vendredi, 20 janvier 2017

CAFE PSY - LE REVE EVEILLE, AUDREY DE LA GRANGE

 

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mardi, 19 juillet 2016

"Le peuple des nains" raconté par le psychanalyste René Diatkine

 

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En 1987, l'émission "Les chemins de la connaissance" consacrait une série au "peuple des nains". Dans le premier épisode, le psychanalyste René Diatike analysait leur signification dans les contes et dans l'imaginaire des enfants.

 

 

 

 

"Le Peuple des nains " est une série qui s’attachait à analyser la présence des nains dans l'imaginaire mythologique et dans l'Histoire.

 

 

 

 

 

Les contes, la mythologie, les rêves sont parfois hantés par des créatures qui marquent la limite de la mesure humaine avec des personnages hybrides, problématiques, insolites. Les langues ont toutes sortes de noms pour désigner ces petits personnages imaginaires. On rencontre ainsi dans le folklore : des nains, des gnomes, des lutins, des farfadets,...

 

 

 

René Diatkine explique la signification que prend la figure des nains dans le psychisme, il donne l’exemple du conte Blanche Neige . Dans ce conte de Grimm, les nains nous donnent des indications sur l’espace et le temps de la maturation. Ainsi, le temps passé avec les sept nains est un temps de passage entre l’enfance et l’âge adulte pour Blanche Neige.

 

 

 

 

jeudi, 28 avril 2016

Carl Gustav Jung : 1959 - dernière interview 2 ans avant sa mort

 

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Jung et Freud

 

Un document exceptionnel

 

 

Jung reçoit un journaliste de la BBC chez lui et parle de son enfance, de sa carrière, de sa relation à Freud, de ses compréhensions de la psyché humaine.

 

vendredi, 15 avril 2016

L'écopsychologie

 

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Sociologue et journaliste de formation, Michel Maxime Egger travaille comme responsable d'ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables.

 

 

Il a fondé le réseau « Trilogies » qui met en dialogue traditions spirituelles et grandes problématiques de notre temps.
Dans Soigner l'esprit, guérir la Terre, il nous fait découvrir un mouvement clé et très peu connu en Europe continentale : l'écopsychologie.

 

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Il s'est cristallisé dans les années 1990 aux États-Unis et développé essentiellement dans le monde anglo-saxon. Transdisciplinaire, inspirée par les traditions premières, l'écopsychologie estime que, pour répondre en profondeur à la crise environnementale, l'écologie et la psychologie ont besoin l'une de l'autre. Elle montre comment sortir du déni et de l'impuissance, traite à la racine l'aliénation de l'humanité envers son habitat naturel, qui ne serait pas étrangère aux formes d'addiction à la consommation.

 

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Elle propose un changement du regard, à travers les idées fécondes de moi et d'inconscient écologiques, qui réinscrivent la psyché humaine dans la Terre et sa mémoire. Il en résulte des thérapies prometteuses qui ouvrent la porte pour s'immerger dans la nature sauvage, interpréter autrement les rêves et coopérer avec les animaux. Un champ d'intervention primordial est l'éducation, qui doit permettre à l'enfant de se construire une identité en interrelation non seulement avec les autres humains, mais aussi avec la toile de la vie.

 

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L'ouvrage offre une synthèse de l'écopsychologie, de son histoire et de ses enjeux, agrémenté de portraits de quelques grandes figures : Carl G. Jung, Paul Shepard, Theodore Roszak et Joanna Macy.

 

 

mardi, 01 septembre 2015

Les anti-Freud qui sont-ils ? Le livre noir de la psychanalyse...

 

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Le 15 novembre 2012, Philippe Val, directeur de France Inter, répond au médiateur dans l’émission Service public. Des auditeurs ont écrit pour se plaindre d’une récente « journée freudienne » sur la station : « Pourquoi pas une journée sur l’astrologie ? Pourquoi n’avait-on pas entendu de contradicteurs de la psychanalyse, Michel Onfray par exemple ? » En réponse, Philippe Val assimile les adversaires de Freud à des gens « soucieux de nationalisme, d’ordre, de rangement, de dressage de l’individu ». Il n’était donc « pas question de donner la contradiction ». Et d’ajouter : « Si vous voulez faire une journée sur Darwin (...), est-ce que vous êtes obligé de faire venir des créationnistes toute la journée ? »


 

Philippe Val fait un sort particulier au Livre noir de la psychanalyse, qui avait provoqué une polémique lors de sa parution : « Le Livre Noir de la psychanalyse, un livre d’ailleurs à tonalité… avec des auteurs, disons assez louches, plutôt marqués à l’extrême droite, et une extrême droite qui ne sent pas toujours très bon, mais apparemment ça n’a choqué personne ».


 

Une diffamation ?


 

Le soir même, les auteurs du Livre noir annoncent leur intention de saisir la justice. Puis renoncent après étude juridique. Car en l’absence d’une allusion à des faits précis, la plainte en diffamation ne pourrait vraisemblablement aboutir : pour la Chambre de la presse, la qualification d’extrême droite serait vue comme une simple appréciation, non condamnable en tant que telle.


 

Anecdotique, tout cela ? En tout cas, emblématique de la facilité avec laquelle le point Godwin est rapidement franchi chez les psys. Le point Godwin désigne le moment où un débatteur qualifie son adversaire de fasciste, histoire de couper court à la querelle : on ne discute pas avec un fasciste. Or certains défenseurs de Freud ne se gênent pas pour taxer de fascisme, de haine, parfois d’antisémitisme, les « anti-psychanalyse ». Entendre le directeur d’une radio publique suivre le mouvement, délivrer des brevets de fascisme, édicter ce qui est scientifique ou non, vaut bien une petite enquête. Je demande donc un entretien à Philippe Val, pour savoir ce qui lui inspire ces accusations. Quels passages du Livre noir, par exemple, quelles conversations avec quels spécialistes ? Son assistante laisse espérer que ma démarche va aboutir, et puis non…


 

Côté Livre noir, les quatre coordonateurs de l’ouvrage se disent outrés par les accusations de Philippe Val. « Je trouve ça scandaleux, lance Didier Pleux, directeur de l’Institut français de thérapie cognitive. Toute ma formation a été faite chez des grands psys juifs. Je suis un dissident de la psychanalyse, et quand je me suis engagé toute ma vie pour aider, quand mes écrits luttent contre l’égocentrisme et pour la prise en compte du sentiment de l’autre, ça fait drôle. »


 

Jacques Van Rillaer, professeur émérite de psychologie à l’université de Louvain-la-Neuve, préfère ironiser : « J’imagine que M. Val répète simplement ce que d’autres disent. Je parierais qu’il n’a pas lu Le Livre noir, et même qu’il ne l’a jamais eu en mains. Je pense qu’il est mal informé, et qu’il a fait confiance à des gens qu’il connaît, et qui ont dû le flatter. Vous savez comme moi que s’il y a des gens que l’on flatte, c’est bien les journalistes… D’ailleurs, Jacques Lacan allait chercher lui-même Françoise Giroud à L’Express, et lui accordait des séances plus longues qu’à n’importe qui. J’ai moi-même eu un journaliste en consultation, et comme les thérapies cognitivo-comportementales marchaient, il en a parlé. C’est ainsi que l’opinion se transforme. »


 

Lorsqu’il entend Philippe Val déclarer que l’on ne débat pas avec les adversaires de Freud, Jean Cottraux, di­recteur scientifique de l’Institut francophone de formation et recherche en TCC (Ifforthecc) et coordonnateur du Livre noir, livre une information croustillante : « Pourtant, j’ai bien été invité ! L’avant-veille de cette journée Freud, on m’a proposé de discuter à 8 heures du matin avec Élisabeth Roudinesco. Mais j’étais en province et ne pouvais me déplacer. J’ai demandé à participer par téléphone, on m’a répondu que c’était difficile, et on ne m’a pas rappelé. J’ai été remplacé par Marcel Rufo, qui pourtant se trouvait à Marseille, et qui a fait le panégyrique de Mme Roudinesco. Une opération de com’, rien d’autre ! Peut-être qu’un ordre était venu d’en haut… »


 

D’où vient la rumeur ?


 

Mais qui soufflerait à Philippe Val ce qu’il faut penser du Livre noir  ? Laissons l’historien et philosophe Mikkel Borch-Jacobsen, professeur à l’université de Washington à Seattle, lancer l’accusation : « J’ai toujours été à gauche, et même à l’extrême gauche. À deux reprises, j’ai demandé un droit de réponse parce qu’on m’avait traité publiquement, par écrit, de révisionniste, de négationniste. Mais pour qu’il vous soit accordé, il faut menacer d’une action en justice. J’ai rappelé combien ces termes étaient extraordinairement blessants, d’autant que je suis marié à une Juive dont la quasi-totalité de la famille est morte dans les camps. Mon beau-père, lui, est revenu d’Auschwitz et porte toujours son matricule sur le bras. Il n’empêche, la rumeur continue, constamment. Une fois qu’elle est lancée, on ne peut pas l’arrêter. C’est comme un train en marche. Plus on la dément, et plus elle se répand. J’en veux beaucoup à Élisabeth Roudinesco, parce que c’est elle qui en est délibérément à l’origine. »


 

Historienne, directrice de recherches à Paris VII et rattachée au département d’Histoire de l’École Normale Supérieure, Élisabeth Roudinesco ne manque jamais de présenter la psychanalyse comme un humanisme face aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qu’elle désigne inversement comme des machines à « dresser », à animaliser l’humain.


 

Je la contacte pour avoir son opinion sur la « journée Freud » de France Inter, sur les propos de Philippe Val, et sur les maux dont on l’accuse. Voici sa réponse : « Je n’ai pas à donner une appréciation sur des propos, qu’à ma connaissance, Philippe Val n’a pas tenus et que vous rapportez sans le moindre jugement critique quant à vos sources. Je n’ai pas davantage à répondre à des rumeurs. (…) Quant aux auteurs du Livre noir de la psychanalyse dont vous vous faites le porte-parole et qui se plaignent apparemment de n’avoir pas été invités le 9 novembre à France Inter en affirmant que cette journée aurait été un acte de propagande en faveur de la psychanalyse et des psychanalystes, je vous rappelle que ladite journée n’était pas consacrée à la psychanalyse mais à Sigmund Freud. (…) C’était une journée de haut niveau avec des chercheurs et des personnalités incontestables. Elle a d’ailleurs, pour ces raisons, recueilli un très vif succès. Que cela ne plaise pas à ceux qui colportent des rumeurs, je le constate sous votre plume, mais cela ne me concerne pas. »


 

Histoire de la rassurer sur ma santé mentale, je lui adresse le verbatim des propos tenus par Philippe Val sur France Inter, ainsi qu’un lien vers un podcast pour qu’elle puisse écouter l’émission en question.


 

« Si tu n’as rien à dire de plus beau que le silence, tais-toi  », dit le proverbe. Élisabeth Roudinesco, suite à mes précisions, respectera le plus profond silence. C’est donc sans son concours que nous allons tenter d’y voir plus clair. Pourquoi est-elle accusée (à tort ou à raison, nous allons le voir) de répandre la rumeur que les opposants à Freud sont des antisémites ? Pour le rôle qu’elle a joué durant trois débats.


 

Acte  I : Freud à Washington


 

Au milieu des années 1990, à Washington, la Bibliothèque du Congrès doit consacrer une exposition au fondateur de la psychanalyse. C’est alors que 42 intellectuels signent une pétition pour déplorer que le comité d’organisation ne prenne pas en compte les travaux d’historiens revisitant la légende de Sigmund Freud.


 

L’exposition est annulée, officiellement pour des raisons financières, mais Élisabeth Roudinesco y voit l’influence de la pétition.


 

Le 26 janvier 1996, la psychanalyste publie dans Libération une tribune intitulée « Le révisionnisme antifreudien gagne les États-Unis ».


 

Révisionnisme ? « Dans les pays anglo-saxons, précise Mikkel Borch-Jacobsen, il est courant de parler de révisionnisme historique. L’historien qui révise une certaine version de l’Histoire est forcément "révisionniste", ce qui n’a aucun rapport avec la négation de l’Holocauste. Élisabeth Roudinesco ne dit pas que les pétitionnaires sont antisémites, d’autant que nombre d’entre eux sont juifs. Mais dans le contexte français, avec un tel terme, la rumeur s’étend tout de suite. »


 

Élisabeth Roudinesco prend pourtant soin de préciser, en note, ceci : « Le terme est à prendre, ici, au sens classique d’une révision historiographique, qui n’a rien de commun avec les révisionnistes négationnistes du génocide des Juifs et des Tsiganes. »


 

Certes, l’ambiguïté est ici dissipée. Mais alors pourquoi user d’un terme impropre, qui sera ensuite repris dans plusieurs de ses écrits ?


 

Acte  II : Mensonges freudiens

 

En 2002, les éditions belges Mardaga acceptent de publier un livre refusé de partout en France, Mensonges freudiens, signé par le psychiatre Jacques Bénesteau. Plus virulent et sarcastique encore que le futur Livre noir, l’ouvrage, qui récapitule les travaux des historiens de Freud déconstruisant la légende officielle, reçoit le prix de la Société française d’histoire de la médecine (SFHM), à l’unanimité.


 

En 2003, le très à droite Club de l’Horloge décide de décerner à Élisabeth Roudinesco son prix Lyssenko, attribué chaque année à une personnalité qui a « par ses écrits ou par ses actes, apporté une contribution exemplaire à la désinformation en matière scientifique ou historique, avec des méthodes et arguments idéologiques ».


 

Le rapporteur du jury n’est autre que le préfacier de Jacques Bénesteau. Ce dernier convie d’ailleurs Mikkel Borch-Jacobsen à la cérémonie, prévue le 14 janvier 2004. Celui-ci refuse, par un e-mail à Jacques Bénesteau adressé en copie à l’intéressée : « Il est de notoriété publique que je suis depuis de longues années en désaccord avec ses positions. Ceci toutefois ne saurait m’inciter à me rallier aux chemises brunes intellectuelles avec lesquelles vous avez jugé bon de vous associer. J’ai le plus grand mépris pour tout ce que représente le Club de l’Horloge, et je ressens comme une insulte que vous ayez pu songer un seul instant que je m’associerais à cette provocation. »


 

Peu après, dans le numéro 27 de la revue Les Temps modernes, Élisabeth Roudinesco contre-attaque. Tout en évoquant à nouveau une « école dite révisionniste », elle accuse Mensonges freudiens d’être empreint d’un « antisémitisme masqué  ». Jacques Bénesteau et Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge, l’attaquent en diffamation. Le 17 février 2005, à l’audience de la dix-septième Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, spécialisée dans les affaires de presse, Élisabeth Roudinesco produit l’e-mail de Mikkel Borch-Jacobsen, sans le lui avoir demandé (« Elle ne peut pas dire que je suis d’extrême droite  », souligne-t-il). Jacques Bénesteau, lui, s’est choisi l’avocat de Jean-Marie Le Pen… Le 2 juin 2005, il est débouté et ne fera pas appel. Depuis, il s’est fait singulièrement discret.


 

Acte  III : 
Le Livre noir de la psychanalyse


 

En 2004, un rapport de l’Inserm estime les TCC plus efficaces que la psychanalyse pour la prise en charge des troubles mentaux, à l’exception des troubles de la personnalité. Le document provoque un tel tohu-bohu que Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, annonce devant un parterre de lacaniens, en février 2005, qu’il enterre le rapport. Ce qui lui vaut une standing ovation. Mais donne l’idée du Livre noir  : le quatuor jugé nauséabond par Philippe Val tire à boulets rouges sur la psychanalyse en coordonnant près de quarante auteurs, dont le tiers sont d’ailleurs juifs. « Si les psychanalystes avaient pris acte des conclusions du rapport, et avaient accepté de se cantonner à la prise en charge des troubles de la personnalité ou à l’analyse sans prétention thérapeutique, on aurait dit qu’ils s’inclinaient avec grâce et on n’aurait jamais fait Le Livre noir, explique Jean Cottraux. Je n’y aurais pas investi une once de mon temps. En voulant faire interdire un rapport scientifique de la République par des moyens bizarres, ils se sont tiré une balle dans le pied. Et ils continuent. Ils vont terminer complètement discrédités. »


 

Le 1er septembre 2005, pour accompagner la sortie du Livre noir, Le Nouvel Observateur publie un dossier intitulé « Faut-il en finir avec la psychanalyse ? » Le rédacteur en chef, Laurent Joffrin, qui nourrissait pourtant un a priori plutôt favorable à la psychanalyse, met alors les pieds dans le plat : il écrit qu’Élisabeth Roudinesco lui aurait déconseillé de parler de l’ouvrage sous prétexte qu’il était « politiquement louche, à la limite de l’antisémitisme ».


 

L’intéressée exerce à nouveau un droit de réponse : « Je n’ai jamais parlé d’antisémitisme à propos du Livre noir, et vous faites là une malheureuse confusion avec un précédent ouvrage (Mensonges freudiens, n.d.l.r.) dans lequel j’avais, en effet, décelé de l’« antisémitisme masqué ». J’affirme, au contraire, qu’il n’y en pas trace dans Le Livre noir. » Cette mise au point noir sur blanc n’empêche pas une autre rumeur de se répandre (à laquelle Élisabeth Roudinesco est étrangère) : la journaliste du Nouvel Obs en charge du dossier sur Le Livre noir, elle, n’aimerait pas les Juifs…


 

Remarquons que Jacques Bénesteau n’a pas été invité à écrire dans Le Livre noir, où il n’est pas cité. Ce n’est évidemment pas un hasard. « Sinon, l’amalgame est vite fait », commente Didier Pleux.


 

« Son absence dans Le Livre noir devrait être un signe pour tous ceux qui nous croient d’extrême droite », martèle Mikkel Borch-Jacobsen.


 

« Il y avait de bonnes choses dans son livre, d’autres étaient excessives, c’est tout ce qu’on peut dire, raconte Jean Cottraux. Nous n’en avons pas voulu dans Le Livre noir, étant donné qu’il était suspect. Je l’ai cité en note dans un de mes livres, Les visiteurs du soi, avec d’autres, dont Freud et Roudinesco. Cela m’a été reproché de façon cinglante. »


 

« À l’origine, dans Le Livre noir, admet Jacques Van Rillaer, j’avais naïvement cité Bénesteau. Mais après son choix d’avocat, j’ai dû supprimer ces références, à la demande de mon éditrice et d’autres auteurs. Et j’ai demandé à Bénesteau de retirer d’un site web antifreudien dont il s’occupait des textes de moi que je l’avais autorisé à reproduire. »


 

Lacanien repenti, Jacques Van Rillaer avait déjà publié Les Illusions de la psychanalyse, au titre explicite, et avait déjà dû faire preuve de prudence : « Avec ce livre, je n’ai jamais entendu la moindre critique m’assimilant à l’extrême droite. Mais un collègue m’avait dit : "Ne cite surtout pas La scolastique freudienne de Debray-Ritzen : il est clairement situé à droite, et il suffit qu’un journaliste s’aperçoive que tu lui rends hommage pour que ton livre ne soit pas signalé". J’ai un peu lâchement supprimé quelques passages. »


 

Pierre Debray-Ritzen, auteur de La scolastique freudienne et de La psychanalyse, cette imposture, était tenu, selon Didier Pleux, pour « un homme de droite ».


 

« C’était la critique bébête de la psychanalyse, poursuit-il, parce que celle-ci parlait un peu trop de sexe et de liberté, et accompagnait 68 de façon intelligente. »


 

Pierre Debray-Ritzen et Jacques Bénesteau constituent ce que Didier Pleux appelle « les casseroles » des adversaires de la psychanalyse.


 

Une longue histoire


 

Mais remontons encore dans le temps. Bien avant Mensonges freudiens, Le Livre noir, ou Le Crépuscule d’une idole de Michel Onfray, les anti-Freud étaient-ils assimilés à l’extrême droite, ou s’agit-il d’un phénomène récent ? « C’est une aberration qui a une longue histoire, explique Mikkel Borch-Jacobsen. C’est en fait Freud lui-même qui avait lancé cette idée en 1914, dans son Histoire du mouvement psychanalytique, où il suggérait que des préjugés raciaux avaient joué dans sa rupture avec Jung. De même, dans un article de 1925 pour la Revue juive, il n’excluait pas l’antisémitisme pour expliquer la résistance à la psychanalyse. »


 

Mais sans même parler des nazis, il y a bien eu des antisémites parmi ceux qui dénigraient la psychanalyse comme « science juive » ! « Bien sûr, c’est évident, lâche Mikkel Borch-Jacobsen. Mais toute critique de la psychanalyse n’est pas pour autant antisémite. Soyons clairs : parmi les critiques de la psychanalyse à Vienne, il y avait des Juifs ! Karl Kraus, converti au catholicisme, Ludwig Wittgenstein, Karl Popper, sans compter les dissidents de Freud comme Alfred Adler ! » 


 

L’assimilation des antifreudiens aux fascistes semblant aujourd’hui un phénomène franco-français, qu’en pensent les spécialistes de la diffusion de la psychanalyse en France ?


 

Prenons le psychanalyste Alain de Mijolla, auteur d’un triptyque monumental sur la question. En 2010, dans un article commandé pour la revue Sciences Humaines, le « grand frère » du Cercle Psy, il écrivait, à propos de la suspicion d’antisémitisme avancée par Freud lui-même envers ses détracteurs : « N’en sommes-nous pas encore et toujours, sous des apparences différentes, au même point aujourd’hui ? ».


 

Le moment est venu de lui demander des précisions. En réponse, il m’écrit ceci : « Je ne suis pas assez au courant des écrits du Livre noir ou de Michel Onfray (je me suis évité la corvée de les lire…) pour les taxer d’antisémitisme. Je pense toutefois qu’il faut distinguer les attaques ad hominem faites à Freud qui, obligatoirement, sont empreintes d’un antisémitisme qui ne se déclare pas comme tel (ce n’est pas la mode…) mais n’en demeure pas moins sous-jacent. J’ignore les tenants de l’extrême droite et ne lis aucune de leurs publications… Désolé de ne pouvoir vous en dire plus. »


 

Essayons quelqu’un d’autre, qui, cette fois, ne soit pas psychanalyste. Annick Ohayon, par exemple, auteure de Psychologie et psychanalyse en France. L’impossible rencontre (1919-1969). Que pense-t-elle de l’équation « antifreudiens = antisémites » ? « D’un point de vue historique, en France, cet amalgame n’est évidemment pas justifié : les premiers critiques de la psychanalyse – Georges Dumas, Charles Blondel, ou même Henri Piéron – étaient d’authentiques républicains, plutôt de gauche. Et il y avait parmi les pionniers du mouvement freudien des gens très à droite et plutôt antisémites – Édouard Pichon, et, dans une moindre mesure, René Laforgue et Angelo Hesnard. Les jeunesses de Jacques Lacan et de Françoise Dolto ne sont pas très à gauche non plus ! Il y a là une filiation maurrassienne qu’il faudrait examiner de près. Et dans les années 1950, les adversaires les plus déterminés étaient communistes. Alors, vous voyez, ce n’est pas si simple. Il me semble qu’il faut distinguer deux choses : les attaques concernant la psychanalyse comme méthode thérapeutique, qui peuvent venir de n’importe où, et surtout du corps médical, et celles qui concernent l’homme Freud et la doctrine, qui sont plus idéologiques – et plus récentes. Le Livre noir de la psychanalyse s’inscrit plutôt dans ce cadre. »


 

Elle me conseille de m’adresser à un historien, spécialiste à la fois de la psychanalyse et de l’antisémitisme. Excellente piste ! Je dégaine ma plus belle plume, je le sollicite. Il me répond d’une phrase : « Sur le sujet de votre enquête, je ne dispose pas d’informations qui me permettraient de répondre à vos questions. »


 

D’un Godwin à l’autre


 

Des psychanalystes d’extrême droite, des détracteurs de Freud juifs… Histoire de démolir toute vision binaire de la situation, toute tentation de diviser les protagonistes entre gentils et méchants, sincères et hypocrites, écoutons encore ceci. Didier Pleux voit dans les accusations de fascisme ou d’antisémitisme « une pure tactique pour exclure l’opposition ».


 

« Les psychanalystes éclairés, et j’en connais, ne rentrent pas du tout dans ce débat, assène-t-il. J’ai été exclu de l’université de Caen, où j’étais chargé de cours, parce que je tenais des propos anti-doltoiens. Où est le fascisme ? Je suis maintenant à l’université populaire de Michel Onfray, qui s’est fait traiter lui aussi d’antisémite. Onfray, antisémite ! Pour moi, l’extrémisme de droite, c’est le tout-à-l’ego : tout pour mon petit moi, la destruction du lien social, la propagande, la censure, la croyance en une idéologie fermée. Or, c’est ce qu’est la psychanalyse en ce moment ! »


 

Jean Cottraux, quant à lui, a répondu à Philippe Val en diffusant un texte où il rappelle le comportement trouble de Françoise Dolto sous l’Occupation, ou encore que Freud a dédicacé un livre à Mussolini, et aurait nourri une certaine admiration pour le dictatorial chancelier autrichien Dollfuss… Eh oui : on voit poindre des arguments selon lesquels « Les fachos, ce n’est pas nous, c’est ceux d’en face ». L’extrême droite, c’est Freud ! Le point Godwin est franchi dans les deux sens…


 

Je suis mal parti pour mon enquête. Les gens s’accusent du pire, parfois sans s’être lus. Ou encore du pire « masqué », ce qui nous fait une belle jambe. Et certains refusent de répondre. Les spécialistes bottent en touche. Les accusés eux aussi traitent leurs adversaires de fascistes. Ils refusent même de frayer avec un autre accusé, quand bien même ils apprécient en partie son travail. Élisabeth Roudinesco, coupable idéale pour le lancement de ces rumeurs, a dit publiquement l’inverse de ce dont on l’accable.


 

Voilà le genre d’article qui devrait me fâcher avec tout le monde ! Et il y aura bien aussi quelqu’un pour me taxer d’antisémitisme. Ou pour prétendre que je suis « assez louche » et que je sens mauvais. Allons, il faut écouter la voix de la sagesse et renoncer. Ma décision est prise : tant pis, je n’écrirai pas cet article. Oups. Trop tard.

 

 

mercredi, 06 mai 2015

Cure de rêves...

 

 

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samedi, 14 février 2015

Les origines littéraires de la psychanalyse

A partir des livres Le laboratoire central de Jean-Bertrand Pontalis,  Freud avec les écrivains de Edmundo Gomez Mango et Jean-Baptiste Pontalis, et Correspondance entre Sigmund Freud et Anna Freud.

 

Avec :

- Geneviève BRISAC

- Tobie NATHAN

- Catherine CLEMENT

 

Geneviève Brisac : « On a observé au cours des décennies passées une évolution. La psychanalyse a d’abord été rattachée à la philosophie. A travers Marx, Freud, on avait appris à déconstruire le sujet. Sous l’impulsion de Pontalis, de Gribinski, la réflexion des psychanalystes s’est rapprochée de la littérature. Dans les universités américaines, on étudie les traumas à travers la littérature, et on s’est souvenu de ce que Freud avait puisé dans la littérature. Quant à mon expérience personnelle, mon approche de la psychanalyse est venue par la littérature, à l’occasion de travaux sur l’anorexie, puis sur Virginia Woolf.

 

Le laboratoire central c’est une très bonne expression et un très bon livre, car Pontalis montre à quel point littérature et psychanalyse sont deux sœurs qui cheminent ensemble autour de la manière dont on puise dans l’inconscient pour la création, avec le rêve, la mémoire, ou encore la mémoire du futur. L’œuvre littéraire met en question et en mouvement le lecteur, le fait bouger.

 

Pontalis incite à penser un autre lieu, hors de la théorie philosophie ou de la science : il s’agit du langage, des rêves, c’est-à-dire des autres chemins qui relèvent de l’accès à l’inconscient. C’est là où la littérature retrouve la psychanalyse : la sublimation est un point commun, mais elle ne passe pas par le même chemin. Une pensée qui est mue par l’étonnement est une pensée qui bouge. La psychanalyse n’a pu bouger tant qu’elle est restée fermée dans son armure théorique. La littérature lui a permis d’échapper au dogmatisme. Il faut que ces deux éléments dialoguent. Toute création procède d’un accès direct à l’inconscient, comme le dit Odilon Redon. Tout ce qui vient se mettre en travers du recours direct à l’inconscient inhibe la création. »

 

Couverture de Les fils de Freud sont fatigués Catherine Clément : « Pontalis redonne ses lettres de noblesse à la psychanalyse. Il n’arrête pas de dire que le psychanalyste ne peut se prendre pour un psychanalyste. Ce n’est pas une identité professionnelle. Le psychanalyste a une obligation de résultat, car la psychanalyse a une fonction curative. En 1978, on avait de nombreux « machins » sur la psychanalyse. J’en avais assez, et j’ai publié un livre intitulé Les fils de Freud sont fatigués pour demander aux psychanalystes de s’en tenir à leur vocation thérapeutique. Pontalis passe à la littérature comme écrivain après avoir fermé son cabinet. Il se détache de ses patients pour passer à la littérature proprement dite. Il y a une contradiction pour le psychanalyste entre psychanalyse et littérature : il ne peut pas écrire, car il va rechercher en permanence les raisons pour lesquelles il écrit, ce qu’il ne faut pas faire.

 

Pontalis se résume à travers le terme d’ « amour courtois ». Il a la distance qu’il faut avec la littérature et la psychanalyse. Il a eu la distance qu’il fallait avec Sartre : c’est l’un des seuls qui a claqué la porte des Temps Modernes quand Sartre et Beauvoir voulaient détruire l’université. Il y a chez Pontalis une forme de relation courtoise à la réalité, une distance qui est nécessaire. Mais je me demande si la littérature ne serait pas en danger en fricotant trop avec la psychanalyse. »

 

Tobie Nathan : « C’est une question ancienne. Freud cite des auteurs comme des références, des allégories, mais cela ne veut pas dire qu’il s’en inspire. Il faut s’interroger sur la construction des récits :

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Freud est un formidable constructeur de récits. Il en a fabriqué beaucoup, dans    L’interprétation des rêves par exemple. Il a raconté des fables, comme celle de la  horde primitive. De ce point de vue, il est allé chercher ces récits dans la psychanalyse. Finalement, il a tellement fasciné et un peu terrorisé les gens, qu’on l’a peu utilisé lui-même comme personnage de roman. Un roman extraordinaire a paru en 2007. C’est le roman policier,  L’interprétation des meurtres, qui a eu un succès gigantesque et qui raconte le voyage de Freud aux États-Unis. C’est un livre fabuleux qui fait de Freud un personnage, et il a fallu attendre les romans policiers pour cela !

 

L’Interprétation des meurtres

L’Interprétation des meurtres

 de Jed Rubenfeld

résumé du livre :

En 1909, accompagné de son ami Ferenczi et de son disciple Jung, Sigmund Freud, dont les théories à propos du comportement, du sexe, et de la psychologie faisaient grand bruit, fit son seul et unique voyage à New York, pour donner une série de conférences. Malgré l'immense succès de cette visite, par la suite, Freud en parla toujours comme d'une expérience traumatisante, traitant même les Américains de 'sauvages'. Ses biographes se sont longtemps interrogés sur ce qui avait pu se produire là-bas, allant jusqu'à envisager la possibilité d'un événement inconnu de tous, expliquant ces réactions autrement incompréhensibles chez Freud...

N’oublions pas la partie sauvage de la psychanalyse : les surréalistes ont appris que la création venait du fin fond de soi-même. »

 Sons diffusés :

 

- Julia Kristeva dans Les Amphis de France 5, 1er octobre 1997.

- Edmundo Gomez Mango, dans Les Nouveaux Chemins de la Connaissance, le 2 novembre 2012.

- La Grande Sophie, « Psy, Psychanalyste »

 

 

 

À l’origine de ce livre, un projet partagé par les deux auteurs : montrer ce que la psychanalyse, et tout particulièrement son fondateur, devaient à la littérature. Par des voies assurément différentes, psychanalyse et littérature ne visent-elles pas le même objet ? À savoir rendre compte de la complexité de l’âme humaine, déceler ce qu’il y a en elle de conflictuel, de troublant, d’obscur, explorer des terres inconnues, des terres étrangères. Nous avons porté notre attention sur des auteurs qui ont incontestablement marqué Freud.
Certains qu’il n’a pu que lire – Shakespeare, Goethe, Schiller, Heine, Hoffmann, Dostoïevski –, d’autres qui furent ses contemporains, avec lesquels il a correspondu – Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, Romain Rolland, Thomas Mann, sans oublier Jensen et sa Gradiva. Nous avons voulu décrire la relation que Freud avait entretenue avec eux et eux avec lui. D’où notre titre. Enfin nous avons tenu à consacrer quelques pages à Freud écrivain – « Freud avec Freud », en quelque sorte.
En lui le chercheur sceptique, le Forscher, était proche du Dichter, le créateur littéraire. Psychanalyse et littérature sont à la fois des alliées et des rivales.
 
 
 
 

mardi, 08 avril 2014

Et si les coïncidences avaient un sens ?

Notre monde fourmille de coïncidences qui peuvent être frappantes. Carl Gustav Jung a défini la synchronicité comme une coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Quel est donc le sens de ce lien, qui ordonne la matière comme une danse, sans logique apparente ?

 

 

Nous pensons généralement en termes de causalité formelle : parce qu’il y a du soleil, j’ai chaud. La physique classique, dont le discours sous-tend notre vision du monde, fonctionne selon ce principe. A produit B. En marge de cette causalité règne un hasard aveugle, émaillé de coïncidences, qui peuvent être frappantes. Nous ne nous y attardons pas, pensant qu’elles sont forcément fortuites. Mais il existe dans la nature un autre type de relation, synchrone et acausal, mis en évidence par la physique quantique. Ce lien qui ordonne la matière comme une danse, il n’a pas de logique, mais il produit de l’harmonie.

Avec la notion de synchronicité, Carl Jung élabore la même affirmation sur le plan psychique. Jung définit la synchronicité comme " coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue ". Une image inconsciente pénètre la conscience - sous forme d’idée, de symbole, de rêve ou de prémonition - et une situation objective coïncide avec ce contenu. C’est l’observateur qui confère une valeur à la synchronicité. Elle est plus qu’une coïncidence. Elle va bien au-delà du pur hasard et révèle un fonctionnement global où matière et psyché sont deux faces d’une même réalité.

L’exemple classique présenté par Carl Jung est celui d’une patiente aux prises avec un blocage rationalisant, dont l’analyse patine. Elle lui raconte un rêve dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Soudain, un bruit à la fenêtre. Jung va voir : " Le voilà votre scarabée " dit-il, attrapant l’insecte qui vient de se cogner contre la vitre. Il s’agit d’une cétoine dorée, version européenne du scarabée d’or. Le carcan rationaliste de la patiente vole en éclat, elle peut avancer dans son analyse. La synchronicité nous surprend, nous saisit. Elle peut fournir l’impulsion à un changement nécessaire.

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Ce type d’exemples abonde en clinique. Certains auteurs ont fait de la notion de synchronicité un pilier de leur approche de l’existence. Ils invitent les lecteurs à en tenir compte dans leur vie quotidienne, à s’en servir de boussole, des résonances indiquant que nous sommes " en phase " avec notre destin. Sans tomber dans le piège de la pensée magique qui consiste à croire que parce que l’on a pensé quelque chose, cette chose s’est produite, nous pouvons enrichir notre approche de l’existence.

Enfin, la synchronicité est à la source de nombreuses créations artistiques. Elles sont parfois plus que de simples produits de l’imaginaire.  

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   Le créateur de Corto Maltese Hugo Pratt  en avait fait un art de vivre. Les synchronicités venaient enrichir son œuvre et se répercutaient aussi sur sa vie, de telle sorte que réel et imaginaire se chevauchaient sans cesse.
 
L’émergence de synchronicités est courante au cours des processus thérapeutiques. Exemple : relaté par le psychanalyste Pierre Solié dans La synchronicité, l’âme et la science :
 
 
Des confrères lui adressent un jour Laure, 24 ans, étudiante en psychologie, dépressive. Sa mère est morte 9 ans plus tôt, et son père absent. A l’époque où Laure devient sa patiente, Pierre Solié est lui-même en plongée " dans l’archétype de la Grande Mère et de ses fils – et filles – amants . Sa propre mère est morte lorsqu’il avait onze ans, raison pour laquelle il accepte de vivre avec Laure le deuil pathologique de sa mère. Au bout de la troisième séance, Pierre Solié se rend compte que Laure a besoin de se construire, grâce au " Livre des morts tibétain et à celui des Egyptiens ", un imaginal de la vie après la mort, que lui avait radicalement interdites et ses études " sèches " de psychologie, et ses rencontres avec les thérapeutes antérieurs niant toute réalité au monde des Images-archétypes. " aaa.jpg

Avec son thérapeute, elle se livre à ce travail de construction, qui se poursuit par la reconstitution de l’appartement de son enfance… tout proche de celui que Pierre Solié habitait à la même époque. Quelque temps plus tard, elle lui apprend que son village natal est aussi celui de ses ancêtres ! Ce qu’il vérifia grâce à des documents qu’elle lui fournit.

" Nous voici donc avec Laure en présence de trois niveaux, trois stades, trois nœuds de la mémoire (…) entrant en interférence, en coïncidence de phase avec les miens " écrit Pierre Solié. Un nœud mémorial commun à l’humanité entière, l’imaginal égyptien de la mort, primordial à l’époque pour le thérapeute et sa patiente, en lien avec le décès de leur mère ; un nœud mémorial de lignage, " celui des ancêtre qui l’enracinait dans la même terre d’origine que la mienne "; et enfin " un nœud mémorial individuel, celui de son propre lieu de naissance, proche de mon appartement à l’époque la plus significativement dramatique de sa vie ".

Et Pierre Solié de conclure : " Étranges coïncidences à travers l’espace et le temps. Étranges " connexions acausales " qui font sens – ô combien – pour Laure et pour moi… "

La synchronicité de la rose


Dans Le désir d’être inutile, Hugo Pratt relate cette synchronicité qui le marqua profondément : " alors que les alchimistes recherchent la rosa alchemica, j’ai fait l’expérience de la rose qui venait à ma rencontre. Pendant mon séjour en Argentine, j’étais allé dans une petite station balnéaire au bord de l’Atlantique. C’était le mois de juin- et donc pour l’hémisphère sud, l’hiver. La ville, surpeuplée en été, était déserte. Les vitrines des boutiques étaient recouvertes de panneaux de bois, le sable envahissait les rues. J’aime me promener dans les villes désertes, et j’étais donc content de cette relation privilégiée. J’habitais seul dans une petite maison que j’avais louée. Un matin, en sortant, je trouve une rose accrochée dans le grillage autour de la maison. D’où pouvait venir cette rose ? Est-ce que quelqu’un l’avait mise là à mon attention ? Mais il n’y avait personne dans les environs… Cette rose reste pour moi un mystère. "

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La rosa alchemica réapparait dans Les Scorpions du désert. C’est le titre du livre de William Butler Yeats que lit le personnage Judditah Canaan. Un traître assassinera la jeune fille en lui offrant un bouquet de roses empoisonnées.
 


Plus tard, Hugo Pratt s’est rendu sur la tombe de Yeats en Irlande. Une personne dans une taverne près de Dublin lui a lancé : " Hugo Pratt ? – Oui – Vous venez pour Yeats ? ". C’était bien le cas. Et une autre qu’il ne connaissait pas lui a dit, alors qu’il se tenait près de la tombe du poète, à Drumcliff: " Comment ça va ? ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. " Le transfert entre Yeats et Pratt s’était effectué, comme il y a un transfert permanent entre Pratt et son héros Corto Maltese.
 
 
 

samedi, 23 novembre 2013

Jung et le rêve...

 rêve de lion.jpg "J’appréhende le rêve comme s’il s’agissait d’un texte que je ne comprends pas bien, disons un texte latin, grec ou sanskrit, où certains mots me sont inconnus, ou dont le texte est fragmentaire. Mon idée est que le rêve ne cache rien ; simplement nous ne comprenons pas son langage."

                                       - Carl Gustav Jung

dimanche, 27 octobre 2013

Jung et Pauli.

 

Synchronicité : face visible de l'inconscient collectif ?

 

De mystérieux événements synchrones semblent parsemer nos vies. Les recherches actuelles tendent à prouver que tout semble se mouvoir de façon harmonieuse dans le monde naturel, mais que cette harmonie est parfois soudainement brisée par des événements symboliques chargés de sens... Le principe de l’univers se situerait-il dans une conscience universelle ? Par INREES

 

Mais quelle est donc cette réalité invisible capable de synchroniser les évènements de la nature, d’où provient-elle et en vertu de quelles lois s’accomplit-elle exactement ?

En interprétant les sens symboliques de ses rêves, à fort contenu alchimique, et après avoir longuement étudié les recherches de Jung sur la synchronicité, Wolfgang Pauli - physicien autrichien connu pour sa définition du principe d'exclusion en mécanique quantique, ce qui lui valut le prix Nobel de physique de 1945 - se rendit compte que tous les phénomènes synchrones qui se produisaient dans la nature, qu’ils soient à caractères humain ou quantique, devaient obligatoirement avoir une matrice commune, capable d’unir de façon synchrone le monde du psychisme avec celui de la matière.

En observant attentivement les mécanismes qu’il avait étudié en mécanique quantique par le biais du principe d’exclusion et du neutrino, qu’il avait lui-même découverts, et les conséquences du bouleversant " paradoxes EPR  - une expérience de pensée, élaborée par Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen - en observant son inconscient à l’œuvre au cours des séances de psychanalyse avec Jung ou pendant l’ " effet Pauli ", en étudiant soigneusement les découvertes de Jung sur l’inconscient collectif, Pauli avait eu l’intuition profonde et certaine que cette matrice invisible, capable d’assembler le monde, était l’inconscient collectif, auquel l’inconscient personnel accède occasionnellement à travers des rêves chargés de sens et de phénomènes de synchronicité.

L’inconscient collectif perd alors sa nature exclusive de concept psychologique pour devenir cette réserve d’énergie psychique en dehors du temps et de l’espace, qui gouverne non pas comme une force, mais comme une forme et informe instantanément le monde de la matière. L’esprit (le psychisme) et la matière ne sont donc pas disjoints, mais interagissent totalement, de façon synchrone. Et il n’y a pas un seul esprit et un seul morceau de matière, existant individuellement, mais un nombre infini de morceaux de matière/esprit, unis et synchronisés en un tout unique. Ce que nous croyons être alors notre psychisme ne l’est pas, mais est notre capacité à nous relier à une grande source universelle qui nous unis tous. L’ego, la séparation, la distinction entre objets et particules sont autant de parties d’une unique danse sans fin, qui prises séparément, comme des entités disjointes, ne sont qu’une illusion. Notre ego est une illusion. En effet, certains problèmes psychiques, comme ceux que connut Pauli pendant si longtemps, sont une façon de nous avertir que nous sommes séparés du " Soi ". La clef du bonheur, de la sérénité et de la vie même, est de prendre conscience de notre appartenance à un univers infini.

Extrait du livre " Synchronicité "  de Teodorani Massimo

mercredi, 23 octobre 2013

Jung et l'inconscient collectif.

L'inconscient collectif, une notion clé de la pensée de Jung.


Selon le psychiatre suisse Carl Gustav Jung , l'inconscient collectif constitue " une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux ". Par INREES

L’inconscient selon Jung comporte plusieurs dimensions. " Il ne s’agit pas de nier l’inconscient freudien mais de voir qu’il y a une couche beaucoup plus profonde d’inconscient dans lequel le sujet n’est plus enfermé sur lui-même mais ouvert à de l’inconnu " explique Michel Cazenave qui ajoute : " Il ne faut pas rester dans l’idée d’une créature qui est complètement enfermée dans son histoire personnelle. Ma psychologie n’est jamais que le champ dans lequel se manifeste quelque chose qui est bien au-delà de moi. C’est la différence fondamentale avec Freud. Pour lui, nous naissons ‘table rase’ et nous ne sommes que le résultat de toutes nos expériences, de nos refoulements. "

Dans l’âme, Jung distingue trois degrés :
1. La conscience 
2. L’inconscient personnel (contenus oubliés ou refoulés, perceptions sensibles qui n’ont jamais atteint la conscience tout en pénétrant dans la psyché) 
3. L’inconscient collectif, héritage de possibilité représentatives, qui n’est pas individuel, mais généralement humain, même généralement animal, et constitue le fondement proprement dit du psychisme individuel.
Jung ajoute : " l’inconscient qui est l’ensemble de tous les archétypes, est le dépôt de tout ce que l’humanité a vécu, en remontant à ses plus obscurs commencements, non pas un dépôt mort, sorte de champ de ruines abandonnées – mais un système de réactions et de disponibilités qui déterminent la vie individuelle par des voies invisibles et par suite, d’autant plus efficaces.

Dans L’Ultime Voyage, la conscience et le mystère de la mort, le psychiatre Stanislav Grof relate un cas qui selon lui illustra magistralement l’existence de cet inconscient jungien. Lorsqu’il travaillait à l’Institut de recherche psychiatrique de Prague, il avait pour patient Otto, un jeune homme qui souffrait de dépression et thanatophobie, une peur pathologique de la mort. Au cours de l’une de ses séances, Otto vécut une séquence très forte de mort et renaissance psychospirituelle. " Il eut la vision d’une divinité porcine terrifiante qui gardait l’entrée d’un souterrain sinistre. Au même instant, il éprouva le besoin impérieux de dessiner un motif géométrique précis. " Sanislav Grof raconte qu’Otto usa beaucoup de papier à essayer de dessiner " comme il fallait " de mystérieux motifs géométriques.

Il ne comprit pas cet épisode, et n’en eut la clé que bien des années plus tard, après sa rencontre avec le mythologue Joseph Campbell, à qui il raconta un jour ce qui était arrivé à Otto. " Comme c’est intéressant ! " s’exclama Joseph, et sans l’ombre d’une hésitation : " C’était visiblement la Mère Cosmique de la Nuit de la Mort, la déesse mère des Malékuléens de Nouvelle Guinée. " Joseph Campbell expliqua alors à Stanislav Grof que cette divinité avait l’apparence d’une figure féminine effrayante, aux traits nettement porcins. " D’après la tradition malékuléenne, elle se tenait à l’entrée du monde souterrain et gardait le labyrinthe sacré, très complexe. (…) Au cours de leur vie, les Malékuléens passaient beaucoup de temps à dessiner des labyrinthes, car la maîtrise de cet art était considérée comme essentielle à la réussite de leur voyage dans l’au-delà. "

Pour quelqu’un qui comme Otto, souffre de thanatophobie, le choix du symbolisme malékuléen semble particulièrement adapté. Mais dans ce cas, elle resta un mystère. " Le fait que ni moi, ni Otto n’avions la moindre connaissance intellectuelle de la culture malékuléenne corrobore une nouvelle fois la notion jungienne d’inconscient collectif " conclut Stanislav Grof.

mercredi, 17 juillet 2013

Carl Gustav Jung.

La spiritualité de Jung : 
Cinq décennies plus tard

Le pionnier de la psychologie des profondeurs, le psychiatre, psychologue et essayiste Carl Gustav Jung, est mort le 6 juin 1961. Cinq décennies plus tard, quel est son héritage ? Nous avons posé la question au philosophe Michel Cazenave, membre fondateur et président du Cercle Francophone de Réflexion et d'Information sur l'œuvre de C.G. Jung.INREES.
INREES : Cinquante ans après sa mort, quel est l’héritage de la pensée de Jung ?
Michel Cazenave : Tout est fondé sur l’expérience personnelle et Jung le reconnaît franchement. On ne peut être jungien que si on bâtit sa conception du monde à partir de son expérience propre. Sans en avoir toujours conscience, on retrouve aujourd’hui ce que Jung disait. La spiritualité n’est pas pour lui le résultat d’une névrose, mais une donnée absolument essentielle. L’expérience religieuse et l’expérience spirituelle sont constitutives de l’humain.
La spiritualité de Jung correspond à une recherche à la base. Pour l’émission que je faisais pour France Culture, j’ai navigué dans beaucoup de milieux non intellectuels et j’ai constaté une énorme poussée de ce côté-là. Comme si en Occident, le fait que nous nous soyons débarrassés du christianisme ne signifie pas que nous nous soyons débarrassés de toute spiritualité, loin de là. Il y a au contraire une grande inquiétude spirituelle. 

Freud tombe en disgrâce, la pensée de Jung est redécouverte. Y a-t-il un mouvement de balancier ?
Sur le fond oui, même si ça ne me paraît pas juste. C’est l’esprit français : Si Jung a raison, alors Freud a tort. Alors que je pense qu’ils ne parlent pas des mêmes choses. C’est vrai qu’ils ont été opposés, mais on n’est pas obligés de rester prisonnier des histoires telles qu’elles sont arrivées il y a cent ans. Sur certains points, c’est vrai qu’il faut choisir son camp. Freud dit que le religieux est une névrose obsessionnelle, ce que ne dit pas Jung. Quand ils parlent de l’inconscient, ils ne désignent pas les mêmes réalités. Ils ne sont pas au même niveau de profondeur. Freud parle d’un inconscient produit d’une histoire personnelle. Jung parle de l’inconscient comme d’un espace de non conscience de l’homme en tant que l’homme est le miroir de Dieu. On ne cède pas à l’idée fausse selon laquelle Jung ne parle pas de sexualité. Simplement il a toujours dit : " il y a la sexualité d’un côté et la spiritualité de l’autre. " C’est une sexualité marquée de spiritualité, une spiritualité marquée de sexualité. 

Des notions comme celles de synchronicité, élaborée par Jung, peuvent-elles nous aider à vivre ?
La notion de synchronicité, c’est l’idée d’un royaume éternel, l’ouverture à quelque chose qui nous échappe totalement et cela peut être un guide absolument extraordinaire. 

Y a-t-il toujours une forte résistance à sa pensée ?
Il faut différencier entre ce qui se passe en France et hors de France, en Belgique, en Italie, aux Etats unis. Nous avons en France une résistance particulière. On dit toujours : c’est un irrationaliste. A mes yeux, c’est inexact. Sa pensée est de l’ordre du transrationnel : la raison a ses limites et à un moment, il faut faire un saut au-delà. Il y a un fossé entre la base et les instances médiatrices – universitaires, journalistes. Eux sont dans cette espèce de rationalisme français alors que la base s’en fiche complètement. A la base Jung passe très bien, alors que dans les milieux médiateurs, on ne veut pas en entendre parler.

 Dossier " Jung  : 50 ans "

Jung, l'expérience intérieure, Michel Cazenave.


Ma vieCarl Gustav Jung, Aniela Jaffé.


L'Homme à la découverte de son âmeCarl Gustav Jung.



 

mercredi, 31 octobre 2012

Faire du rêve éveillé, c'est ...essayer de trouver l'unicité.

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" Votre vision ne s'éclaircira que lorsque vous irez voir en votre coeur ... Qui regarde à l'extérieur rêve, qui regarde à l'intérieur s'éveille."

- C.G. Jung.

jeudi, 07 juin 2012

Le rêve éveillé libre défriche pour accéder au moi réel.

la filleuse de rêves.jpg" En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être."

Carl Gustav Jung.

mardi, 22 mai 2012

Regarder à l'intérieur grâce au rêve éveillé libre.

cerveau5.jpg" Les rêves sont les clés pour sortir de nous-même,...qui regarde dehors rêve, qui regarde à l'intérieur se réveille."

Carl Gustav Jung.

dimanche, 22 avril 2012

Des maladies ou des accidents...

jung4.jpg" Les maladies ou les accidents se produisent souvent à un moment où la conscience aurait dû subir une transformation fondamentale mais ne l'a pas fait. Quand pareille transformation s'impose mais reste volontairement ignorée, il s'ensuit des accidents qui peuvent parfois se révéler mortels, ou encore de graves maladies."

Carl Gustav Jung.

mardi, 14 février 2012

" L'interprétation des rêves " par C.G.Jung.

 

 

Ce livre est un passage en revue des "vieux" systèmes d'interprétation des rêves depuis l'antiquité, il foisonne d'exemples commentés par Jung et quelques uns de ses élèves.

Vous y découvrirez entre autres l'évolution, l'histoire d'un homme, d'un inventeur comme Jérôme Cardan.

Jung nous guide à travers le rêve qui pour lui cherche toujours à se dévoiler, à se faire reconnaître car le rêve est une matière vivante.

 

 

jeudi, 19 janvier 2012

De Desoille à Georges Romey, en passant par Jung et Freud.

 

 Les défricheurs

 

 

L'invention du rêve éveillé dirigé

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Sur les traces de Freud et de Jung, Robert Desoille, ingénieur de formation, va se passionner pour l'exploration de l'inconscient. Il perçoit vite l'intérêt du rêve à l'état de veille pour l'investigation psychologique et la résolution des conflits psychiques. En 1923, il élabore la technique du "rêve éveillé dirigé". Son principe ? Le thérapeute fournit une image initiale au patient en fonction de son problème et se donne le droit d'intervenir au cours du rêve et à n'importe quel moment.

  


 

L'invention du rêve éveillé libre

1.jpgGeorges Romey a 22 ans et un mal-être chevillé au corps lorsqu'il entreprend une thérapie par le rêve éveillé dirigé. Au bout de douze séances, il est profondément convaincu de la puissance salvatrice des images. Il lui faudra cependant attendre trente-cinq années d'une carrière bien remplie dans l'industrie avant de revenir au rêve et d'orienter définitivement son activité vers la relation d'aide.

En 1980, Georges Romey devient praticien et se démarque de la démarche desoillienne. Il abandonne petit à petit l'aspect directif dans l'élaboration du rêve par le patient. Prenant appui sur de nombreux exemples, il démontre que toute intervention du thérapeute en cours de rêve, induit des parasites qui ralentissent le cours naturel de la séance. Le rêve éveillé libre vient de naître !

En parallèle de ses consultations, Georges Romey entreprend une recherche systématique sur le sens des symboles. Sept années de travail pour exploiter quelque 8 000 rêves et aboutir à la rédaction de son ouvrage de référence : "Le dictionnaire de la symbolique" en quatre tomes, parus entre 1995 et 2001. Et comme l'homme est d'une nature généreuse, en 2007, il a d'ores et déjà transmis son savoir à plus de deux cent cinquante psychothérapeutes, relaxologues, médecins, psychiatres, analystes et autres praticiens de la relation d'aide. 

jeudi, 22 décembre 2011

2/3- Psychologies Magazine - Le REL: Le rôle des archétypes, l'influx nerveux, déroulement d'un séance.

 

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C’est dans l’œuvre de Carl Gustav Jung, le fondateur de la psychologie des profondeurs, que l’on découvre le rôle de ces images : ce sont les archétypes. Jung divise en effet l’inconscient de tout être humain en deux "territoires" : le personnel et le collectif. L’inconscient personnel, qu’il qualifie de "psychisme subjectif", est le produit des expériences propres à chacun. L’inconscient collectif, lui, s’est construit à partir des « dépôts constitués par toute l’expérience ancestrale depuis des millions d’années, l’écho des événements de la préhistoire, chaque siècle y ajoutant une quantité infinitésimale de variations et de différenciations… »

En clair, cet océan d’informations communes est né de toutes les expériences humaines depuis l’aube des temps. C’est en lui que se sont cristallisés les thèmes symboliques universels, ces archétypes, tels que le dragon, la Grande-Mère, le héros, le vieux sage, le poisson, le sable… De plus, il ne s’agit pas de simples images, mais de "centres chargés d’énergie" qui surgissent dans nos rêves lorsqu’un problème, intérieur ou extérieur, les met en action, et lorsqu’une situation psychologique inacceptable doit être remplacée par une situation plus satisfaisante. Les archétypes sont donc transformateurs. Mais comment ?

Une question d’influx nerveux

A lire :

De Georges Romey :
Rêver pour renaître
Historique et technique du rêve éveillé libre avec analyses de cas (Laffont, 1982).

Rêves éveillés de Catherine Lemaire.
Malgré le titre trompeur (ce n’est pas un essai sur la technique de Desoille), on y apprend beaucoup sur les images mentales des rêves et des états modifiés de conscience (Les Empêcheurs de penser en rond, 1999).

Voilà précisément la seconde différence avec l’approche psychanalytique : lorsqu’ils apparaissent, les symboles ont une action immédiate sur la psyché, mais aussi sur les neurones. Selon Georges Romey, c’est une question d’influx nerveux : une difficulté psychologique se traduit dans le cerveau par un "blocage" des connexions entre deux neurones qui, au lieu de se libérer pendant le sommeil, restent "coincés" dans la même position. L’influx nerveux, qui voyage à travers les centaines de milliards de combinaisons des neurones, "travaille" alors sur ces blocages pour les déverrouiller. D’où l’apparition de ces enchaînements. Il appartient ensuite au thérapeute et à son patient d’en comprendre le sens.

« J’étais bloqué professionnellement, explique Gérald, vétérinaire. A 36 ans, je ne m’intéressais plus à rien, j’étais sur le point de perdre mon emploi. La première séance, j’ai raconté une histoire qui se déroulait sur une montagne ornée de statues, d’armures, de momies, de sarcophages… En l’analysant, j’ai découvert que chacun de ces symboles représentait la fermeture, le “gel de l’âme”. Au cours de la quatrième séance, j’ai rêvé de symboles évoquant le “centre”, c’est-à-dire la délivrance. Je commençais à retrouver la joie de vivre. »

Déroulement d’une séance

Elle suit trois étapes :

L’accueil : il permet au patient de parler de ses préoccupations, d’être écouté, de définir son problème et de commencer à se relaxer.

Le rêve : étendu sur un divan, les yeux clos, on est plongé dans un état de conscience intermédiaire – entre le sommeil et le rêve – particulièrement propice à l’apparition d’images hypnagogiques (qui précèdent et provoquent le sommeil). On raconte alors tout ce qui vient à l’esprit, même s’il s’agit d’un souvenir.

Puis un scénario se déroule et révèle le matériau symbolique inconscient. Bien sûr, le sommeil est un état plus profond que la relaxation, mais le métabolisme s’abaisse jusqu’à un certain seuil par les mêmes moyens : ralentissement des rythmes cardiaques et respiratoires, de la tension artérielle, des fréquences du cerveau.

C’est pourquoi, en état de rêve éveillé, les influx nerveux peuvent aussi repérer, dans le cerveau, les positions neuroniques "bloquées". Qu’il s’agisse d’un rêve endormi ou éveillé, le sens des symboles reste donc le même : un éléphant, par exemple, a toujours les mêmes possibilités de représentation. Toute la différence tient dans le fait que l’on reste conscient, à chaque instant, pour assister "en direct " à ce défilement d’images.

L’interprétation : on interprète soi-même son rêve et une discussion s’engage avec le thérapeute. Il éclaire alors la signification de certains symboles, souligne les similitudes de formes entre les images, et aide à les relier à la problématique du moment.

Psychologies Magazine© Psychologies.com 2011
 
 
 
 

mardi, 06 décembre 2011

Carl Gustav Jung, Problèmes de l'âme moderne.

 

 

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C.G.Jung

 

Le symbole est une image propre à désigner le mieux possible la nature obscurément soupçonnée de l'esprit.