identiques les mécanismes sont banalisés : domination, soumission, pression psychologique…

 

 

 

Quel sera le chemin à parcourir ? Quelles sont les formes de la violence domestique ?

Quelles sont les perceptions et les représentations des violences :  « normes » ?

 

 

 

 

Pour écouter, conseiller et orienter les femmes victimes de violences, chaque maillon de la chaîne à sa  responsabilité et son importance.

 

 

 

 

"Ne restons pas muets face aux violences conjugales", film d'Olivier Dahan réalisé pour Amnesty Internationale (2006) : avec Didier Bourdon, Clotilde Coureau, ...

 

Les Violences conjugales : Dix films pour en parler, sur les Ecrans du social

 

 

 

 

 

Ne restons pas muets face aux violences conjugales !

 

 


 

Olivier Dahan a réalisé un film de 2 minutes 30 qui met en scène les violences conjugales et incite les témoins de ces violences à réagir.

 

 
 

 

 

 

Lectures :

 

  • Les violences faites aux femmes en France : une affaire d'Etat
    • Amnesty International
  • Le livre noir de la condition des femmes
    • Christine Ockrent
  • De la violence (volume 2)
    • Françoise Héritier
  • De la violence (Volume 1)
    • Françoise Héritier
  • Femmes sous emprise : les ressorts de la violence dans le couple
    • Marie-France Hirigoyen
  • La domination masculine
    • Pierre Bourdieu
  • Nous, femmes battues : entre espoir et désespoir
    • Bénita Rolland
    • Alain Carné
  • Masculin, Féminin II – Dissoudre la hiérarchie
    • Françoise Héritier
  • Les violences envers les femmes en France. Une enquête nationale
  • Pourquoi les hommes frappent les femmes
    • Aldo Rocco
  • Les hommes violents
    • Daniel Welzer-Lang
  • Arrête ! Tu me fais mal ! : la violence domestique en 60 questions et 59 réponses
    • Daniel Welzer-Lang

mercredi, 23 novembre 2016

Mary Dorsan

 

Son premier roman " Le présent infini s'arrête " est un coup de cœur littéraire, il laisse deviner un grand talent.

 

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L'auteure ?

Mary Dorsan, infirmière psychiatrique. Elle décrit le quotidien d'un appartement thérapeutique, la souffrance des adolescents, la relation avec les soignants.

Un ouvrage à ne pas manquer...

 

Extrait sonore :

« Valerie » interprétée par Amy Winehouse, chanson de Sean Payne, Dave McCabe, Abi Harding, Boyan Chowdhury et Russell Pritchard, enregistrée le 10 janvier 2007 pour le Jo Whiley Live Lounge 2007, extrait de l’album Amy Winehouse at the BBC, Universal, 2012

 

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Mary Dorsan est infirmière psychiatrique, dans un appartement thérapeutique avec des patients entre l’âge de 13 et 20 ans. « On est en banlieue, pas à l’hôpital. » Après beaucoup de tensions, elle crache un jour sur un patient. « Je m’en suis beaucoup voulu, j’ai beaucoup pleuré. Je suis une soignante avec une éthique plutôt forte. Je venais de faire du mal à un patient, or toute cette violence, c’est de la souffrance. » Après avoir beaucoup pensé à ce qui lui était arrivé, elle se décide à écrire.

 

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Ce travail d’écriture débouche sur un roman fort et magnifique de 720 pages : « quand j’écrivais, c’était sur la feuille A4 de l’ordinateur et je n’avais aucune idée de ce que pouvait représenter la longueur du livre. » Elle écrit le matin, avant d’aller travailler (« j’étais obligé de me doucher et de déjeuner en urgence ») ou en revenant, parfois pendant quelques nuits d’insomnie. « J’ai choisi les moments symboliques qui pouvaient le mieux raconter l’histoire. Je voulais m’exposer. J’ai voulu exposer tout ce qu’il y avait à l’intérieur de ma tête. On n’ose pas raconter des histoires comme ça. » Elle raconte toutes ces choses qui pèsent sur nous. « Les émotions, on en parle dans les colloques ou dans les magazines scientifiques ? »

 

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Mary Dorsan prend le temps de regarder tout ce qui se passe autour d’elle : « il y a des tas de choses à regarder, explique-t-elle. D’abord le silence, et puis ce qui vient dans la tête est partagé. » Elle regarde, montre, décrit, mais elle ne dit jamais comment voir ou comment lire : « Je n’aime pas que l’on dise comment lire car chacun lit comme il veut. »

 

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Aujourd’hui, Mary Dorsan se sent coincée entre plusieurs identités : « je suis l’infirmière psychiatrique qui est responsables par rapport à ses collègues ou à ses patients ; je suis moi, avec la tentation de la provocation, de tout bousculer, de mettre les autres face à leur propre introspection ; et puis serais-je par hasard écrivain, quelqu’un qui aurait écrit toutes ces pages ? »

 

Quatrième de couverture

« Bon, j’écris ce qui se passe dans mon service. Je travaille dans un appartement thérapeutique, rattaché à un hôpital psychiatrique. On accueille des adolescents. Très malades, souvent, dont personne ne veut. Qui en plus de leurs troubles psychiatriques, ont des troubles de l’attachement, des pathologies du lien. Alors ça remue ! Ça remue les soignants.
J’écris les souffrances de ces jeunes. La diffi culté de les soigner, de les accompagner ou tout simplement de rester là, avec eux. Je tente d’écrire la complexité des relations avec eux et la complexité des effets sur les soignants et les relations des soignants entre eux. Je veux raconter ce que c’est, ce travail, leur vie. Je veux… Dire. Décrire. Montrer. Tout. Le bon et le mauvais. Je voudrais que l’on pense davantage à eux. Ces adolescents sont invisibles ou méconnus dans notre société. Ou incompris. Terriblement vulnérables, fragiles, si près de l’exclusion totale, ils sont à la marge. À la marge de notre pensée, de nos yeux. Au cœur de mon cœur. »

 

 

 

mercredi, 26 octobre 2016

BACLOFÈNE ET ALCOOLISME : LE BILAN

 

 

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Deux essais cliniques en cours

 

Outre ce suivi par l’ANSM, deux essais cliniques sont en cours en France, Alpadir et Bacloville : les premiers au monde, selon Philippe Jaury, le coordonnateur de Bacloville. À l’étranger, d’autres études se déroulent également, mais elles ont débuté plus tard.

Conduit en milieu hospitalier, Alpadir a pour objectif le maintien dans le temps de l’abstinence chez des patients sevrés. Le dosage maximum de baclofène est de 180 milligrammes par jour sur six mois. Les résultats sont en cours d’analyse.

 

 

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Mené avec des médecins généralistes, Bacloville est quant à lui un essai clinique multicentrique (plusieurs lieux en France) et randomisé en double aveugle. Il porte sur 320 patients  et sur un an. Le baclofène est prescrit avec une nouvelle posologie : jusqu’à 300 milligrammes par jour, une dose très élevée. « L’analyse des résultats doit débuter à la mi-avril 2015 », précise Philippe Jaury, qui ne dévoile rien des premières données, mais se montre confiant.

Il faudra aussi mieux comprendre les mécanismes d’action du baclofène : pourquoi, en effet, ne devient-il actif qu’à si hautes doses ? Directrice de recherche au CNRS, au laboratoire Neuroplasticité et thérapies des addictions, Florence Noble suppose que de nouveaux mécanismes biochimiques restent peut-être à découvrir.

 

« Le baclofène a changé la vie de beaucoup de patients alcoolo-dépendants, ils sont devenus indifférents à l’alcool », constate Philippe Jaury, médecin addictologue et professeur à la faculté de médecine de l’université Paris Descartes. Cette molécule est utilisée depuis les années 1970 comme décontractant musculaire. À hautes doses, elle aiderait à réduire sa consommation d’alcool, voire à devenir abstinent.

 

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Jusque-là, la seule solution proposée aux personnes alcooliques était l’abstinence pure et simple. Désormais, « l’abstinence devient une conséquence du traitement et non pas un objectif en soi,explique Philippe Jaury, l'un des pionniers de la prescription du baclofène à hautes doses, cela change complètement la prise en charge ».

 

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Depuis le témoignage d’Olivier Ameisen, les prescriptions se sont littéralement  envolées. Si bien qu’en 2012, selon l’assurance maladie, plus de 33 000 personnes alcoolo-dépendantes débutaient un traitement au baclofène, soit près de dix fois plus qu’en 2007.

« Quand les patients ont appris qu’on pouvait les soigner sans exiger d’eux qu’ils deviennent totalement abstinents, on a vu arriver dans nos cabinets des gens qui, jusque-là, refusaient de venir », se souvient Philippe Jaury. Avant d'ajouter : « Ce qui est bluffant avec le baclofène, c’est qu'au bout de trois à quatre mois, des patients nous annoncent qu’ils ne boivent plus, alors que leur objectif était simplement de boire normalement, comme tout le monde ».

 

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Un bilan positif…

Il y a un peu plus d’un an maintenant que la première recommandation temporaire d’utilisation a été accordée pour raison de santé publique au baclofène par l’Agence nationale de sécurité du médicament. D’une durée de trois ans renouvelable, elle permet aux médecins de prescrire légalement cette molécule hors autorisation de mise sur le marché aux patients pour lesquels les autres traitements disponibles ont échoué. Les deux indications sont : le maintien de l’abstinence chez des patients sevrés et la réduction majeure de la consommation d’alcool pour des personnes alcoolo-dépendantes à haut risque. La posologie ne doit pas dépasser 300 milligrammes par jour.

 

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L’ANSM dresse un bilan plutôt positif du suivi de six mois effectué sur quelque 2000 patients (ceux ayant effectué au moins une visite de suivi) : 74 % des patients nouvellement traités et 45 % des patients déjà traités ont vu diminuer leur besoin irrépressible de boire (craving). En outre, alors que 12 % des patients suivis étaient abstinents au début du traitement, 32 % l’étaient six mois après. Et parmi ceux qui étaient déjà en traitement, près de la moitié étaient toujours abstinents à l’issue du suivi. Une diminution moyenne de la consommation est aussi enregistrée. Elle est de 56 grammes par jour pour les patients qui débutaient le traitement, soit quatre à cinq verres de vin. Pour ceux déjà traités, elle est de 15 grammes par jour, soit un peu plus d'un verre. Toutefois, pour 1,1 % des patients, des effets secondaires graves possiblement liés au baclofène ont été rapportés, notamment de nature neurologique et psychiatrique. « Les effets secondaires sont importants et varient d'un patient à l'autre, mais ils sont beaucoup moins nombreux qu'avec l'alcool » constate Philippe Jaury.

… mais limité

Cela étant, il relève que ce suivi présente plusieurs limites méthodologiques. Tout d’abord, « ces données ne renseignent pas sur l’effet placebo ». C'est pour cela que les études cliniques habituelles sont réalisées en double aveugle : le médecin et le patient ignorent si c’est la molécule ou le placebo qui sont prescrits. De plus, « les contre-indications spécifiques de la RTU excluent à peu près la moitié des patients », déplore-t-il. Sont écartés du suivi, par exemple, les conducteurs d’un véhicule et les personnes souffrant d’une dépression caractérisée d’intensité sévère.

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Quant au portail électronique conçu pour transmettre les données, il se révèle beaucoup trop complexe à l’usage et nécessiterait, selon lui, une formation préalable. Au 20 mars 2015, quelque 5 000 patients seulement étaient enregistrés. « Cette proportion est très faible au regard de l’estimation de l’ensemble des patients traités », reconnaît l’ANSM. « Des études plus cadrées sont nécessaires conclue Philippe Jaury, c’est-à-dire randomisées en double aveugle contre placebo ».



samedi, 01 octobre 2016

C'est quoi, être un professionnel ?

 

 

 

 

Engagement, grandes vérités et gros baratin.

 

 

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L'histoire, c'est de parler du vécu du travailleur, son engagement. Comment il vit son travail, par rapport à lui-même, par rapport à ses émotions, entre ce qu’il voudrait et ce qu'il est tenu de faire. Considère-t-il son boulot comme une mission, une vocation? Et aussi: se retrouve-t-il parfois, comme certains, à lâcher des gros baratins quand on l'interroge sur la question...?

 

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Deux invités se confronteront aux questions psylencieuses des Pernicieux (ou le contraire), pour un débat qui promet d'être chaud, chaud mon pro! Avec aussi des capsules sonores et des chroniques hautes en couleur, qui sont tout sauf du baratin.

 

Psylence Radio, un grain de folie sur les ondes ! Tous les 3e lundis du mois à 17h sur Radio Panik 105.4 FM ou http://www.radiopanik.org

 

 

samedi, 24 septembre 2016

La dépression dans une série de clichés sombres et saisissants.

 

Un photographe atteint de dépression a tenté de guérir sa maladie en réalisant des autoportraits montrant son état psychologique.

Des clichés saisissants et intimes à découvrir.

 

 

 

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Edward Honaker est un photographe malheureux. Atteint de dépression, le jeune homme de 21 ans s’est peu à peu vu sombrer dans cette maladie psychologique. C’est d’ailleurs son état mental et l’impact de celui-ci sur son travail qui l’ont poussé à prendre le taureau par les cornes : « J’ai commencé à devenir mauvais dans les domaines où j’avais l’habitude d’être bon mais je ne savais pas pourquoi ».

Pour vaincre son mal, il a alors décidé de l’exploiter, le mettant en scène à travers ses clichés.

 

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Ces photos illustrent la noirceur ressentie par Edward Honaker durant sa dépression.Mais plus largement, elles donnent un aperçu de l’état psychologique des personnes atteintes de cette maladie.

 Et vous, avez-vous ressenti les émotions transmises à travers ces photos ou restent-elles à l’état figé d’oeuvres d’art pour vous ?

 

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lundi, 05 septembre 2016

Ce photographe illustre sa propre dépression dans une séries saisissantes

 

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Un photographe atteint de dépression a tenté de guérir sa maladie en réalisant des autoportraits montrant son état psychologique. Des clichés saisissants et intimes que SooCurious vous propose de découvrir.

Edward Honaker

est un photographe malheureux. Atteint de dépression, le jeune homme de 21 ans s’est peu à peu vu sombrer dans cette maladie psychologique.

C’est d’ailleurs son état mental et l’impact de celui-ci sur son travail qui l’ont poussé à prendre le taureau par les cornes : « J’ai commencé à devenir mauvais dans les domaines où j’avais l’habitude d’être bon mais je ne savais pas pourquoi », raconte-il.

Pour vaincre son mal, il a alors décidé de l’exploiter, le mettant en scène à travers ses clichés.

 

 

Ces photos illustrent la noirceur ressentie par Edward Honaker durant sa dépression. Mais plus largement, elles donnent un aperçu de l’état psychologique des personnes atteintes de cette maladie. 

Et vous, ressentirez vous les émotions transmises à travers ces photos ou restent-elles à l’état figé d’oeuvres d’art pour vous ?

 

samedi, 25 juin 2016

Les bases d'un lien entre physiologie et psychologie.

 

Une étude américano-britanique qui rend malade

-Notre résistance aux maladies est-elle fonction de notre personnalité ?

-Ou sont-ce nos mécanismes inflammatoires qui, à l'inverse, déterminent qui nous sommes ?

 

 

3 minutes d'écoute

 

 

Attention, je tiens à mettre en garde toute personne hypocondriaque :

il vaudrait mieux aller sous la douche,  mettre une petite chanson qui dure 3 minutes. Faites autre chose, bref, passez votre chemin.

 

 

Votre réponse immunitaire, la façon que votre corps a de combattre les maladies pourrait, selon une récente étude, être fonction de votre personnalité.

C'est le postulat d'un groupe de chercheurs américano-britanniques, qui vient de publier dans la revue Psychoneuroendocrinolgy ; ça fait un certain temps que la recherche s'intéresse à la façon dont notre personnalité, ou certains traits qui la caractérisent, influe sur nos fonctions biologiques... ou l'inverse.

 

Par exemple, la différence entre les lève-tôt et les couche-tard, du point de vue biologique... des chercheurs se sont rendus compte que les oiseaux de nuit avaient moins de substance blanche dans leur cerveau et donc a priori moins de récepteurs de sérotonine et de dopamine, les fameuses molécules du plaisir,  ce qui conduirait les personnes « du matin » à être plus optimistes, moins sujettes à la dépression et aux addictions, tandis que les couche-tard présenteraient, eux, des traits plus créatifs, et des facultés cognitives plus étendues.

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Dans la lignée de ce type d'étude, des chercheurs se sont donc demandés quelle pouvait être l'influence de la personnalité sur la réponse du corps aux agressions extérieures. La personnalité, c'est un concept vaste, certes...

 

Pour circonscrire ce concept, les chercheurs se sont arrêtés sur trois marqueurs : introversion et extraversion, comme marqueurs du tempérament social, de notre faculté à sociabiliser plus ou moins facilement ; le névrotisme, comme marqueur de la tendance à ressentir des émotions négatives ; et la conscience, ce qui est une traduction imparfaite de « conscienciousness » en anglais, ou plus précisément notre faculté à être consciencieux, à accomplir des tâches de façon attentive, soigneuse.

 

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Les chercheurs ont donc demandé à 120 de leurs étudiants de remplir un questionnaire de personnalité, dont les réponses permettaient de graduer ces trois marqueurs de la façon la plus précise possible. Ils ont ensuite prélevé des échantillons sanguins, pour y chercher une vingtaine de gènes qui encodent les réponses immunitaires et les mécanismes inflammatoires, ainsi que les défenses contre les attaques virales.

En croisant ces données, voici ce que les chercheurs ont trouvé.

 

Chez les personnes caractérisées comme « extraverties », les gènes pro-inflammatoires sont plus exprimés, là où chez les personnes plus « conscienceuses », ce serait l'inverse, c'est-à-dire que ces gènes sont moins exprimés, et donc, in fine, la réponse aux infections moins véloce. En contrepartie de quoi les personnes « extraverties », plus promptes à déclencher des réponses inflammatoires, seraient également plus sujettes aux maladies dites « auto-immunes », c'est lorsque votre système immunitaire attaque votre propre corps.

 

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Mais ce qui est intéressant dans cette étude, ce ne sont pas tant ces résultats que ce qu'ils impliquent en amont, à savoir : est-ce notre personnalité qui détermine, d'une certaine façon, notre réponse immunitaire ou l'inverse... notre système immunitaire qui façonne une partie de notre personnalité. C'est d'autant plus intéressant que l'on sait que les réactions inflammatoires sont liées, d'une certaine façon, aux troubles dépressifs.

 

On sait que certaines molécules relâchée au cours d'une réponse immunitaire, les cytokines, peuvent passer dans le cerveau et influer sur la production de sérotonine et de dopamine, dont les personnes dépressives manquent de façon chronique. Voilà en quoi cette étude est un nouveau jalon dans la recherche, plus vaste, sur l'influence des mécanismes inflammatoires sur l'ensemble de notre équilibre, physiologique et psychologique.

 

 

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Pour nos amis hypocondriaques, rien ne sert donc de vous précipiter sur la boite d’anti-inflammatoires,

même si vous vous sentez très introverti et très consciencieux

 

vendredi, 06 mai 2016

L'art de procrastiner

 
 
 
La procrastination est la tendance à toujours tout remettre au lendemain.
Faut-il la combattre, l’accepter ou ruser avec elle ?
 

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David d’Equainville a trouvé un remède définitif contre la procrastination : l’accepter. Contre la folie qui voudrait que l’on devienne tous des gens parfaitement organisés, rigoureux et jamais en retard, le jeune éditeur prône même une « procrastination active » qui est une forme de résistance à l’esprit du temps.

« Ne fais pas le lendemain ce que tu pourrais faire le surlendemain », tel pourrait être le mot d’ordre de la « Journée mondiale de la procrastination » qu’il a lancée en 2010 et qui a lieu le 25 mars de chaque année. Ce jour-là, il invite à tout laisser en plan : les factures à payer, les courriels en retard, le rangement du bureau, les rendez-vous avec le dentiste, bref, toutes les choses ennuyeuses que l’on se promet de faire et que l’on repousse toujours. Il faut laisser aussi tomber, le jour venu, les grands projets et résolutions – commencer un régime, se remettre à l’apprentissage d’une langue étrangère, se plonger dans la lecture des grands classiques de la littérature, entreprendre la rédaction du polar qui sera le best-seller de la prochaine rentrée, etc. Inutile de se lancer dans ces entreprises illusoires. Le 25 mars : profitons de la vie et procrastinons sereinement.

Certes, cela ne change pas grand-chose à ce que l’on fait d’habitude, sauf sur un point essentiel : ce jour-là, on ne se tourmente pas, on ne bat pas sa coulpe, on ne se reproche pas ses velléités. Bref, on assume d’être ce que l’on est tous plus ou moins : un incorrigible procrastinateur, expert dans l’art de remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire aujourd’hui… et ce que l’on aurait dû faire depuis longtemps déjà.

Évidemment, l’idée de cette journée mondiale n’est pas un mot d’ordre très sérieux. C’est surtout un très bon coup de pub qui a permis à l’éditeur d’attirer l’attention sur la publication de ses livres. En mars 2011, il publiait le Manifeste pour une journée reconductible. En 2011, il publiait Demain, c’est bien aussi, un essai assez amusant qui explique comment échapper aux recettes culpabilisantes des manuels de développement personnel. Ce livre, rédigé par deux Allemands, est un best-seller dans leur pays, qui est pourtant réputé pour sa rigueur en matière d’organisation.

 

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Comment faire ?

Reprenons  : la procrastination, c’est donc l’art de tout remettre à plus tard. C’est une attitude banale et courante que tout le monde pratique plus ou moins. Pour mon cas, j’ai tendance à repousser toutes les choses ennuyeuses (administration, rangement, travail imposé, etc.) pour n’écouter que mon plaisir. Pour ma compagne, c’est l’inverse, elle fonctionne à la culpabilité plutôt qu’au plaisir immédiat. « Je me débarrasse de ça, comme cela après je serai tranquille : l’administration, le ménage, la préparation des cours. »Mais au final, elle diffère sans cesse ses activités qui lui sont le plus chères : le piano, la lecture, ses grands projets. En résumé, je carbure au plaisir et je renvoie à plus tard mes obligations. Elle fonctionne à la culpabilité et repousse toujours au lendemain ce qui lui importe le plus. Un trait commun nous unit : on procrastine tous les deux.

Tout le monde est plus ou moins procrastinateur. À part peut-être quelques superwomen ou Robocop de notre entourage, à l’efficacité jamais prise en défaut, qui font envie et peur à la fois.

Mais chez certains, cela prend des allures pathologiques : cela perturbe profondément la vie de la personne et provoque même une certaine souffrance. Dans ce cas, il est temps de prendre les choses en main. Les techniques antiprocrastination qui fleurissent en ce moment proposent toutes des remèdes similaires qui tiennent en quelques points clés.

 

 

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• Savoir vraiment ce que l’on veut

Le premier point avant d’entreprendre un changement, note Bruno Koetlz, est de s’assurer de ce que l’on veut vraiment. La question des choix ne se pose pas quand il s’agit de remplir certaines obligations (il faudra bien finir par remplir sa feuille d’impôt) ou quand il s’agit de projets qui engagent inexorablement notre avenir (réussir ses examens). Mais il est des objectifs que l’on repousse toujours peut-être parce qu’au fond de soi, l’on n’a pas vraiment envie de changer : ai-je vraiment envie de changer de travail ? Suis-je prêt à me lancer dans une nouvelle carrière ? Il faut faire un examen de conscience. Et là, il vaut mieux renoncer plutôt que de repousser sans fin. Cela suppose sans doute le deuil d’un projet qui nous est cher, mais un deuil est parfois positif. Car il évite de se tourmenter inutilement pour une chose que l’on ne fera jamais. Cela invite à se retrouver de nouvelles priorités et de nouveaux objectifs. Fermer une porte, c’est pouvoir en ouvrir d’autres.

 

 

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• Repérer ses moments de faiblesse

La deuxième chose à faire consiste à prendre conscience du phénomène. Plus exactement, il s’agit de bien repérer les moments précis où l’on flanche ainsi que les idées qui les accompagnent. Le propre de la procrastination est d’être une non-décision. C’est-à-dire qu’au moment où l’on devrait agir (il faut que je téléphone à untel, que je range mon bureau), on se trouve subitement et comme par hasard placé devant une autre attraction (une invitation surprise, un documentaire à la télé). Et c’est à ce moment que l’idée furtive du report s’insinue (bon, je regarde le documentaire et je m’y mets aussitôt après). C’est à ce moment précis, ce « tiping point » (moment de bascule) où l’on va basculer dans l’autre activité que celle prévue, qu’il faut mettre en place un système d’alarme intérieure. Et s’imposer un autre choix, reprendre en main le cours des choses.

 

 

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• Se fixer des objectifs précis et limités

Procrastination rime souvent avec perfectionnisme. Le propre du procrastinateur est non seulement de remettre à demain mais de se fixer des objectifs irréalistes : d’autant plus ambitieux que l’on s’accorde un sursis et que l’on ne s’engage donc à rien pour l’immédiat. « Je reprends une part de tarte, mais demain, régime strict. » Les projets du lendemain sont d’autant plus ambitieux qu’ils n’engagent à rien sur-le-champ. Et le jour venu de changer vraiment, la barre est fixée si haut que l’échec est pratiquement assuré. Avec ses conséquences psychologiques : l’autodénigrement, la honte, la culpabilité et le découragement. Puis, une fois la potion amère de l’échec digérée, une nouvelle vague d’illusion s’amorce.

Comment lutter ? La difficulté étant de renoncer à un plaisir immédiat pour une activité qui paraît ennuyeuse et pénible. La bonne méthode consiste à briser la difficulté, en réduisant l’effort au minimum. Il vaut mieux se fixer un petit objectif immédiat qu’un gros obstacle à franchir. Si j’ai décidé de ranger mon bureau et classer mes papiers (c’est un travail long et ennuyeux), je vais donc commencer par un exercice simple et immédiat. « Cinq minutes de rangement pas plus, mais tout de suite. » En général, on se surprend à dépasser l’objectif que l’on s’était fixé. Aussitôt engagé dans cette action, montre en main, survient un petit miracle : les cinq minutes passées, on passe à trois, quatre, cinq minutes de plus sans effort.

Le petit changement du jour aura produit une gratification morale : la routine a été cassée, c’est une première petite victoire sur soi. C’est la première récompense : le plaisir d’avoir réalisé quelque chose.

Les spécialistes de la procrastination suggèrent donc de repérer ses pensées récurrentes, ses mauvaises routines et ses moments de faiblesse. Puis il faut établir un plan de changement avec un programme précis (« à partir de demain, je vais améliorer mon anglais » n’est pas un programme précis : combien de temps par jour, à quel rythme, pour quel objectif ?). Il faut ensuite « découper la montagne en morceaux », c’est-à-dire définir les étapes intermédiaires, les petites étapes quotidiennes. Ensuite, il ne faut pas oublier la stratégie de récompense. À chaque succès, il faut s’accorder un plaisir : un loisir attendu.

Quand il s’attaque enfin à son mal, le procrastinateur est souvent guetté par un autre danger : l’excès de zèle. Il voudrait tout avaler trop vite, tout faire d‘un seul coup : par exemple se débarrasser en un seul jour de la comptabilité laissée en plan depuis des mois. C’est le bon moyen de ne pas arriver au but. Tel est le paradoxe du procrastinateur : la bonne stratégie de lutte consiste à ne faire que des petits pas, jour après jour. Et donc d’en garder un peu pour le lendemain…

 

 

vendredi, 15 avril 2016

L'écopsychologie

 

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Sociologue et journaliste de formation, Michel Maxime Egger travaille comme responsable d'ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables.

 

 

Il a fondé le réseau « Trilogies » qui met en dialogue traditions spirituelles et grandes problématiques de notre temps.
Dans Soigner l'esprit, guérir la Terre, il nous fait découvrir un mouvement clé et très peu connu en Europe continentale : l'écopsychologie.

 

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Il s'est cristallisé dans les années 1990 aux États-Unis et développé essentiellement dans le monde anglo-saxon. Transdisciplinaire, inspirée par les traditions premières, l'écopsychologie estime que, pour répondre en profondeur à la crise environnementale, l'écologie et la psychologie ont besoin l'une de l'autre. Elle montre comment sortir du déni et de l'impuissance, traite à la racine l'aliénation de l'humanité envers son habitat naturel, qui ne serait pas étrangère aux formes d'addiction à la consommation.

 

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Elle propose un changement du regard, à travers les idées fécondes de moi et d'inconscient écologiques, qui réinscrivent la psyché humaine dans la Terre et sa mémoire. Il en résulte des thérapies prometteuses qui ouvrent la porte pour s'immerger dans la nature sauvage, interpréter autrement les rêves et coopérer avec les animaux. Un champ d'intervention primordial est l'éducation, qui doit permettre à l'enfant de se construire une identité en interrelation non seulement avec les autres humains, mais aussi avec la toile de la vie.

 

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L'ouvrage offre une synthèse de l'écopsychologie, de son histoire et de ses enjeux, agrémenté de portraits de quelques grandes figures : Carl G. Jung, Paul Shepard, Theodore Roszak et Joanna Macy.

 

 

samedi, 02 avril 2016

Les maux de la psychanalyse : Qu'est-ce qu'un bon psy ?

 

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V. Van Gogh

 

"On arrive à accoucher de quelque chose..., on paie, et on n'a rien en retour."

Est-ce vraiment l'expérience de l'analyse ?

 

 

 

Deux psychanalystes s'interrogent sur leur rôle au sein de l'analyse : faut-il être empathique, participer aux affects des patients, ou une certaine froideur est-elle au contraire de rigueur ?

 

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LECTURES

- Lecture Adèle : Freud, Conseils au médecin dans le traitement psychanalytique, dans Œuvres complètes, volume XI, PUF

- Sándor Ferenczi, Lettre à Sigmund Freud du 15 janvier 1928, dans Correspondance III, trad. André Haynal, Calmann-Lévy, 1996, p.373

- Lecture Adèle : Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, 1759, trad. Abbé Blavet, 1774

 

EXTRAITS :

Archives : nos inquiétudes témoigner de la psychanalyse(documentaire réalisé par Judith du Pasquier, Arte, 2003)

Broadway Therapy,film de Peter Bogdanovich, (2013)

 

 

 

Fragments d'une psychanalyse empathique

Devenir soi à deux

« Ce livre parle d'un psychanalyste souriant, empathique et chaleureux. J'étais alors son patient, ou plutôt l'un de ses patients. Cet analyste s'appelait Didier Anzieu. J'y raconte quelques moments forts de mon analyse avec lui, mes questions, nos bonheurs, mes réserves. »

À un moment où beaucoup s'accordent à reconnaître qu'il est indispensable de repenser les bases et la pratique de la psychanalyse, Serge Tisseron témoigne de son expérience du côté du divan. Il met ainsi en lumière le rôle fondamental que joue l'empathie dans cette aventure qui consiste, pour chacun, à devenir soi à deux.

 

«Un psychanalyste apathique, c'est un psy qui somnole ?

- Non, c'est quelqu'un qui ne se laisse pas prendre par le pathos.

- Il est indifférent - bravo !

- Il est engagé, au contraire, mais lui ne se laisse pas faire par les bons sentiments.

- Qui se laisse faire ?

- Les psychanalystes empathiques.

Ce que ne sont pas les apathiques.

- Je vois. C'est mal, d'être empathique.

- Quand cela permet d'en finir avec toute visée scientifique.

L'inconvenance et le mordant de la découverte freudienne sont menacés par une conception anglo-saxonne molle du postmoderne.

- C'est grave d'être un patient postmoderne ?

- Cela veut dire que l'on a un psychanalyste postmoderne.

Il s'occupera de votre identité ; il s'occupera des traumas de votre "environnement précoce" (langue de bois pour parler de l'enfance) ; il s'occupera de votre unité. Mais que fera-t-il du scandale psychique qui vous fait vivre, et va du sexuel à la création ?»

 

vendredi, 18 mars 2016

Ces drôles de zèbres

 

Comment est-il possible qu’un individu classé à « fort potentiel » ou à « Haut Quotient Intellectuel », puisse vivre si mal sa singularité ?

 

 

Une intelligence hors normes devrait être un cadeau du ciel, un don qui permettrait une vie épanouie, une vie professionnelle remarquable. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi d’anciens enfants, dits précoces, sont aujourd’hui dans des situations d’échec social, sentimental ou professionnel ?

 

Un enfant précoce ne se fait pas rattraper par ses camarades de classe, il devient simplement un adulte surdoué. Qui sont-ils « ces drôles de zèbres », comme les nomme Jeanne Siaud Facchin, psychologue praticienne. Des zèbres qui se fondent dans la masse des équidés mais qui s’en distinguent à la foi par leurs rayures de camouflage, toutes différentes les unes des autres, faisant d’eux des êtres à part.

 

Ils sont porteurs d’une « intelligence autrement » indissociable d’une grande sensibilité et d’une extrême réceptivité émotionnelle et sensorielle. Cette hypersensibilité, vulnérabilise et fragilise mais peut également donner à la personnalité un caractère décalé, parfois attachant.

 

 

Bon nombre d’adultes surdoués, finissent malgré tout par trouver un équilibre dans leur vie tout en restant différents. Cependant combien sont-ils à ignorer leur potentiel intellectuel, même si au fond d’eux une petite voix leur dit que quelque chose ne tourne pas rond.

 

 

Avec les zèbres :

Mathilde, chargée de projet

Sandrine, salariée gestionnaire à la Poste

Marie, étudiante en philosophie

Tiana, étudiante

Cédric, consultant en stratégie

Bruno, architecte

Jeanne Siaud-Facchin fondatrice des centres Cogitoz

 

 

 

Depuis toute petite, Tiana tourne en rond dans un enclos de questionnements et d'angoisses étranges. Au collège, elle souffre de se sentir différente. «À l'adolescence, on veut juste être normal.» Elle devient l'objet de moqueries et de brimades. Alors qu'elle était une excellente élève, elle décroche scolairement, sombre dans la dépression et est hospitalisée à tout juste treize ans. Les médecins, désorientés, la traitent un temps pour schizophrénie. Jusqu'au diagnostic qui la sauve : enfant précoce. Ou plutôt zèbre. Tiana préfère. Ce qui change tout pour elle, c'est la reconnaissance de ses forces et fragilités si caractéristiques des surdoués : acuité d'esprit, hypersensibilité, décalage. Tiana va se libérer, s'apprivoiser, se réconcilier avec elle-même et avec les autres.

Un très beau témoignage, authentique et percutant, qui aidera les enfants et ados concernés, ainsi que leurs parents, à trouver leur force et leur chemin.

Tiana, 18 ans, artiste en herbe, vit à Marseille.

- 4ème de couverture -

 

 

Être surdoué est une richesse formidable pour réussir sa vie. Alors pourquoi y a-t-il tant d'adultes surdoués malheureux ? Pourquoi tant d'anciens enfants précoces sont-ils en situation d'échec social, professionnel et sentimental ? Pourquoi les femmes et les hommes à fort potentiel vivent-ils si mal leur différence ?

Nourri de son expérience de clinicienne et des dernières recherches sur le sujet, le nouveau livre de Monique de Kermadec constitue un guide indispensable pour comprendre les adultes surdoués.

Cet ouvrage offre également aux surdoués les clés nécessaires pour réapprendre à s'estimer, se construire, trouver l'âme soeur, s'épanouir enfin dans la plénitude de leurs talents et de leur extraordinaire personnalité, et s'adresse aussi à leurs proches, alliés fondamentaux, pour qu'ils les aident à désamorcer leurs conduites d'échec.

- 4ème de couverture -

 

lundi, 07 mars 2016

Pouvons-nous maîtriser notre mémoire?

 

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P.Geluck

 

Paradoxe, l'une des techniques les plus utilisées par les champions de la mémoire date... de l'antiquité. Et elle est restée largement... oubliée pendant plusieurs siècles. 

 

 

 

Imaginez que l’on vous présente 52 cartes à jouer dans un certain ordre et que l’on vous demande de mémoriser mentalement cet ordre et de le restituer verbalement... Lorsque l’on a du mal à se souvenir d’un simple numéro de téléphone à 10 chiffres ou d’une liste de courses, l’exercice peut sembler tout bonnement inaccessible pour le cerveau humain. Erreur... Le champion allemand Simon Reinhard a ainsi mémorisé un jeu de cartes en 21 secondes et 90 centièmes...  Clemens Meyer, vainqueur des championnats du monde de mémoire en 2005 et 2006, a mémorisé 1040 chiffres en 30 minutes. L’une des épreuves consiste à mémoriser le plus grand nombre possible d’associations entre noms et visages en 15 minutes. Le record est de 164 noms...

 

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De tels exploits de mémoire sont-ils liés à de nouvelles méthodes mnémotechniques ? Loin de là ! En fait, le paradoxe réside dans le fait que certaines techniques de mémorisation découvertes dès l’Antiquité ont été largement... oubliées au fil du temps. C’est le cas de l’une des plus performantes à laquelle les champions d’aujourd’hui font encore appel. Il s’agit de l’Art de mémoire ou méthode des loci, c’est à dire la méthode des lieux. Il en reste une trace dans le langage courant lorsque nous disons : « en premier lieu, en second lieu ». Cette technique consiste en effet à associer la liste des choses que l’on veut mémoriser à la visite d’un lieu bien connu. Le cerveau se souvient plus facilement d’un enchaînement d’images que d’une série abstraite de chiffres ou de cartes à jouer. Il suffit alors de distribuer ces chiffres ou ces cartes dans un décor déjà gravé dans notre mémoire, tel que notre appartement ou un quelconque autre lieu. Une fois chaque élément placé sur une zone particulière de ce décor, il suffit de mémoriser un parcours de visite pour les retrouver...

 

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Un phénomène un peu à contre courant d’une époque où la mémoire vivante de notre cerveau apparaît comme de plus en plus fragilisée, souvent remplacée par celle des ordinateurs ou détruite par des maladies neurologiques comme Alzheimer.

 

Apprendre c’est s’amuser

site de Sébastien Martinez, ingénieur spécialiste de la mémorisation, numéro 1 chez les français aux championnats du monde de la mémoire 2014. Il a découvert de nouvelles manières d’apprendre en expérimentant de nouvelles pédagogies qu'il propose.

http://www.apprendrecestsamuser.com

 

mardi, 01 septembre 2015

Les anti-Freud qui sont-ils ? Le livre noir de la psychanalyse...

 

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Le 15 novembre 2012, Philippe Val, directeur de France Inter, répond au médiateur dans l’émission Service public. Des auditeurs ont écrit pour se plaindre d’une récente « journée freudienne » sur la station : « Pourquoi pas une journée sur l’astrologie ? Pourquoi n’avait-on pas entendu de contradicteurs de la psychanalyse, Michel Onfray par exemple ? » En réponse, Philippe Val assimile les adversaires de Freud à des gens « soucieux de nationalisme, d’ordre, de rangement, de dressage de l’individu ». Il n’était donc « pas question de donner la contradiction ». Et d’ajouter : « Si vous voulez faire une journée sur Darwin (...), est-ce que vous êtes obligé de faire venir des créationnistes toute la journée ? »


 

Philippe Val fait un sort particulier au Livre noir de la psychanalyse, qui avait provoqué une polémique lors de sa parution : « Le Livre Noir de la psychanalyse, un livre d’ailleurs à tonalité… avec des auteurs, disons assez louches, plutôt marqués à l’extrême droite, et une extrême droite qui ne sent pas toujours très bon, mais apparemment ça n’a choqué personne ».


 

Une diffamation ?


 

Le soir même, les auteurs du Livre noir annoncent leur intention de saisir la justice. Puis renoncent après étude juridique. Car en l’absence d’une allusion à des faits précis, la plainte en diffamation ne pourrait vraisemblablement aboutir : pour la Chambre de la presse, la qualification d’extrême droite serait vue comme une simple appréciation, non condamnable en tant que telle.


 

Anecdotique, tout cela ? En tout cas, emblématique de la facilité avec laquelle le point Godwin est rapidement franchi chez les psys. Le point Godwin désigne le moment où un débatteur qualifie son adversaire de fasciste, histoire de couper court à la querelle : on ne discute pas avec un fasciste. Or certains défenseurs de Freud ne se gênent pas pour taxer de fascisme, de haine, parfois d’antisémitisme, les « anti-psychanalyse ». Entendre le directeur d’une radio publique suivre le mouvement, délivrer des brevets de fascisme, édicter ce qui est scientifique ou non, vaut bien une petite enquête. Je demande donc un entretien à Philippe Val, pour savoir ce qui lui inspire ces accusations. Quels passages du Livre noir, par exemple, quelles conversations avec quels spécialistes ? Son assistante laisse espérer que ma démarche va aboutir, et puis non…


 

Côté Livre noir, les quatre coordonateurs de l’ouvrage se disent outrés par les accusations de Philippe Val. « Je trouve ça scandaleux, lance Didier Pleux, directeur de l’Institut français de thérapie cognitive. Toute ma formation a été faite chez des grands psys juifs. Je suis un dissident de la psychanalyse, et quand je me suis engagé toute ma vie pour aider, quand mes écrits luttent contre l’égocentrisme et pour la prise en compte du sentiment de l’autre, ça fait drôle. »


 

Jacques Van Rillaer, professeur émérite de psychologie à l’université de Louvain-la-Neuve, préfère ironiser : « J’imagine que M. Val répète simplement ce que d’autres disent. Je parierais qu’il n’a pas lu Le Livre noir, et même qu’il ne l’a jamais eu en mains. Je pense qu’il est mal informé, et qu’il a fait confiance à des gens qu’il connaît, et qui ont dû le flatter. Vous savez comme moi que s’il y a des gens que l’on flatte, c’est bien les journalistes… D’ailleurs, Jacques Lacan allait chercher lui-même Françoise Giroud à L’Express, et lui accordait des séances plus longues qu’à n’importe qui. J’ai moi-même eu un journaliste en consultation, et comme les thérapies cognitivo-comportementales marchaient, il en a parlé. C’est ainsi que l’opinion se transforme. »


 

Lorsqu’il entend Philippe Val déclarer que l’on ne débat pas avec les adversaires de Freud, Jean Cottraux, di­recteur scientifique de l’Institut francophone de formation et recherche en TCC (Ifforthecc) et coordonnateur du Livre noir, livre une information croustillante : « Pourtant, j’ai bien été invité ! L’avant-veille de cette journée Freud, on m’a proposé de discuter à 8 heures du matin avec Élisabeth Roudinesco. Mais j’étais en province et ne pouvais me déplacer. J’ai demandé à participer par téléphone, on m’a répondu que c’était difficile, et on ne m’a pas rappelé. J’ai été remplacé par Marcel Rufo, qui pourtant se trouvait à Marseille, et qui a fait le panégyrique de Mme Roudinesco. Une opération de com’, rien d’autre ! Peut-être qu’un ordre était venu d’en haut… »


 

D’où vient la rumeur ?


 

Mais qui soufflerait à Philippe Val ce qu’il faut penser du Livre noir  ? Laissons l’historien et philosophe Mikkel Borch-Jacobsen, professeur à l’université de Washington à Seattle, lancer l’accusation : « J’ai toujours été à gauche, et même à l’extrême gauche. À deux reprises, j’ai demandé un droit de réponse parce qu’on m’avait traité publiquement, par écrit, de révisionniste, de négationniste. Mais pour qu’il vous soit accordé, il faut menacer d’une action en justice. J’ai rappelé combien ces termes étaient extraordinairement blessants, d’autant que je suis marié à une Juive dont la quasi-totalité de la famille est morte dans les camps. Mon beau-père, lui, est revenu d’Auschwitz et porte toujours son matricule sur le bras. Il n’empêche, la rumeur continue, constamment. Une fois qu’elle est lancée, on ne peut pas l’arrêter. C’est comme un train en marche. Plus on la dément, et plus elle se répand. J’en veux beaucoup à Élisabeth Roudinesco, parce que c’est elle qui en est délibérément à l’origine. »


 

Historienne, directrice de recherches à Paris VII et rattachée au département d’Histoire de l’École Normale Supérieure, Élisabeth Roudinesco ne manque jamais de présenter la psychanalyse comme un humanisme face aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qu’elle désigne inversement comme des machines à « dresser », à animaliser l’humain.


 

Je la contacte pour avoir son opinion sur la « journée Freud » de France Inter, sur les propos de Philippe Val, et sur les maux dont on l’accuse. Voici sa réponse : « Je n’ai pas à donner une appréciation sur des propos, qu’à ma connaissance, Philippe Val n’a pas tenus et que vous rapportez sans le moindre jugement critique quant à vos sources. Je n’ai pas davantage à répondre à des rumeurs. (…) Quant aux auteurs du Livre noir de la psychanalyse dont vous vous faites le porte-parole et qui se plaignent apparemment de n’avoir pas été invités le 9 novembre à France Inter en affirmant que cette journée aurait été un acte de propagande en faveur de la psychanalyse et des psychanalystes, je vous rappelle que ladite journée n’était pas consacrée à la psychanalyse mais à Sigmund Freud. (…) C’était une journée de haut niveau avec des chercheurs et des personnalités incontestables. Elle a d’ailleurs, pour ces raisons, recueilli un très vif succès. Que cela ne plaise pas à ceux qui colportent des rumeurs, je le constate sous votre plume, mais cela ne me concerne pas. »


 

Histoire de la rassurer sur ma santé mentale, je lui adresse le verbatim des propos tenus par Philippe Val sur France Inter, ainsi qu’un lien vers un podcast pour qu’elle puisse écouter l’émission en question.


 

« Si tu n’as rien à dire de plus beau que le silence, tais-toi  », dit le proverbe. Élisabeth Roudinesco, suite à mes précisions, respectera le plus profond silence. C’est donc sans son concours que nous allons tenter d’y voir plus clair. Pourquoi est-elle accusée (à tort ou à raison, nous allons le voir) de répandre la rumeur que les opposants à Freud sont des antisémites ? Pour le rôle qu’elle a joué durant trois débats.


 

Acte  I : Freud à Washington


 

Au milieu des années 1990, à Washington, la Bibliothèque du Congrès doit consacrer une exposition au fondateur de la psychanalyse. C’est alors que 42 intellectuels signent une pétition pour déplorer que le comité d’organisation ne prenne pas en compte les travaux d’historiens revisitant la légende de Sigmund Freud.


 

L’exposition est annulée, officiellement pour des raisons financières, mais Élisabeth Roudinesco y voit l’influence de la pétition.


 

Le 26 janvier 1996, la psychanalyste publie dans Libération une tribune intitulée « Le révisionnisme antifreudien gagne les États-Unis ».


 

Révisionnisme ? « Dans les pays anglo-saxons, précise Mikkel Borch-Jacobsen, il est courant de parler de révisionnisme historique. L’historien qui révise une certaine version de l’Histoire est forcément "révisionniste", ce qui n’a aucun rapport avec la négation de l’Holocauste. Élisabeth Roudinesco ne dit pas que les pétitionnaires sont antisémites, d’autant que nombre d’entre eux sont juifs. Mais dans le contexte français, avec un tel terme, la rumeur s’étend tout de suite. »


 

Élisabeth Roudinesco prend pourtant soin de préciser, en note, ceci : « Le terme est à prendre, ici, au sens classique d’une révision historiographique, qui n’a rien de commun avec les révisionnistes négationnistes du génocide des Juifs et des Tsiganes. »


 

Certes, l’ambiguïté est ici dissipée. Mais alors pourquoi user d’un terme impropre, qui sera ensuite repris dans plusieurs de ses écrits ?


 

Acte  II : Mensonges freudiens

 

En 2002, les éditions belges Mardaga acceptent de publier un livre refusé de partout en France, Mensonges freudiens, signé par le psychiatre Jacques Bénesteau. Plus virulent et sarcastique encore que le futur Livre noir, l’ouvrage, qui récapitule les travaux des historiens de Freud déconstruisant la légende officielle, reçoit le prix de la Société française d’histoire de la médecine (SFHM), à l’unanimité.


 

En 2003, le très à droite Club de l’Horloge décide de décerner à Élisabeth Roudinesco son prix Lyssenko, attribué chaque année à une personnalité qui a « par ses écrits ou par ses actes, apporté une contribution exemplaire à la désinformation en matière scientifique ou historique, avec des méthodes et arguments idéologiques ».


 

Le rapporteur du jury n’est autre que le préfacier de Jacques Bénesteau. Ce dernier convie d’ailleurs Mikkel Borch-Jacobsen à la cérémonie, prévue le 14 janvier 2004. Celui-ci refuse, par un e-mail à Jacques Bénesteau adressé en copie à l’intéressée : « Il est de notoriété publique que je suis depuis de longues années en désaccord avec ses positions. Ceci toutefois ne saurait m’inciter à me rallier aux chemises brunes intellectuelles avec lesquelles vous avez jugé bon de vous associer. J’ai le plus grand mépris pour tout ce que représente le Club de l’Horloge, et je ressens comme une insulte que vous ayez pu songer un seul instant que je m’associerais à cette provocation. »


 

Peu après, dans le numéro 27 de la revue Les Temps modernes, Élisabeth Roudinesco contre-attaque. Tout en évoquant à nouveau une « école dite révisionniste », elle accuse Mensonges freudiens d’être empreint d’un « antisémitisme masqué  ». Jacques Bénesteau et Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge, l’attaquent en diffamation. Le 17 février 2005, à l’audience de la dix-septième Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, spécialisée dans les affaires de presse, Élisabeth Roudinesco produit l’e-mail de Mikkel Borch-Jacobsen, sans le lui avoir demandé (« Elle ne peut pas dire que je suis d’extrême droite  », souligne-t-il). Jacques Bénesteau, lui, s’est choisi l’avocat de Jean-Marie Le Pen… Le 2 juin 2005, il est débouté et ne fera pas appel. Depuis, il s’est fait singulièrement discret.


 

Acte  III : 
Le Livre noir de la psychanalyse


 

En 2004, un rapport de l’Inserm estime les TCC plus efficaces que la psychanalyse pour la prise en charge des troubles mentaux, à l’exception des troubles de la personnalité. Le document provoque un tel tohu-bohu que Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, annonce devant un parterre de lacaniens, en février 2005, qu’il enterre le rapport. Ce qui lui vaut une standing ovation. Mais donne l’idée du Livre noir  : le quatuor jugé nauséabond par Philippe Val tire à boulets rouges sur la psychanalyse en coordonnant près de quarante auteurs, dont le tiers sont d’ailleurs juifs. « Si les psychanalystes avaient pris acte des conclusions du rapport, et avaient accepté de se cantonner à la prise en charge des troubles de la personnalité ou à l’analyse sans prétention thérapeutique, on aurait dit qu’ils s’inclinaient avec grâce et on n’aurait jamais fait Le Livre noir, explique Jean Cottraux. Je n’y aurais pas investi une once de mon temps. En voulant faire interdire un rapport scientifique de la République par des moyens bizarres, ils se sont tiré une balle dans le pied. Et ils continuent. Ils vont terminer complètement discrédités. »


 

Le 1er septembre 2005, pour accompagner la sortie du Livre noir, Le Nouvel Observateur publie un dossier intitulé « Faut-il en finir avec la psychanalyse ? » Le rédacteur en chef, Laurent Joffrin, qui nourrissait pourtant un a priori plutôt favorable à la psychanalyse, met alors les pieds dans le plat : il écrit qu’Élisabeth Roudinesco lui aurait déconseillé de parler de l’ouvrage sous prétexte qu’il était « politiquement louche, à la limite de l’antisémitisme ».


 

L’intéressée exerce à nouveau un droit de réponse : « Je n’ai jamais parlé d’antisémitisme à propos du Livre noir, et vous faites là une malheureuse confusion avec un précédent ouvrage (Mensonges freudiens, n.d.l.r.) dans lequel j’avais, en effet, décelé de l’« antisémitisme masqué ». J’affirme, au contraire, qu’il n’y en pas trace dans Le Livre noir. » Cette mise au point noir sur blanc n’empêche pas une autre rumeur de se répandre (à laquelle Élisabeth Roudinesco est étrangère) : la journaliste du Nouvel Obs en charge du dossier sur Le Livre noir, elle, n’aimerait pas les Juifs…


 

Remarquons que Jacques Bénesteau n’a pas été invité à écrire dans Le Livre noir, où il n’est pas cité. Ce n’est évidemment pas un hasard. « Sinon, l’amalgame est vite fait », commente Didier Pleux.


 

« Son absence dans Le Livre noir devrait être un signe pour tous ceux qui nous croient d’extrême droite », martèle Mikkel Borch-Jacobsen.


 

« Il y avait de bonnes choses dans son livre, d’autres étaient excessives, c’est tout ce qu’on peut dire, raconte Jean Cottraux. Nous n’en avons pas voulu dans Le Livre noir, étant donné qu’il était suspect. Je l’ai cité en note dans un de mes livres, Les visiteurs du soi, avec d’autres, dont Freud et Roudinesco. Cela m’a été reproché de façon cinglante. »


 

« À l’origine, dans Le Livre noir, admet Jacques Van Rillaer, j’avais naïvement cité Bénesteau. Mais après son choix d’avocat, j’ai dû supprimer ces références, à la demande de mon éditrice et d’autres auteurs. Et j’ai demandé à Bénesteau de retirer d’un site web antifreudien dont il s’occupait des textes de moi que je l’avais autorisé à reproduire. »


 

Lacanien repenti, Jacques Van Rillaer avait déjà publié Les Illusions de la psychanalyse, au titre explicite, et avait déjà dû faire preuve de prudence : « Avec ce livre, je n’ai jamais entendu la moindre critique m’assimilant à l’extrême droite. Mais un collègue m’avait dit : "Ne cite surtout pas La scolastique freudienne de Debray-Ritzen : il est clairement situé à droite, et il suffit qu’un journaliste s’aperçoive que tu lui rends hommage pour que ton livre ne soit pas signalé". J’ai un peu lâchement supprimé quelques passages. »


 

Pierre Debray-Ritzen, auteur de La scolastique freudienne et de La psychanalyse, cette imposture, était tenu, selon Didier Pleux, pour « un homme de droite ».


 

« C’était la critique bébête de la psychanalyse, poursuit-il, parce que celle-ci parlait un peu trop de sexe et de liberté, et accompagnait 68 de façon intelligente. »


 

Pierre Debray-Ritzen et Jacques Bénesteau constituent ce que Didier Pleux appelle « les casseroles » des adversaires de la psychanalyse.


 

Une longue histoire


 

Mais remontons encore dans le temps. Bien avant Mensonges freudiens, Le Livre noir, ou Le Crépuscule d’une idole de Michel Onfray, les anti-Freud étaient-ils assimilés à l’extrême droite, ou s’agit-il d’un phénomène récent ? « C’est une aberration qui a une longue histoire, explique Mikkel Borch-Jacobsen. C’est en fait Freud lui-même qui avait lancé cette idée en 1914, dans son Histoire du mouvement psychanalytique, où il suggérait que des préjugés raciaux avaient joué dans sa rupture avec Jung. De même, dans un article de 1925 pour la Revue juive, il n’excluait pas l’antisémitisme pour expliquer la résistance à la psychanalyse. »


 

Mais sans même parler des nazis, il y a bien eu des antisémites parmi ceux qui dénigraient la psychanalyse comme « science juive » ! « Bien sûr, c’est évident, lâche Mikkel Borch-Jacobsen. Mais toute critique de la psychanalyse n’est pas pour autant antisémite. Soyons clairs : parmi les critiques de la psychanalyse à Vienne, il y avait des Juifs ! Karl Kraus, converti au catholicisme, Ludwig Wittgenstein, Karl Popper, sans compter les dissidents de Freud comme Alfred Adler ! » 


 

L’assimilation des antifreudiens aux fascistes semblant aujourd’hui un phénomène franco-français, qu’en pensent les spécialistes de la diffusion de la psychanalyse en France ?


 

Prenons le psychanalyste Alain de Mijolla, auteur d’un triptyque monumental sur la question. En 2010, dans un article commandé pour la revue Sciences Humaines, le « grand frère » du Cercle Psy, il écrivait, à propos de la suspicion d’antisémitisme avancée par Freud lui-même envers ses détracteurs : « N’en sommes-nous pas encore et toujours, sous des apparences différentes, au même point aujourd’hui ? ».


 

Le moment est venu de lui demander des précisions. En réponse, il m’écrit ceci : « Je ne suis pas assez au courant des écrits du Livre noir ou de Michel Onfray (je me suis évité la corvée de les lire…) pour les taxer d’antisémitisme. Je pense toutefois qu’il faut distinguer les attaques ad hominem faites à Freud qui, obligatoirement, sont empreintes d’un antisémitisme qui ne se déclare pas comme tel (ce n’est pas la mode…) mais n’en demeure pas moins sous-jacent. J’ignore les tenants de l’extrême droite et ne lis aucune de leurs publications… Désolé de ne pouvoir vous en dire plus. »


 

Essayons quelqu’un d’autre, qui, cette fois, ne soit pas psychanalyste. Annick Ohayon, par exemple, auteure de Psychologie et psychanalyse en France. L’impossible rencontre (1919-1969). Que pense-t-elle de l’équation « antifreudiens = antisémites » ? « D’un point de vue historique, en France, cet amalgame n’est évidemment pas justifié : les premiers critiques de la psychanalyse – Georges Dumas, Charles Blondel, ou même Henri Piéron – étaient d’authentiques républicains, plutôt de gauche. Et il y avait parmi les pionniers du mouvement freudien des gens très à droite et plutôt antisémites – Édouard Pichon, et, dans une moindre mesure, René Laforgue et Angelo Hesnard. Les jeunesses de Jacques Lacan et de Françoise Dolto ne sont pas très à gauche non plus ! Il y a là une filiation maurrassienne qu’il faudrait examiner de près. Et dans les années 1950, les adversaires les plus déterminés étaient communistes. Alors, vous voyez, ce n’est pas si simple. Il me semble qu’il faut distinguer deux choses : les attaques concernant la psychanalyse comme méthode thérapeutique, qui peuvent venir de n’importe où, et surtout du corps médical, et celles qui concernent l’homme Freud et la doctrine, qui sont plus idéologiques – et plus récentes. Le Livre noir de la psychanalyse s’inscrit plutôt dans ce cadre. »


 

Elle me conseille de m’adresser à un historien, spécialiste à la fois de la psychanalyse et de l’antisémitisme. Excellente piste ! Je dégaine ma plus belle plume, je le sollicite. Il me répond d’une phrase : « Sur le sujet de votre enquête, je ne dispose pas d’informations qui me permettraient de répondre à vos questions. »


 

D’un Godwin à l’autre


 

Des psychanalystes d’extrême droite, des détracteurs de Freud juifs… Histoire de démolir toute vision binaire de la situation, toute tentation de diviser les protagonistes entre gentils et méchants, sincères et hypocrites, écoutons encore ceci. Didier Pleux voit dans les accusations de fascisme ou d’antisémitisme « une pure tactique pour exclure l’opposition ».


 

« Les psychanalystes éclairés, et j’en connais, ne rentrent pas du tout dans ce débat, assène-t-il. J’ai été exclu de l’université de Caen, où j’étais chargé de cours, parce que je tenais des propos anti-doltoiens. Où est le fascisme ? Je suis maintenant à l’université populaire de Michel Onfray, qui s’est fait traiter lui aussi d’antisémite. Onfray, antisémite ! Pour moi, l’extrémisme de droite, c’est le tout-à-l’ego : tout pour mon petit moi, la destruction du lien social, la propagande, la censure, la croyance en une idéologie fermée. Or, c’est ce qu’est la psychanalyse en ce moment ! »


 

Jean Cottraux, quant à lui, a répondu à Philippe Val en diffusant un texte où il rappelle le comportement trouble de Françoise Dolto sous l’Occupation, ou encore que Freud a dédicacé un livre à Mussolini, et aurait nourri une certaine admiration pour le dictatorial chancelier autrichien Dollfuss… Eh oui : on voit poindre des arguments selon lesquels « Les fachos, ce n’est pas nous, c’est ceux d’en face ». L’extrême droite, c’est Freud ! Le point Godwin est franchi dans les deux sens…


 

Je suis mal parti pour mon enquête. Les gens s’accusent du pire, parfois sans s’être lus. Ou encore du pire « masqué », ce qui nous fait une belle jambe. Et certains refusent de répondre. Les spécialistes bottent en touche. Les accusés eux aussi traitent leurs adversaires de fascistes. Ils refusent même de frayer avec un autre accusé, quand bien même ils apprécient en partie son travail. Élisabeth Roudinesco, coupable idéale pour le lancement de ces rumeurs, a dit publiquement l’inverse de ce dont on l’accable.


 

Voilà le genre d’article qui devrait me fâcher avec tout le monde ! Et il y aura bien aussi quelqu’un pour me taxer d’antisémitisme. Ou pour prétendre que je suis « assez louche » et que je sens mauvais. Allons, il faut écouter la voix de la sagesse et renoncer. Ma décision est prise : tant pis, je n’écrirai pas cet article. Oups. Trop tard.