vendredi, 08 janvier 2016

Les enfants prodigieux : Jésus

 

Il n’est pas si fréquent que les dieux aient une enfance. Souvent, ils naissent adultes, comme Athéna, Shiva ou les grandes déesses mères hindoues qui surgissent portant chacune une arme dans leurs quatre ou huit bras.  Mais lorsqu’on a des informations sur leur petite enfance, c’est presque toujours parce qu’ils sont cachés, comme le petit Zeus allaité par une chèvre nourricière. Quelquefois, les dieux à l’état d’enfance manifestent leur divinité par des prodiges signalant qu’ils ont un bel avenir. Or curieusement, dans les Évangiles, on ne sait presque rien de l’enfance de Jésus. Par exemple, dans saint Luc, voici ce que l’on trouve : «  L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

 

Ce n’est pas gras. Ensuite, rien jusqu’à l’âge de douze ans. Pour la fête de la Pâque, la sainte famille monte en groupe au temple de Jérusalem, mais quand Joseph et Marie repartirent avec leurs amis, plus de Jésus. Ils ne le retrouvèrent que trois jours plus tard en remontant au temple, où Jésus discutait brillamment des textes sacrés avec les maîtres, à leur grande stupéfaction. Marie admoneste son fils, ton père et moi nous te cherchions avec angoisse ! Et la réponse fuse, cinglante : «  Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? ». C’est le premier signe de l’autonomie du jeune dieu.

 Parmi les Évangiles  non retenus, ceux qu’on appelle « apocryphes » et qui commentent les Évangiles canoniques, l’Évangile du Pseudo-Thomas, dit aussi Histoire de l’enfance de Jésus, raconte toutes sortes de belles choses. L’enfant Jésus maudit les méchants, aide sa mère dans son travail de ménagère, ressuscite les morts, et connaît déjà

 

 

la Thora. Le texte est du IVème siècle. Le Coran, lui, aurait été révélé au VIIème siècle, et il en contient bien davantage sur la petite enfance de Jésus, reconnu comme prophète né d’une vierge mère, mais pas comme Messie sacrifié pour la rédemption de l’humanité.

Au vrai, ce n’est pas même l’enfant dont il est question, mais du nouveau-né Jésus, Issa en arabe. Sa mère accouche seule en se cramponnant à un palmier, et quand l’enfant est né, elle se lamente : « Si seulement j’étais morte ! »

Ce sont paroles fortes, des mots sacrilèges. Le nourrisson s’adresse à sa mère assez sévèrement : «  Ne pleure pas ! Ton Seigneur a mis à tes pieds un ruisseau. Secoue le palmier, il en tombera des dattes fraîches et mûre. Mange et bois, sèche tes larmes. Quand tu croiseras un humain, dis-lui que tu voues au Seigneur un jeûne et que tu ne parleras plus de ce jour à aucun homme. »

 

 

 

Maryam va présenter le bébé à sa famille sans un mot. Ils s’indignent. Et le nourrisson leur administre une vraie leçon de théologie : «  Je suis le serviteur d’Allah, il m’a donné l’écriture et il m’a fait prophète ! Il m’a béni où que je sois et m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je resterai vivant, ainsi que la bonté envers ma mère. Que le salut soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai rappelé vivant ! »

En clair, le bébé Issa, fils de Maryam et de l’Esprit envoyé par Allah, se bénit lui-même. C’était son premier jour.

 

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Plus tard, disons vers cinq ans, il sculpte pour ses copains des oiseaux en argile, leur souffle dessus et les oiseaux s’envolent. Et reprenant les belles légendes des Évangiles apocryphes, le bébé prophète ressuscite les morts, guérit les aveugles de naissance avec la permission d’Allah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Des nouveaux-nés qui parlent dès leur premier jour, il y en a très peu dans les mythologies. étonnamment, l’enfant Jésus dans le Coran surpasse en puissance l’enfant Jésus des évangiles.

 

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