samedi, 09 septembre 2017

"Regard sur la folie" de Mario Ruspoli

 

 

 En 1960, Mario Ruspoli tourne un film documentaire à l’hôpital psychiatrique de St-Alban, en Lozère.

Décision courageuse à une époque où la folie est un sujet tabou, totalement occulté par la société.

 

 

 

 

Mario Ruspoli suit au quotidien un groupe de médecins novateurs - dont le Dr. Tosquelles, chassé de son pays par la guerre d’Espagne - qui tentent une autre approche thérapeutique de la maladie, fondée sur la proximité avec les patients. Le regard généreux du cinéaste nous fait partager la relation exceptionnelle qui se noue entre soignants et soignés.

 

 

La réussite de ce film est d’arriver à nous faire ressentir le décalage entre le discours cohérent de certains malades et la pathologie dont ils souffrent, montrant à quel point la folie est un univers complexe où certaines perceptions sont faussées.

 

 

 

 

 

Portées par des textes d'Antonin Artaud, dits par Michel Bouquet, quelques rencontres jettent une lumière étrange sur l'univers si proche et si lointain de la folie. Qu'en est-il de cette vieille dame qui sanglote lorsqu'elle se souvient de son enfance ? Ou de cet homme qui prend à partie les médecins qui l'entourent ? 

Producteur délégué :

Anatole Dauman

Directeurs de la photo :

Michel Brault, Roger Morillière

Monteurs :

Jacqueline Meppiel, Henri Lanoé, Henri Colpi

Scénaristes :

Antonin Artaud, Mario Ruspoli

Ingénieurs du son :

Danièle Tessier, Roger Morillière, Dolorès Grassian

Directeur artistique :

Henri Colpi

 

Dans "Regard sur la folie" le psychotique donne à voir et à entendre, un inconscient littéralement à ciel ouvert, selon l’analyse qu’en réalise Jacques Lacan dans son Séminaire (Livre 3, 1955-1956). C’est autour de ce primat de la parole du fou que se rejoignent psychanalyse et surréalisme, et par voie de conséquence, le cinéma direct qui en « récolte les fruits » en quelque sorte. Prônant ensemble l’idée que le discours du psychotique a un sens, tout sujet parlant est invité à pénétrer dans son langage pour entendre ce qu’il a à nous dire sur l’inconscient. Or, ce point de jonction qui s’établit autour du sens du discours psychotique n’est pas pure coïncidence.

On l’ignore parfois, mais l’horizon intellectuel de Lacan a été grandement influencé par ses contacts avec le surréalisme et notamment par la méthode paranoïa-critique de Dalí qui consiste en une simulation de la pathologie psychotique permettant de connaître la réalité autrement et de faire partager cette connaissance à travers des formes objectives. Les thèses lacaniennes sur la psychose sont donc marquées par cette source d’inspiration majeure, bien que dans sa thèse de doctorat, il peine à reconnaître cette dette intellectuelle.

Ainsi, pour Lacan, le psychotique serait le fou le plus génial, le plus créatif, le plus inventif, mais aussi le plus " réaliste " puisqu’il mène le plus directement à la vérité de l’inconscient, à savoir au Réel de la psychose qui laisse littéralement l’inconscient à découvert. Si le film accueille ce langage de la folie sur le plan de son représenté, il le reçoit également au niveau d’un mode de fonctionnement qui travaille, comme la psychose, sur des absences de causalité, de logique et de signifiance immédiate, la pensée de type psychotique partageant avec le flux filmique une relative autonomie à l’égard de la réalité de l’expérience commune.

C’est probablement cette " vérité " de la psychose captée par l’équipe de Ruspoli – une vérité à la fois totalement déployée et insaisissable – qui explique l’enthousiasme des psychiatres et psychanalystes vis-à-vis du film lors de la projection privée du 13 juin 1962.

 

Michel Foucault

" Histoire de la Folie "

 

Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie. - Michel Foucault

 

 

mercredi, 30 août 2017

La biologie de l'attachement par Boris CYRULNIK

 

 

 

 

 

 

 

 

La théorie de l'attachement est un champ de la psychologie qui traite des relations entre êtres humains. Boris Cyrulnik tente dans cette conférence une approche pluridisciplinaire de cette théorie, qui intègre des données biologiques, affectives, psychologiques, sociales et culturelles. Nous verrons comment est née la théorie de l’attachement au XXème siècle et l’état des recherches actuelles.

 

 

Cours enregistré dans le cadre de l'enseignement PACES de Sciences Humaines et Sociales à l'Université Claude Bernard Lyon 1.

 

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Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre et psychanalyste français. Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon-la-Seyne (1972-1991), il publie son premier ouvrage Mémoire de singe et parole d’homme en 1983. Directeur d’enseignement depuis 1996 à la Faculté des lettres et sciences humaines de Toulon et président du Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon, Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de "résilience" (renaître de sa souffrance). Il a également participé en 2007 à la commission Attali sur les freins à la croissance, dirigée par Jacques Attali.

 

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jeudi, 24 août 2017

L'origine du Monde de Lucia Calamaro

Fictions / Théâtre et Cie

Recluse chez elle en pleine dépression, Daria soliloque sur le sens de la vie en cherchant en vain des réponses au fond de son réfrigérateur, dans les brefs non-échanges avec sa fille adolescente, et dans un dialogue imaginaire avec sa thérapeute…

 

Avec
Dominique Valadié (Daria),

India Hair (Federica),

Christiane Cohendy (la grand-mère)

 

 

"Femme mélancolique au frigo”, Daria, une mère de famille d’une quarantaine d’années, est recluse chez elle en pleine dépression. 

Puis sa mère arrive. Comme la fille Federica, la mère tente à son tour de ramener Daria à la vie. Elle lui conseille les vertus de la résignation et lui vante la grâce du quotidien, symbolisée par le torchon de cuisine…

 

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« Dans les textes de Lucia Calamaro un thème récurrent affleure : rapports mère-fille déchirants, mères tourmentées ou absentes, filles en proie à une angoisse existentielle inexprimable. Tout, en réalité, se réduit à ce lien ancestral, encadré depuis plusieurs angles, regardé depuis plusieurs points de vue, celui de la mère jeune, de la fille-enfant, de la fille adulte, puis de la mère vieille […] Les différents « morceaux » de L’Origine del mondo semblent être la chronique minutieuse d’une lutte quotidienne contre les pièges de la dépression : mais la dramaturge romaine, Lucia Calamaro, s’efforce de dissiper ces embryons d’intrigue, de les réduire en miettes, les transformant en de tortueux parcours mentaux. Sur la nature autobiographique – mais peut-être vaudrait-il mieux dire, autoréférentielle – de ces matériaux, elle ne laisse pas de doutes, au contraire, elle ne perd pas une occasion de le répéter. Afin d’en attester la fonction introspective –« analyser la région de l’intimité », comme le dit Daria – et peut-être par moments même thérapeutique, il suffirait de constater que dans ses textes, si l’on regarde bien, il n’y a que des figures féminines. On pourrait dire que toutes ces figures ne sont que les différents visages, les divers stades de maturation intérieure d’un personnage unique, ou bien les manifestations différentes d’une même idée : la féminité comme condamnation, comme poids, comme blessure familière. […] »

 

dimanche, 09 juillet 2017

Le cerveau source de sentiments

 

Les affects précèdent-ils l’acte de penser ou bien la pensée suscite-t-elle les émotions ?

 

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Jean-Didier Vincent n’oppose pas la psychanalyse à la méditation, voire la prière, à la compréhension biologique du fonctionnement du cerveau. Il s’exprime sur les adjuvants au fonctionnement cérébral ouvrant la porte d’augmentation des capacités cérébrales, stade cher aux transhumanistes.

Qu’en pense notre invité ?

 

 

Le cerveau travaille tout le temps, nous dit Jean-Didier Vincent, ancien directeur de l’Institut de neurobiologie de Gif-sur-Yvette, professeur de neuroendocrinologie et membre de l'Académie des Sciences.

Auteur de nombreux livres depuis Biologie des passions, en passant par Biologie du couple, Le Cerveau expliqué à mon petit-fils, une dizaine d’ouvrages ont été publiés par Jean-Didier Vincent.

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L’homme a une vision biologisante des émotions par les neurotransmetteurs. Une constatation, le cerveau est le premier organe sexuel…

 

 
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie du couple

Biologie du couple
Biologie du couple
Biologie du couple

 


Le cerveau expliqué à mon petit-fils
Le cerveau expliqué à mon petit-fils
Le cerveau expliqué à mon petit-fils

 

 

dimanche, 25 juin 2017

Le cerveau, les émotions et la dépression

 

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Le Sens des Choses propose une série spéciale sur les perspectives vertigineuses ouvertes par les progrès les plus récents et à venir des neurosciences et des sciences cognitives.

 

Qu'est ce que la vie mentale et comment ça marche ?

 

Pour y répondre, Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini reçoivent des spécialistes français qui apportent leur éclairage dans les domaines de la conscience et de l'inconscience, de la mémoire et de la décision, du sommeil et des rêves, des émotions et de la dépression, du langage et des apprentissages, de la musique, de l'éducation ou encore de l'intelligence artificielle.

 

 

 

Christophe André  est médecin psychiatre dans le Service Hospitalo-Universitaire de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, au sein d’une unité spécialisée dans le traitement et la prévention des troubles émotionnels (anxieux et dépressifs). Il est l'auteur d’articles et ouvrages scientifiques, ainsi que de nombreux livres à destination du grand public.

 

Philippe Fossati est Docteur en médecine, psychiatre, professeur des Universités et praticien hospitalier en psychiatrie adulte à la Pitié-Salpétrière, enseignant de l'université Pierre & Marie Curie, Paris VI, chercheur à l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, co-responsable de l’équipe ‘Neurosciences Sociales et Affectives’ CNRS UMR 1227 Inserm U 7225. Ses centres d’intérêt et expertise sont la dépression, l'émotion, la mémoire autobiographique, le self, l'imagerie cérébrale. Il est membre de l’Association Française de Psychiatrie Biologique, de l’European College of Neuropsychopharmacology, de l’European Network of Brain Imaging et du ‘Club de Stimulation Magnétique Transcrânienne’.

 

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samedi, 27 mai 2017

Petites confidences (à mon psy)

 

Émilie ou le rôle de sa vie

de Noémie Landreau

 

 

 

Réalisation : Laure Egoroff

Conseillère littéraire : Céline Geoffroy

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" C’est le soir du 31 janvier. Alors que le tout Paris bruisse du casting qui se prépare pour le biopic consacré à la vie du célèbre chanteur Patrick Poubelle, Émilie se fait remercier par son agent. Catastrophe ! Mais la jeune comédienne est bien décidée à ne pas se laisser décourager. De la rencontre d’un nouvel agent quasi centenaire au casting pour le mauvais rôle, en passant par les répétitions saugrenues d’une pièce de théâtre, un enregistrement publicitaire d’un goût douteux, la visite chez les beaux-parents et les prises de bec avec Antoine, Emilie est prête à tout pour décrocher le rôle de sa vie. " N.L.

 

 

 

mardi, 25 avril 2017

Les rêves peuvent-ils aider à mieux se connaître ?

 

 

Quand et à quoi rêve-t-on ?

 

 

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Qu'est-ce qui les nourrit ?

 

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Que disent les rêves de soi ?

 

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Peut-on les interpréter et s'en servir pour comprendre nos vies propres ?

 


Perrine Ruby, chargée de recherche au centre de neurosciences de Lyon.

 

“ Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous.”

- Albert Camus

 

 

 

samedi, 04 mars 2017

Critiques en herbe : L'exposition "La Renaissance et le Rêve"

 

Une oeuvre de Jérome Bosch décryptée par nos critiques en herbe.

 

 

 

dimanche, 29 janvier 2017

Quand la pensée symbolique apparaît-elle chez l’humain ?

 

Les dessins pariétaux découverts dans la grotte Chauvet, qui datent de 35 000 ans avant J-C , montrent qu’Homo Sapiens cherche déjà un sens, une symbolique produite de l’art que viendront conforter d’autres découvertes.

 

Cerveau normal,  image à résonance magnétique en couleurs.

Cerveau normal, image à résonance magnétique en couleurs.

 

Une émission proposée et présentée par René Frydman.

Intervenants :Jean-Pierre Changeux 

Neurobiologiste, Professeur Honoraire au Collège de France et à l'institut Pasteur. Membre de l'Académie des Sciences

 

Y a-t-il un progrès dans l’art depuis ces temps lointains ?

Qu’est-ce que la notion de beau ?

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La recherche scientifique menée par Jean-Pierre Changeux depuis des années se porte sur les phénomènes neurologiques de la contemplation de l’œuvre d’art et de la création artistique.

Déjà avec Pierre Boulez et Philippe Manoury il a exploré les voies de l’émotion et de la raison en musique dans un livre intitulé Les neurones enchantés. Le cerveau et la musique.

Résultat de recherche d'images pour "La beauté dans le cerveau"

Dans son dernier livre La beauté dans le cerveau, il s’agit de l’œil, de ses mouvements incessants pour jauger le tableau à l’aune de l’histoire de l’art, de la nouveauté et du plaisir esthétique.

De nombreux créateurs avancent puis reculent en zig zag avant d’avoir le sentiment que le tableau est fini, que l’œuvre est terminée. Y a-t-il de l’aléatoire dans le geste, peut-être. En tout cas accepter ou corriger c’est le pouvoir de l’artiste.

 

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Jean-Pierre Changeux a été président de la Commission interministérielle d’agrément pour la conservation du patrimoine artistique national français et président du Comité consultatif national d’éthique.

Il est l’auteur, notamment, de Raison et plaisir, de Matière à pensée (avec Alain Connes), de La Nature et la Règle. Ce qui nous fait penser (avec Paul Ricœur), de L’ Homme de vérité, de Du vrai, du beau, du bien et, avec Pierre Boulez et Philippe Manoury, des Neurones enchantés. Le cerveau et la musique.

 

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Ce qui se passe dans la tête du créateur, du compositeur, lorsqu'il crée, demeure encore inconnu. C'est ce "mystère" que se propose d'éclairer ce livre.

 

La création artistique relève-t-elle de processus intellectuels et biologiques spécifiques ? Peut-on s'approcher au plus près de son mécanisme pour parvenir à comprendre comment un compositeur, un musicien, un chef d'orchestre, choisit de mettre ensemble telle et telle note, de faire se succéder tel et tel rythme, de faire émerger du neuf, de produire de la beauté, de susciter l'émotion ?

La compréhension de ce qui se déroule dans le cerveau du compositeur lorsqu'il écrit Le Sacre du printemps ou Le Marteau sans maître est-elle possible ?

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Quelles relations peut-on établir entre les briques élémentaires de notre cerveau que sont les molécules, les synapses et les neurones, et des activités mentales aussi complexes que la perception du beau ou la création musicale ?

Tenter de constituer une neuroscience de l'art, tel est l'enjeu de ce livre, qui procède d'un débat entre Jean-Pierre Changeux, le neurobiologiste, qui a fait du cerveau l'objet privilégié de ses recherches, et Pierre Boulez, le compositeur, pour qui les questions théoriques liées à son art, la musique, ont toujours été essentielles, et auquel s'est joint Philippe Manoury pour apporter son éclairage de musicologue.

 

vendredi, 20 janvier 2017

CAFE PSY - LE REVE EVEILLE, AUDREY DE LA GRANGE

 

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https://soundcloud.com/radioaviva88fm/cafe-psy-le-reve-eveille-audrey-de-la-grange-040117?in=radioaviva88fm/sets/cafe-psy


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mardi, 03 janvier 2017

La jouissance

 

 

" Beaucoup affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même.

 

On s’essaye à jouir et à " faire des expériences ".

 

 

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Mais c’est une vue de l’esprit.

 

Il faut une rare vocation pour être un jouisseur.

 

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La vie d’un homme s’accomplit sans le secours de son esprit, avec ses reculs et ses avances, à la fois sa solitude et ses présences ".

 

 

 

Une vocation, la jouissance ?

C’est du moins ce qu’entend Camus dans les dernières pages de l’Été à Alger, ce qui laisse entendre que face à la jouissance, nous ne sommes pas tous égaux, que celle-ci n’est pas le fruit d’un travail ou la récompense de la patience, mais qu’elle nous est donnée, accordée, telle la grâce divine qui divise le monde entre les élus et les condamnés.

 

Humour...

 

Mais la jouissance ne fait pas partie de l’au-delà, elle est ici-bas, et quand bien même elle jaillit du domaine spirituel, elle ne serait rien sans le corps, sans les sens, sans l’extase qui nous élève et nous expulse hors de nous-mêmes, hors du temps, hors du  questionnement. Jouir, c’est ne plus se demander pourquoi.

 

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 Essayer de penser la jouissance, d’en esquisser l’histoire, d’en écrire les effets,  d’en saisir les enjeux. Ce défi, qui d’autre que le philosophe Jean-Luc Nancy pouvait le relever. 

 

lundi, 19 décembre 2016

"Sous les coups : violences conjugales"

 

 

 

Quelle que soit la situation sociale, économique, politique ou culturelle, les violences conjugales font vivre les femmes dans la terreur.

 

 

 

 

 

Là où la violence domine et où le contexte est le plus dangereux c’est bien souvent au sein du huis clos familial. Elle est le résultat d’interactions de facteurs individuels, relationnels, sociaux, culturels et environnementaux, considérés souvent à tort comme « des conflits familiaux ». 

 

 

Souvent identiques les mécanismes sont banalisés : domination, soumission, pression psychologique…

 

 

 

Quel sera le chemin à parcourir ? Quelles sont les formes de la violence domestique ?

Quelles sont les perceptions et les représentations des violences :  « normes » ?

 

 

 

 

Pour écouter, conseiller et orienter les femmes victimes de violences, chaque maillon de la chaîne à sa  responsabilité et son importance.

 

 

 

 

"Ne restons pas muets face aux violences conjugales", film d'Olivier Dahan réalisé pour Amnesty Internationale (2006) : avec Didier Bourdon, Clotilde Coureau, ...

 

Les Violences conjugales : Dix films pour en parler, sur les Ecrans du social

 

 

 

 

 

Ne restons pas muets face aux violences conjugales !

 

 


 

Olivier Dahan a réalisé un film de 2 minutes 30 qui met en scène les violences conjugales et incite les témoins de ces violences à réagir.

 

 
 

 

 

 

Lectures :

 

  • Les violences faites aux femmes en France : une affaire d'Etat
    • Amnesty International
  • Le livre noir de la condition des femmes
    • Christine Ockrent
  • De la violence (volume 2)
    • Françoise Héritier
  • De la violence (Volume 1)
    • Françoise Héritier
  • Femmes sous emprise : les ressorts de la violence dans le couple
    • Marie-France Hirigoyen
  • La domination masculine
    • Pierre Bourdieu
  • Nous, femmes battues : entre espoir et désespoir
    • Bénita Rolland
    • Alain Carné
  • Masculin, Féminin II – Dissoudre la hiérarchie
    • Françoise Héritier
  • Les violences envers les femmes en France. Une enquête nationale
  • Pourquoi les hommes frappent les femmes
    • Aldo Rocco
  • Les hommes violents
    • Daniel Welzer-Lang
  • Arrête ! Tu me fais mal ! : la violence domestique en 60 questions et 59 réponses
    • Daniel Welzer-Lang

mercredi, 23 novembre 2016

Mary Dorsan

 

Son premier roman " Le présent infini s'arrête " est un coup de cœur littéraire, il laisse deviner un grand talent.

 

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L'auteure ?

Mary Dorsan, infirmière psychiatrique. Elle décrit le quotidien d'un appartement thérapeutique, la souffrance des adolescents, la relation avec les soignants.

Un ouvrage à ne pas manquer...

 

Extrait sonore :

« Valerie » interprétée par Amy Winehouse, chanson de Sean Payne, Dave McCabe, Abi Harding, Boyan Chowdhury et Russell Pritchard, enregistrée le 10 janvier 2007 pour le Jo Whiley Live Lounge 2007, extrait de l’album Amy Winehouse at the BBC, Universal, 2012

 

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Mary Dorsan est infirmière psychiatrique, dans un appartement thérapeutique avec des patients entre l’âge de 13 et 20 ans. « On est en banlieue, pas à l’hôpital. » Après beaucoup de tensions, elle crache un jour sur un patient. « Je m’en suis beaucoup voulu, j’ai beaucoup pleuré. Je suis une soignante avec une éthique plutôt forte. Je venais de faire du mal à un patient, or toute cette violence, c’est de la souffrance. » Après avoir beaucoup pensé à ce qui lui était arrivé, elle se décide à écrire.

 

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Ce travail d’écriture débouche sur un roman fort et magnifique de 720 pages : « quand j’écrivais, c’était sur la feuille A4 de l’ordinateur et je n’avais aucune idée de ce que pouvait représenter la longueur du livre. » Elle écrit le matin, avant d’aller travailler (« j’étais obligé de me doucher et de déjeuner en urgence ») ou en revenant, parfois pendant quelques nuits d’insomnie. « J’ai choisi les moments symboliques qui pouvaient le mieux raconter l’histoire. Je voulais m’exposer. J’ai voulu exposer tout ce qu’il y avait à l’intérieur de ma tête. On n’ose pas raconter des histoires comme ça. » Elle raconte toutes ces choses qui pèsent sur nous. « Les émotions, on en parle dans les colloques ou dans les magazines scientifiques ? »

 

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Mary Dorsan prend le temps de regarder tout ce qui se passe autour d’elle : « il y a des tas de choses à regarder, explique-t-elle. D’abord le silence, et puis ce qui vient dans la tête est partagé. » Elle regarde, montre, décrit, mais elle ne dit jamais comment voir ou comment lire : « Je n’aime pas que l’on dise comment lire car chacun lit comme il veut. »

 

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Aujourd’hui, Mary Dorsan se sent coincée entre plusieurs identités : « je suis l’infirmière psychiatrique qui est responsables par rapport à ses collègues ou à ses patients ; je suis moi, avec la tentation de la provocation, de tout bousculer, de mettre les autres face à leur propre introspection ; et puis serais-je par hasard écrivain, quelqu’un qui aurait écrit toutes ces pages ? »

 

Quatrième de couverture

« Bon, j’écris ce qui se passe dans mon service. Je travaille dans un appartement thérapeutique, rattaché à un hôpital psychiatrique. On accueille des adolescents. Très malades, souvent, dont personne ne veut. Qui en plus de leurs troubles psychiatriques, ont des troubles de l’attachement, des pathologies du lien. Alors ça remue ! Ça remue les soignants.
J’écris les souffrances de ces jeunes. La diffi culté de les soigner, de les accompagner ou tout simplement de rester là, avec eux. Je tente d’écrire la complexité des relations avec eux et la complexité des effets sur les soignants et les relations des soignants entre eux. Je veux raconter ce que c’est, ce travail, leur vie. Je veux… Dire. Décrire. Montrer. Tout. Le bon et le mauvais. Je voudrais que l’on pense davantage à eux. Ces adolescents sont invisibles ou méconnus dans notre société. Ou incompris. Terriblement vulnérables, fragiles, si près de l’exclusion totale, ils sont à la marge. À la marge de notre pensée, de nos yeux. Au cœur de mon cœur. »

 

 

 

mercredi, 26 octobre 2016

BACLOFÈNE ET ALCOOLISME : LE BILAN

 

 

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Deux essais cliniques en cours

 

Outre ce suivi par l’ANSM, deux essais cliniques sont en cours en France, Alpadir et Bacloville : les premiers au monde, selon Philippe Jaury, le coordonnateur de Bacloville. À l’étranger, d’autres études se déroulent également, mais elles ont débuté plus tard.

Conduit en milieu hospitalier, Alpadir a pour objectif le maintien dans le temps de l’abstinence chez des patients sevrés. Le dosage maximum de baclofène est de 180 milligrammes par jour sur six mois. Les résultats sont en cours d’analyse.

 

 

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Mené avec des médecins généralistes, Bacloville est quant à lui un essai clinique multicentrique (plusieurs lieux en France) et randomisé en double aveugle. Il porte sur 320 patients  et sur un an. Le baclofène est prescrit avec une nouvelle posologie : jusqu’à 300 milligrammes par jour, une dose très élevée. « L’analyse des résultats doit débuter à la mi-avril 2015 », précise Philippe Jaury, qui ne dévoile rien des premières données, mais se montre confiant.

Il faudra aussi mieux comprendre les mécanismes d’action du baclofène : pourquoi, en effet, ne devient-il actif qu’à si hautes doses ? Directrice de recherche au CNRS, au laboratoire Neuroplasticité et thérapies des addictions, Florence Noble suppose que de nouveaux mécanismes biochimiques restent peut-être à découvrir.

 

« Le baclofène a changé la vie de beaucoup de patients alcoolo-dépendants, ils sont devenus indifférents à l’alcool », constate Philippe Jaury, médecin addictologue et professeur à la faculté de médecine de l’université Paris Descartes. Cette molécule est utilisée depuis les années 1970 comme décontractant musculaire. À hautes doses, elle aiderait à réduire sa consommation d’alcool, voire à devenir abstinent.

 

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Jusque-là, la seule solution proposée aux personnes alcooliques était l’abstinence pure et simple. Désormais, « l’abstinence devient une conséquence du traitement et non pas un objectif en soi,explique Philippe Jaury, l'un des pionniers de la prescription du baclofène à hautes doses, cela change complètement la prise en charge ».

 

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Depuis le témoignage d’Olivier Ameisen, les prescriptions se sont littéralement  envolées. Si bien qu’en 2012, selon l’assurance maladie, plus de 33 000 personnes alcoolo-dépendantes débutaient un traitement au baclofène, soit près de dix fois plus qu’en 2007.

« Quand les patients ont appris qu’on pouvait les soigner sans exiger d’eux qu’ils deviennent totalement abstinents, on a vu arriver dans nos cabinets des gens qui, jusque-là, refusaient de venir », se souvient Philippe Jaury. Avant d'ajouter : « Ce qui est bluffant avec le baclofène, c’est qu'au bout de trois à quatre mois, des patients nous annoncent qu’ils ne boivent plus, alors que leur objectif était simplement de boire normalement, comme tout le monde ».

 

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Un bilan positif…

Il y a un peu plus d’un an maintenant que la première recommandation temporaire d’utilisation a été accordée pour raison de santé publique au baclofène par l’Agence nationale de sécurité du médicament. D’une durée de trois ans renouvelable, elle permet aux médecins de prescrire légalement cette molécule hors autorisation de mise sur le marché aux patients pour lesquels les autres traitements disponibles ont échoué. Les deux indications sont : le maintien de l’abstinence chez des patients sevrés et la réduction majeure de la consommation d’alcool pour des personnes alcoolo-dépendantes à haut risque. La posologie ne doit pas dépasser 300 milligrammes par jour.

 

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L’ANSM dresse un bilan plutôt positif du suivi de six mois effectué sur quelque 2000 patients (ceux ayant effectué au moins une visite de suivi) : 74 % des patients nouvellement traités et 45 % des patients déjà traités ont vu diminuer leur besoin irrépressible de boire (craving). En outre, alors que 12 % des patients suivis étaient abstinents au début du traitement, 32 % l’étaient six mois après. Et parmi ceux qui étaient déjà en traitement, près de la moitié étaient toujours abstinents à l’issue du suivi. Une diminution moyenne de la consommation est aussi enregistrée. Elle est de 56 grammes par jour pour les patients qui débutaient le traitement, soit quatre à cinq verres de vin. Pour ceux déjà traités, elle est de 15 grammes par jour, soit un peu plus d'un verre. Toutefois, pour 1,1 % des patients, des effets secondaires graves possiblement liés au baclofène ont été rapportés, notamment de nature neurologique et psychiatrique. « Les effets secondaires sont importants et varient d'un patient à l'autre, mais ils sont beaucoup moins nombreux qu'avec l'alcool » constate Philippe Jaury.

… mais limité

Cela étant, il relève que ce suivi présente plusieurs limites méthodologiques. Tout d’abord, « ces données ne renseignent pas sur l’effet placebo ». C'est pour cela que les études cliniques habituelles sont réalisées en double aveugle : le médecin et le patient ignorent si c’est la molécule ou le placebo qui sont prescrits. De plus, « les contre-indications spécifiques de la RTU excluent à peu près la moitié des patients », déplore-t-il. Sont écartés du suivi, par exemple, les conducteurs d’un véhicule et les personnes souffrant d’une dépression caractérisée d’intensité sévère.

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Quant au portail électronique conçu pour transmettre les données, il se révèle beaucoup trop complexe à l’usage et nécessiterait, selon lui, une formation préalable. Au 20 mars 2015, quelque 5 000 patients seulement étaient enregistrés. « Cette proportion est très faible au regard de l’estimation de l’ensemble des patients traités », reconnaît l’ANSM. « Des études plus cadrées sont nécessaires conclue Philippe Jaury, c’est-à-dire randomisées en double aveugle contre placebo ».



samedi, 01 octobre 2016

C'est quoi, être un professionnel ?

 

 

 

 

Engagement, grandes vérités et gros baratin.

 

 

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L'histoire, c'est de parler du vécu du travailleur, son engagement. Comment il vit son travail, par rapport à lui-même, par rapport à ses émotions, entre ce qu’il voudrait et ce qu'il est tenu de faire. Considère-t-il son boulot comme une mission, une vocation? Et aussi: se retrouve-t-il parfois, comme certains, à lâcher des gros baratins quand on l'interroge sur la question...?

 

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Deux invités se confronteront aux questions psylencieuses des Pernicieux (ou le contraire), pour un débat qui promet d'être chaud, chaud mon pro! Avec aussi des capsules sonores et des chroniques hautes en couleur, qui sont tout sauf du baratin.

 

Psylence Radio, un grain de folie sur les ondes ! Tous les 3e lundis du mois à 17h sur Radio Panik 105.4 FM ou http://www.radiopanik.org

 

 

samedi, 24 septembre 2016

La dépression dans une série de clichés sombres et saisissants.

 

Un photographe atteint de dépression a tenté de guérir sa maladie en réalisant des autoportraits montrant son état psychologique.

Des clichés saisissants et intimes à découvrir.

 

 

 

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Edward Honaker est un photographe malheureux. Atteint de dépression, le jeune homme de 21 ans s’est peu à peu vu sombrer dans cette maladie psychologique. C’est d’ailleurs son état mental et l’impact de celui-ci sur son travail qui l’ont poussé à prendre le taureau par les cornes : « J’ai commencé à devenir mauvais dans les domaines où j’avais l’habitude d’être bon mais je ne savais pas pourquoi ».

Pour vaincre son mal, il a alors décidé de l’exploiter, le mettant en scène à travers ses clichés.

 

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Ces photos illustrent la noirceur ressentie par Edward Honaker durant sa dépression.Mais plus largement, elles donnent un aperçu de l’état psychologique des personnes atteintes de cette maladie.

 Et vous, avez-vous ressenti les émotions transmises à travers ces photos ou restent-elles à l’état figé d’oeuvres d’art pour vous ?

 

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lundi, 05 septembre 2016

Ce photographe illustre sa propre dépression dans une séries saisissantes

 

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Un photographe atteint de dépression a tenté de guérir sa maladie en réalisant des autoportraits montrant son état psychologique. Des clichés saisissants et intimes que SooCurious vous propose de découvrir.

Edward Honaker

est un photographe malheureux. Atteint de dépression, le jeune homme de 21 ans s’est peu à peu vu sombrer dans cette maladie psychologique.

C’est d’ailleurs son état mental et l’impact de celui-ci sur son travail qui l’ont poussé à prendre le taureau par les cornes : « J’ai commencé à devenir mauvais dans les domaines où j’avais l’habitude d’être bon mais je ne savais pas pourquoi », raconte-il.

Pour vaincre son mal, il a alors décidé de l’exploiter, le mettant en scène à travers ses clichés.

 

 

Ces photos illustrent la noirceur ressentie par Edward Honaker durant sa dépression. Mais plus largement, elles donnent un aperçu de l’état psychologique des personnes atteintes de cette maladie. 

Et vous, ressentirez vous les émotions transmises à travers ces photos ou restent-elles à l’état figé d’oeuvres d’art pour vous ?

 

samedi, 25 juin 2016

Les bases d'un lien entre physiologie et psychologie.

 

Une étude américano-britanique qui rend malade

-Notre résistance aux maladies est-elle fonction de notre personnalité ?

-Ou sont-ce nos mécanismes inflammatoires qui, à l'inverse, déterminent qui nous sommes ?

 

 

3 minutes d'écoute

 

 

Attention, je tiens à mettre en garde toute personne hypocondriaque :

il vaudrait mieux aller sous la douche,  mettre une petite chanson qui dure 3 minutes. Faites autre chose, bref, passez votre chemin.

 

 

Votre réponse immunitaire, la façon que votre corps a de combattre les maladies pourrait, selon une récente étude, être fonction de votre personnalité.

C'est le postulat d'un groupe de chercheurs américano-britanniques, qui vient de publier dans la revue Psychoneuroendocrinolgy ; ça fait un certain temps que la recherche s'intéresse à la façon dont notre personnalité, ou certains traits qui la caractérisent, influe sur nos fonctions biologiques... ou l'inverse.

 

Par exemple, la différence entre les lève-tôt et les couche-tard, du point de vue biologique... des chercheurs se sont rendus compte que les oiseaux de nuit avaient moins de substance blanche dans leur cerveau et donc a priori moins de récepteurs de sérotonine et de dopamine, les fameuses molécules du plaisir,  ce qui conduirait les personnes « du matin » à être plus optimistes, moins sujettes à la dépression et aux addictions, tandis que les couche-tard présenteraient, eux, des traits plus créatifs, et des facultés cognitives plus étendues.

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Dans la lignée de ce type d'étude, des chercheurs se sont donc demandés quelle pouvait être l'influence de la personnalité sur la réponse du corps aux agressions extérieures. La personnalité, c'est un concept vaste, certes...

 

Pour circonscrire ce concept, les chercheurs se sont arrêtés sur trois marqueurs : introversion et extraversion, comme marqueurs du tempérament social, de notre faculté à sociabiliser plus ou moins facilement ; le névrotisme, comme marqueur de la tendance à ressentir des émotions négatives ; et la conscience, ce qui est une traduction imparfaite de « conscienciousness » en anglais, ou plus précisément notre faculté à être consciencieux, à accomplir des tâches de façon attentive, soigneuse.

 

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Les chercheurs ont donc demandé à 120 de leurs étudiants de remplir un questionnaire de personnalité, dont les réponses permettaient de graduer ces trois marqueurs de la façon la plus précise possible. Ils ont ensuite prélevé des échantillons sanguins, pour y chercher une vingtaine de gènes qui encodent les réponses immunitaires et les mécanismes inflammatoires, ainsi que les défenses contre les attaques virales.

En croisant ces données, voici ce que les chercheurs ont trouvé.

 

Chez les personnes caractérisées comme « extraverties », les gènes pro-inflammatoires sont plus exprimés, là où chez les personnes plus « conscienceuses », ce serait l'inverse, c'est-à-dire que ces gènes sont moins exprimés, et donc, in fine, la réponse aux infections moins véloce. En contrepartie de quoi les personnes « extraverties », plus promptes à déclencher des réponses inflammatoires, seraient également plus sujettes aux maladies dites « auto-immunes », c'est lorsque votre système immunitaire attaque votre propre corps.

 

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Mais ce qui est intéressant dans cette étude, ce ne sont pas tant ces résultats que ce qu'ils impliquent en amont, à savoir : est-ce notre personnalité qui détermine, d'une certaine façon, notre réponse immunitaire ou l'inverse... notre système immunitaire qui façonne une partie de notre personnalité. C'est d'autant plus intéressant que l'on sait que les réactions inflammatoires sont liées, d'une certaine façon, aux troubles dépressifs.

 

On sait que certaines molécules relâchée au cours d'une réponse immunitaire, les cytokines, peuvent passer dans le cerveau et influer sur la production de sérotonine et de dopamine, dont les personnes dépressives manquent de façon chronique. Voilà en quoi cette étude est un nouveau jalon dans la recherche, plus vaste, sur l'influence des mécanismes inflammatoires sur l'ensemble de notre équilibre, physiologique et psychologique.

 

 

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Pour nos amis hypocondriaques, rien ne sert donc de vous précipiter sur la boite d’anti-inflammatoires,

même si vous vous sentez très introverti et très consciencieux

 

vendredi, 06 mai 2016

L'art de procrastiner

 
 
 
La procrastination est la tendance à toujours tout remettre au lendemain.
Faut-il la combattre, l’accepter ou ruser avec elle ?
 

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David d’Equainville a trouvé un remède définitif contre la procrastination : l’accepter. Contre la folie qui voudrait que l’on devienne tous des gens parfaitement organisés, rigoureux et jamais en retard, le jeune éditeur prône même une « procrastination active » qui est une forme de résistance à l’esprit du temps.

« Ne fais pas le lendemain ce que tu pourrais faire le surlendemain », tel pourrait être le mot d’ordre de la « Journée mondiale de la procrastination » qu’il a lancée en 2010 et qui a lieu le 25 mars de chaque année. Ce jour-là, il invite à tout laisser en plan : les factures à payer, les courriels en retard, le rangement du bureau, les rendez-vous avec le dentiste, bref, toutes les choses ennuyeuses que l’on se promet de faire et que l’on repousse toujours. Il faut laisser aussi tomber, le jour venu, les grands projets et résolutions – commencer un régime, se remettre à l’apprentissage d’une langue étrangère, se plonger dans la lecture des grands classiques de la littérature, entreprendre la rédaction du polar qui sera le best-seller de la prochaine rentrée, etc. Inutile de se lancer dans ces entreprises illusoires. Le 25 mars : profitons de la vie et procrastinons sereinement.

Certes, cela ne change pas grand-chose à ce que l’on fait d’habitude, sauf sur un point essentiel : ce jour-là, on ne se tourmente pas, on ne bat pas sa coulpe, on ne se reproche pas ses velléités. Bref, on assume d’être ce que l’on est tous plus ou moins : un incorrigible procrastinateur, expert dans l’art de remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire aujourd’hui… et ce que l’on aurait dû faire depuis longtemps déjà.

Évidemment, l’idée de cette journée mondiale n’est pas un mot d’ordre très sérieux. C’est surtout un très bon coup de pub qui a permis à l’éditeur d’attirer l’attention sur la publication de ses livres. En mars 2011, il publiait le Manifeste pour une journée reconductible. En 2011, il publiait Demain, c’est bien aussi, un essai assez amusant qui explique comment échapper aux recettes culpabilisantes des manuels de développement personnel. Ce livre, rédigé par deux Allemands, est un best-seller dans leur pays, qui est pourtant réputé pour sa rigueur en matière d’organisation.

 

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Comment faire ?

Reprenons  : la procrastination, c’est donc l’art de tout remettre à plus tard. C’est une attitude banale et courante que tout le monde pratique plus ou moins. Pour mon cas, j’ai tendance à repousser toutes les choses ennuyeuses (administration, rangement, travail imposé, etc.) pour n’écouter que mon plaisir. Pour ma compagne, c’est l’inverse, elle fonctionne à la culpabilité plutôt qu’au plaisir immédiat. « Je me débarrasse de ça, comme cela après je serai tranquille : l’administration, le ménage, la préparation des cours. »Mais au final, elle diffère sans cesse ses activités qui lui sont le plus chères : le piano, la lecture, ses grands projets. En résumé, je carbure au plaisir et je renvoie à plus tard mes obligations. Elle fonctionne à la culpabilité et repousse toujours au lendemain ce qui lui importe le plus. Un trait commun nous unit : on procrastine tous les deux.

Tout le monde est plus ou moins procrastinateur. À part peut-être quelques superwomen ou Robocop de notre entourage, à l’efficacité jamais prise en défaut, qui font envie et peur à la fois.

Mais chez certains, cela prend des allures pathologiques : cela perturbe profondément la vie de la personne et provoque même une certaine souffrance. Dans ce cas, il est temps de prendre les choses en main. Les techniques antiprocrastination qui fleurissent en ce moment proposent toutes des remèdes similaires qui tiennent en quelques points clés.

 

 

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• Savoir vraiment ce que l’on veut

Le premier point avant d’entreprendre un changement, note Bruno Koetlz, est de s’assurer de ce que l’on veut vraiment. La question des choix ne se pose pas quand il s’agit de remplir certaines obligations (il faudra bien finir par remplir sa feuille d’impôt) ou quand il s’agit de projets qui engagent inexorablement notre avenir (réussir ses examens). Mais il est des objectifs que l’on repousse toujours peut-être parce qu’au fond de soi, l’on n’a pas vraiment envie de changer : ai-je vraiment envie de changer de travail ? Suis-je prêt à me lancer dans une nouvelle carrière ? Il faut faire un examen de conscience. Et là, il vaut mieux renoncer plutôt que de repousser sans fin. Cela suppose sans doute le deuil d’un projet qui nous est cher, mais un deuil est parfois positif. Car il évite de se tourmenter inutilement pour une chose que l’on ne fera jamais. Cela invite à se retrouver de nouvelles priorités et de nouveaux objectifs. Fermer une porte, c’est pouvoir en ouvrir d’autres.

 

 

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• Repérer ses moments de faiblesse

La deuxième chose à faire consiste à prendre conscience du phénomène. Plus exactement, il s’agit de bien repérer les moments précis où l’on flanche ainsi que les idées qui les accompagnent. Le propre de la procrastination est d’être une non-décision. C’est-à-dire qu’au moment où l’on devrait agir (il faut que je téléphone à untel, que je range mon bureau), on se trouve subitement et comme par hasard placé devant une autre attraction (une invitation surprise, un documentaire à la télé). Et c’est à ce moment que l’idée furtive du report s’insinue (bon, je regarde le documentaire et je m’y mets aussitôt après). C’est à ce moment précis, ce « tiping point » (moment de bascule) où l’on va basculer dans l’autre activité que celle prévue, qu’il faut mettre en place un système d’alarme intérieure. Et s’imposer un autre choix, reprendre en main le cours des choses.

 

 

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• Se fixer des objectifs précis et limités

Procrastination rime souvent avec perfectionnisme. Le propre du procrastinateur est non seulement de remettre à demain mais de se fixer des objectifs irréalistes : d’autant plus ambitieux que l’on s’accorde un sursis et que l’on ne s’engage donc à rien pour l’immédiat. « Je reprends une part de tarte, mais demain, régime strict. » Les projets du lendemain sont d’autant plus ambitieux qu’ils n’engagent à rien sur-le-champ. Et le jour venu de changer vraiment, la barre est fixée si haut que l’échec est pratiquement assuré. Avec ses conséquences psychologiques : l’autodénigrement, la honte, la culpabilité et le découragement. Puis, une fois la potion amère de l’échec digérée, une nouvelle vague d’illusion s’amorce.

Comment lutter ? La difficulté étant de renoncer à un plaisir immédiat pour une activité qui paraît ennuyeuse et pénible. La bonne méthode consiste à briser la difficulté, en réduisant l’effort au minimum. Il vaut mieux se fixer un petit objectif immédiat qu’un gros obstacle à franchir. Si j’ai décidé de ranger mon bureau et classer mes papiers (c’est un travail long et ennuyeux), je vais donc commencer par un exercice simple et immédiat. « Cinq minutes de rangement pas plus, mais tout de suite. » En général, on se surprend à dépasser l’objectif que l’on s’était fixé. Aussitôt engagé dans cette action, montre en main, survient un petit miracle : les cinq minutes passées, on passe à trois, quatre, cinq minutes de plus sans effort.

Le petit changement du jour aura produit une gratification morale : la routine a été cassée, c’est une première petite victoire sur soi. C’est la première récompense : le plaisir d’avoir réalisé quelque chose.

Les spécialistes de la procrastination suggèrent donc de repérer ses pensées récurrentes, ses mauvaises routines et ses moments de faiblesse. Puis il faut établir un plan de changement avec un programme précis (« à partir de demain, je vais améliorer mon anglais » n’est pas un programme précis : combien de temps par jour, à quel rythme, pour quel objectif ?). Il faut ensuite « découper la montagne en morceaux », c’est-à-dire définir les étapes intermédiaires, les petites étapes quotidiennes. Ensuite, il ne faut pas oublier la stratégie de récompense. À chaque succès, il faut s’accorder un plaisir : un loisir attendu.

Quand il s’attaque enfin à son mal, le procrastinateur est souvent guetté par un autre danger : l’excès de zèle. Il voudrait tout avaler trop vite, tout faire d‘un seul coup : par exemple se débarrasser en un seul jour de la comptabilité laissée en plan depuis des mois. C’est le bon moyen de ne pas arriver au but. Tel est le paradoxe du procrastinateur : la bonne stratégie de lutte consiste à ne faire que des petits pas, jour après jour. Et donc d’en garder un peu pour le lendemain…

 

 

vendredi, 15 avril 2016

L'écopsychologie

 

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Sociologue et journaliste de formation, Michel Maxime Egger travaille comme responsable d'ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables.

 

 

Il a fondé le réseau « Trilogies » qui met en dialogue traditions spirituelles et grandes problématiques de notre temps.
Dans Soigner l'esprit, guérir la Terre, il nous fait découvrir un mouvement clé et très peu connu en Europe continentale : l'écopsychologie.

 

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Il s'est cristallisé dans les années 1990 aux États-Unis et développé essentiellement dans le monde anglo-saxon. Transdisciplinaire, inspirée par les traditions premières, l'écopsychologie estime que, pour répondre en profondeur à la crise environnementale, l'écologie et la psychologie ont besoin l'une de l'autre. Elle montre comment sortir du déni et de l'impuissance, traite à la racine l'aliénation de l'humanité envers son habitat naturel, qui ne serait pas étrangère aux formes d'addiction à la consommation.

 

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Elle propose un changement du regard, à travers les idées fécondes de moi et d'inconscient écologiques, qui réinscrivent la psyché humaine dans la Terre et sa mémoire. Il en résulte des thérapies prometteuses qui ouvrent la porte pour s'immerger dans la nature sauvage, interpréter autrement les rêves et coopérer avec les animaux. Un champ d'intervention primordial est l'éducation, qui doit permettre à l'enfant de se construire une identité en interrelation non seulement avec les autres humains, mais aussi avec la toile de la vie.

 

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L'ouvrage offre une synthèse de l'écopsychologie, de son histoire et de ses enjeux, agrémenté de portraits de quelques grandes figures : Carl G. Jung, Paul Shepard, Theodore Roszak et Joanna Macy.