lundi, 16 octobre 2017

Toutes sortes de monstres : Les monstres nés d’Héra : Héphaïstos, Typhon

 

 La première déesse dont je vous ai parlé, l’indienne Parvati, n’est pas un cas unique. La déesse grecque Héra, l’épouse de Zeus, a fait des enfants toute seule, elle aussi. Trois fois de suite, parce qu’elle était fâchée.

 

 

 

 

La première déesse dont je vous ai parlé, l’indienne Parvati, n’est pas un cas unique. La déesse grecque Héra, l’épouse de Zeus, a fait des enfants toute seule, elle aussi. Trois fois de suite, parce qu’elle était fâchée. Dès qu’Athéna est sortie du crâne de son père, Héra part au jardin de Flore, divinité des fleurs. Là-bas pousse la fleur d’Olène, qui féconde tout ce qui la touche. Flore casse la tige de la fleur fécondante, la pose sur Héra, voilà, c’est fait. Arès, l’enfant qui naîtra d’Héra et de la fleur d’Olène est un dieu qui n’a rien de monstrueux, sauf un léger détail : Arès est le seul dieu qui saigne, d’ailleurs il s’écorche sans arrêt, pour un dieu de la guerre, c’est bizarre. Mais ce n’est rien encore à côté du deuxième fils qu’Héra, encore fâchée, décide de faire sans la semence d’un mâle, « sans s’unir d’amour à son époux », dit-elle. Cette fois, elle n’utilise pas une fleur, mais une laitue.

 

Héra

 

Une laitue ? Mais pourquoi ? Eh bien, parce que le suc laiteux qui sort du cœur de la laitue est un sperme. Il en naîtra une fille adorable, Hébé, déesse de la jeunesse, puis Héphaïstos, Vulcain à Rome, un enfant si laid que Héra le jeta du haut de l’Olympe. Le pauvre petit se retrouva infirme, et tellement boiteux que le poète Homère l’appela le Bancal monstrueux et poussif. Il tomba dans l’océan et y fut élevé par une bienfaisante Néréide, Thétis, la mère d’Achille. Cet artisan magnifique se vengea de sa mauvaise mère en l’enchaînant sur un trône d’or magique de sa confection, et ensuite, obtint de devenir le mari d’Aphrodite qui le cocufia allègrement avec son demi-frère Arès, le dieu saignant.

 

Hébé

 

Ce n’était pas encore assez. Pour le dernier fils qu’elle fabrique seule, Héra demande l’aide de sa grand-mère Gaïa, la Terre. Et notre déesse fâchée frappe le sol d’une main, si puissamment que Gaïa se réveille et accouche de Typhon.

Gaïa

 

C’est un monstre, bien sûr, le maître des ouragans, un ennemi de Zeus né de la colère d’Héra. Il existe une autre version de la naissance de Typhon. Héra aurait été voir au Tartare son grand-père Cronos, qui lui aurait donné deux œufs couverts de son sperme. Qu’Héra les enterre en les confiant à Gaïa, il en naîtra Typhon. Les grand-parents complices de cette naissance secrète ne sont pas désintéressés. Avec Typhon, ils espèrent venger le triomphe de Zeus qui détrôna Cronos.

 

Typhon épousa la vipère Echidna, et ensemble, ils eurent toute une portée de charmants petits monstres : le chien Cerbère à plusieurs têtes, le Sphinx, l’Hydre de Lerne, l’aigle qui dévora le foie de Prométhée, peut-être même les Gorgones, allez savoir. Quand le dieu des ouragans féconde la déesse vipère, il n’en naîtra rien de bon. Les petit-enfants d’Héra et de presque personne causèrent un tas d’ennuis au roi des dieux ; c’était le but cherché.

 

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