mercredi, 26 octobre 2016

BACLOFÈNE ET ALCOOLISME : LE BILAN

 

 

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Deux essais cliniques en cours

 

Outre ce suivi par l’ANSM, deux essais cliniques sont en cours en France, Alpadir et Bacloville : les premiers au monde, selon Philippe Jaury, le coordonnateur de Bacloville. À l’étranger, d’autres études se déroulent également, mais elles ont débuté plus tard.

Conduit en milieu hospitalier, Alpadir a pour objectif le maintien dans le temps de l’abstinence chez des patients sevrés. Le dosage maximum de baclofène est de 180 milligrammes par jour sur six mois. Les résultats sont en cours d’analyse.

 

 

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Mené avec des médecins généralistes, Bacloville est quant à lui un essai clinique multicentrique (plusieurs lieux en France) et randomisé en double aveugle. Il porte sur 320 patients  et sur un an. Le baclofène est prescrit avec une nouvelle posologie : jusqu’à 300 milligrammes par jour, une dose très élevée. « L’analyse des résultats doit débuter à la mi-avril 2015 », précise Philippe Jaury, qui ne dévoile rien des premières données, mais se montre confiant.

Il faudra aussi mieux comprendre les mécanismes d’action du baclofène : pourquoi, en effet, ne devient-il actif qu’à si hautes doses ? Directrice de recherche au CNRS, au laboratoire Neuroplasticité et thérapies des addictions, Florence Noble suppose que de nouveaux mécanismes biochimiques restent peut-être à découvrir.

 

« Le baclofène a changé la vie de beaucoup de patients alcoolo-dépendants, ils sont devenus indifférents à l’alcool », constate Philippe Jaury, médecin addictologue et professeur à la faculté de médecine de l’université Paris Descartes. Cette molécule est utilisée depuis les années 1970 comme décontractant musculaire. À hautes doses, elle aiderait à réduire sa consommation d’alcool, voire à devenir abstinent.

 

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Jusque-là, la seule solution proposée aux personnes alcooliques était l’abstinence pure et simple. Désormais, « l’abstinence devient une conséquence du traitement et non pas un objectif en soi,explique Philippe Jaury, l'un des pionniers de la prescription du baclofène à hautes doses, cela change complètement la prise en charge ».

 

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Depuis le témoignage d’Olivier Ameisen, les prescriptions se sont littéralement  envolées. Si bien qu’en 2012, selon l’assurance maladie, plus de 33 000 personnes alcoolo-dépendantes débutaient un traitement au baclofène, soit près de dix fois plus qu’en 2007.

« Quand les patients ont appris qu’on pouvait les soigner sans exiger d’eux qu’ils deviennent totalement abstinents, on a vu arriver dans nos cabinets des gens qui, jusque-là, refusaient de venir », se souvient Philippe Jaury. Avant d'ajouter : « Ce qui est bluffant avec le baclofène, c’est qu'au bout de trois à quatre mois, des patients nous annoncent qu’ils ne boivent plus, alors que leur objectif était simplement de boire normalement, comme tout le monde ».

 

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Un bilan positif…

Il y a un peu plus d’un an maintenant que la première recommandation temporaire d’utilisation a été accordée pour raison de santé publique au baclofène par l’Agence nationale de sécurité du médicament. D’une durée de trois ans renouvelable, elle permet aux médecins de prescrire légalement cette molécule hors autorisation de mise sur le marché aux patients pour lesquels les autres traitements disponibles ont échoué. Les deux indications sont : le maintien de l’abstinence chez des patients sevrés et la réduction majeure de la consommation d’alcool pour des personnes alcoolo-dépendantes à haut risque. La posologie ne doit pas dépasser 300 milligrammes par jour.

 

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L’ANSM dresse un bilan plutôt positif du suivi de six mois effectué sur quelque 2000 patients (ceux ayant effectué au moins une visite de suivi) : 74 % des patients nouvellement traités et 45 % des patients déjà traités ont vu diminuer leur besoin irrépressible de boire (craving). En outre, alors que 12 % des patients suivis étaient abstinents au début du traitement, 32 % l’étaient six mois après. Et parmi ceux qui étaient déjà en traitement, près de la moitié étaient toujours abstinents à l’issue du suivi. Une diminution moyenne de la consommation est aussi enregistrée. Elle est de 56 grammes par jour pour les patients qui débutaient le traitement, soit quatre à cinq verres de vin. Pour ceux déjà traités, elle est de 15 grammes par jour, soit un peu plus d'un verre. Toutefois, pour 1,1 % des patients, des effets secondaires graves possiblement liés au baclofène ont été rapportés, notamment de nature neurologique et psychiatrique. « Les effets secondaires sont importants et varient d'un patient à l'autre, mais ils sont beaucoup moins nombreux qu'avec l'alcool » constate Philippe Jaury.

… mais limité

Cela étant, il relève que ce suivi présente plusieurs limites méthodologiques. Tout d’abord, « ces données ne renseignent pas sur l’effet placebo ». C'est pour cela que les études cliniques habituelles sont réalisées en double aveugle : le médecin et le patient ignorent si c’est la molécule ou le placebo qui sont prescrits. De plus, « les contre-indications spécifiques de la RTU excluent à peu près la moitié des patients », déplore-t-il. Sont écartés du suivi, par exemple, les conducteurs d’un véhicule et les personnes souffrant d’une dépression caractérisée d’intensité sévère.

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Quant au portail électronique conçu pour transmettre les données, il se révèle beaucoup trop complexe à l’usage et nécessiterait, selon lui, une formation préalable. Au 20 mars 2015, quelque 5 000 patients seulement étaient enregistrés. « Cette proportion est très faible au regard de l’estimation de l’ensemble des patients traités », reconnaît l’ANSM. « Des études plus cadrées sont nécessaires conclue Philippe Jaury, c’est-à-dire randomisées en double aveugle contre placebo ».



samedi, 01 octobre 2016

C'est quoi, être un professionnel ?

 

 

 

 

Engagement, grandes vérités et gros baratin.

 

 

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L'histoire, c'est de parler du vécu du travailleur, son engagement. Comment il vit son travail, par rapport à lui-même, par rapport à ses émotions, entre ce qu’il voudrait et ce qu'il est tenu de faire. Considère-t-il son boulot comme une mission, une vocation? Et aussi: se retrouve-t-il parfois, comme certains, à lâcher des gros baratins quand on l'interroge sur la question...?

 

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Deux invités se confronteront aux questions psylencieuses des Pernicieux (ou le contraire), pour un débat qui promet d'être chaud, chaud mon pro! Avec aussi des capsules sonores et des chroniques hautes en couleur, qui sont tout sauf du baratin.

 

Psylence Radio, un grain de folie sur les ondes ! Tous les 3e lundis du mois à 17h sur Radio Panik 105.4 FM ou http://www.radiopanik.org