lundi, 16 octobre 2017

Toutes sortes de monstres : Les monstres nés d’Héra : Héphaïstos, Typhon

 

 La première déesse dont je vous ai parlé, l’indienne Parvati, n’est pas un cas unique. La déesse grecque Héra, l’épouse de Zeus, a fait des enfants toute seule, elle aussi. Trois fois de suite, parce qu’elle était fâchée.

 

 

 

 

La première déesse dont je vous ai parlé, l’indienne Parvati, n’est pas un cas unique. La déesse grecque Héra, l’épouse de Zeus, a fait des enfants toute seule, elle aussi. Trois fois de suite, parce qu’elle était fâchée. Dès qu’Athéna est sortie du crâne de son père, Héra part au jardin de Flore, divinité des fleurs. Là-bas pousse la fleur d’Olène, qui féconde tout ce qui la touche. Flore casse la tige de la fleur fécondante, la pose sur Héra, voilà, c’est fait. Arès, l’enfant qui naîtra d’Héra et de la fleur d’Olène est un dieu qui n’a rien de monstrueux, sauf un léger détail : Arès est le seul dieu qui saigne, d’ailleurs il s’écorche sans arrêt, pour un dieu de la guerre, c’est bizarre. Mais ce n’est rien encore à côté du deuxième fils qu’Héra, encore fâchée, décide de faire sans la semence d’un mâle, « sans s’unir d’amour à son époux », dit-elle. Cette fois, elle n’utilise pas une fleur, mais une laitue.

 

Héra

 

Une laitue ? Mais pourquoi ? Eh bien, parce que le suc laiteux qui sort du cœur de la laitue est un sperme. Il en naîtra une fille adorable, Hébé, déesse de la jeunesse, puis Héphaïstos, Vulcain à Rome, un enfant si laid que Héra le jeta du haut de l’Olympe. Le pauvre petit se retrouva infirme, et tellement boiteux que le poète Homère l’appela le Bancal monstrueux et poussif. Il tomba dans l’océan et y fut élevé par une bienfaisante Néréide, Thétis, la mère d’Achille. Cet artisan magnifique se vengea de sa mauvaise mère en l’enchaînant sur un trône d’or magique de sa confection, et ensuite, obtint de devenir le mari d’Aphrodite qui le cocufia allègrement avec son demi-frère Arès, le dieu saignant.

 

Hébé

 

Ce n’était pas encore assez. Pour le dernier fils qu’elle fabrique seule, Héra demande l’aide de sa grand-mère Gaïa, la Terre. Et notre déesse fâchée frappe le sol d’une main, si puissamment que Gaïa se réveille et accouche de Typhon.

Gaïa

 

C’est un monstre, bien sûr, le maître des ouragans, un ennemi de Zeus né de la colère d’Héra. Il existe une autre version de la naissance de Typhon. Héra aurait été voir au Tartare son grand-père Cronos, qui lui aurait donné deux œufs couverts de son sperme. Qu’Héra les enterre en les confiant à Gaïa, il en naîtra Typhon. Les grand-parents complices de cette naissance secrète ne sont pas désintéressés. Avec Typhon, ils espèrent venger le triomphe de Zeus qui détrôna Cronos.

 

Typhon épousa la vipère Echidna, et ensemble, ils eurent toute une portée de charmants petits monstres : le chien Cerbère à plusieurs têtes, le Sphinx, l’Hydre de Lerne, l’aigle qui dévora le foie de Prométhée, peut-être même les Gorgones, allez savoir. Quand le dieu des ouragans féconde la déesse vipère, il n’en naîtra rien de bon. Les petit-enfants d’Héra et de presque personne causèrent un tas d’ennuis au roi des dieux ; c’était le but cherché.

 

samedi, 09 septembre 2017

"Regard sur la folie" de Mario Ruspoli

 

 

 En 1960, Mario Ruspoli tourne un film documentaire à l’hôpital psychiatrique de St-Alban, en Lozère.

Décision courageuse à une époque où la folie est un sujet tabou, totalement occulté par la société.

 

 

 

 

Mario Ruspoli suit au quotidien un groupe de médecins novateurs - dont le Dr. Tosquelles, chassé de son pays par la guerre d’Espagne - qui tentent une autre approche thérapeutique de la maladie, fondée sur la proximité avec les patients. Le regard généreux du cinéaste nous fait partager la relation exceptionnelle qui se noue entre soignants et soignés.

 

 

La réussite de ce film est d’arriver à nous faire ressentir le décalage entre le discours cohérent de certains malades et la pathologie dont ils souffrent, montrant à quel point la folie est un univers complexe où certaines perceptions sont faussées.

 

 

 

 

 

Portées par des textes d'Antonin Artaud, dits par Michel Bouquet, quelques rencontres jettent une lumière étrange sur l'univers si proche et si lointain de la folie. Qu'en est-il de cette vieille dame qui sanglote lorsqu'elle se souvient de son enfance ? Ou de cet homme qui prend à partie les médecins qui l'entourent ? 

Producteur délégué :

Anatole Dauman

Directeurs de la photo :

Michel Brault, Roger Morillière

Monteurs :

Jacqueline Meppiel, Henri Lanoé, Henri Colpi

Scénaristes :

Antonin Artaud, Mario Ruspoli

Ingénieurs du son :

Danièle Tessier, Roger Morillière, Dolorès Grassian

Directeur artistique :

Henri Colpi

 

Dans "Regard sur la folie" le psychotique donne à voir et à entendre, un inconscient littéralement à ciel ouvert, selon l’analyse qu’en réalise Jacques Lacan dans son Séminaire (Livre 3, 1955-1956). C’est autour de ce primat de la parole du fou que se rejoignent psychanalyse et surréalisme, et par voie de conséquence, le cinéma direct qui en « récolte les fruits » en quelque sorte. Prônant ensemble l’idée que le discours du psychotique a un sens, tout sujet parlant est invité à pénétrer dans son langage pour entendre ce qu’il a à nous dire sur l’inconscient. Or, ce point de jonction qui s’établit autour du sens du discours psychotique n’est pas pure coïncidence.

On l’ignore parfois, mais l’horizon intellectuel de Lacan a été grandement influencé par ses contacts avec le surréalisme et notamment par la méthode paranoïa-critique de Dalí qui consiste en une simulation de la pathologie psychotique permettant de connaître la réalité autrement et de faire partager cette connaissance à travers des formes objectives. Les thèses lacaniennes sur la psychose sont donc marquées par cette source d’inspiration majeure, bien que dans sa thèse de doctorat, il peine à reconnaître cette dette intellectuelle.

Ainsi, pour Lacan, le psychotique serait le fou le plus génial, le plus créatif, le plus inventif, mais aussi le plus " réaliste " puisqu’il mène le plus directement à la vérité de l’inconscient, à savoir au Réel de la psychose qui laisse littéralement l’inconscient à découvert. Si le film accueille ce langage de la folie sur le plan de son représenté, il le reçoit également au niveau d’un mode de fonctionnement qui travaille, comme la psychose, sur des absences de causalité, de logique et de signifiance immédiate, la pensée de type psychotique partageant avec le flux filmique une relative autonomie à l’égard de la réalité de l’expérience commune.

C’est probablement cette " vérité " de la psychose captée par l’équipe de Ruspoli – une vérité à la fois totalement déployée et insaisissable – qui explique l’enthousiasme des psychiatres et psychanalystes vis-à-vis du film lors de la projection privée du 13 juin 1962.

 

Michel Foucault

" Histoire de la Folie "

 

Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie. - Michel Foucault

 

 

mercredi, 30 août 2017

La biologie de l'attachement par Boris CYRULNIK

 

 

 

 

 

 

 

 

La théorie de l'attachement est un champ de la psychologie qui traite des relations entre êtres humains. Boris Cyrulnik tente dans cette conférence une approche pluridisciplinaire de cette théorie, qui intègre des données biologiques, affectives, psychologiques, sociales et culturelles. Nous verrons comment est née la théorie de l’attachement au XXème siècle et l’état des recherches actuelles.

 

 

Cours enregistré dans le cadre de l'enseignement PACES de Sciences Humaines et Sociales à l'Université Claude Bernard Lyon 1.

 

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Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre et psychanalyste français. Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon-la-Seyne (1972-1991), il publie son premier ouvrage Mémoire de singe et parole d’homme en 1983. Directeur d’enseignement depuis 1996 à la Faculté des lettres et sciences humaines de Toulon et président du Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon, Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de "résilience" (renaître de sa souffrance). Il a également participé en 2007 à la commission Attali sur les freins à la croissance, dirigée par Jacques Attali.

 

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jeudi, 24 août 2017

L'origine du Monde de Lucia Calamaro

Fictions / Théâtre et Cie

Recluse chez elle en pleine dépression, Daria soliloque sur le sens de la vie en cherchant en vain des réponses au fond de son réfrigérateur, dans les brefs non-échanges avec sa fille adolescente, et dans un dialogue imaginaire avec sa thérapeute…

 

Avec
Dominique Valadié (Daria),

India Hair (Federica),

Christiane Cohendy (la grand-mère)

 

 

"Femme mélancolique au frigo”, Daria, une mère de famille d’une quarantaine d’années, est recluse chez elle en pleine dépression. 

Puis sa mère arrive. Comme la fille Federica, la mère tente à son tour de ramener Daria à la vie. Elle lui conseille les vertus de la résignation et lui vante la grâce du quotidien, symbolisée par le torchon de cuisine…

 

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« Dans les textes de Lucia Calamaro un thème récurrent affleure : rapports mère-fille déchirants, mères tourmentées ou absentes, filles en proie à une angoisse existentielle inexprimable. Tout, en réalité, se réduit à ce lien ancestral, encadré depuis plusieurs angles, regardé depuis plusieurs points de vue, celui de la mère jeune, de la fille-enfant, de la fille adulte, puis de la mère vieille […] Les différents « morceaux » de L’Origine del mondo semblent être la chronique minutieuse d’une lutte quotidienne contre les pièges de la dépression : mais la dramaturge romaine, Lucia Calamaro, s’efforce de dissiper ces embryons d’intrigue, de les réduire en miettes, les transformant en de tortueux parcours mentaux. Sur la nature autobiographique – mais peut-être vaudrait-il mieux dire, autoréférentielle – de ces matériaux, elle ne laisse pas de doutes, au contraire, elle ne perd pas une occasion de le répéter. Afin d’en attester la fonction introspective –« analyser la région de l’intimité », comme le dit Daria – et peut-être par moments même thérapeutique, il suffirait de constater que dans ses textes, si l’on regarde bien, il n’y a que des figures féminines. On pourrait dire que toutes ces figures ne sont que les différents visages, les divers stades de maturation intérieure d’un personnage unique, ou bien les manifestations différentes d’une même idée : la féminité comme condamnation, comme poids, comme blessure familière. […] »

 

dimanche, 09 juillet 2017

Le cerveau source de sentiments

 

Les affects précèdent-ils l’acte de penser ou bien la pensée suscite-t-elle les émotions ?

 

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Jean-Didier Vincent n’oppose pas la psychanalyse à la méditation, voire la prière, à la compréhension biologique du fonctionnement du cerveau. Il s’exprime sur les adjuvants au fonctionnement cérébral ouvrant la porte d’augmentation des capacités cérébrales, stade cher aux transhumanistes.

Qu’en pense notre invité ?

 

 

Le cerveau travaille tout le temps, nous dit Jean-Didier Vincent, ancien directeur de l’Institut de neurobiologie de Gif-sur-Yvette, professeur de neuroendocrinologie et membre de l'Académie des Sciences.

Auteur de nombreux livres depuis Biologie des passions, en passant par Biologie du couple, Le Cerveau expliqué à mon petit-fils, une dizaine d’ouvrages ont été publiés par Jean-Didier Vincent.

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L’homme a une vision biologisante des émotions par les neurotransmetteurs. Une constatation, le cerveau est le premier organe sexuel…

 

 
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie des passions
Biologie du couple

Biologie du couple
Biologie du couple
Biologie du couple

 


Le cerveau expliqué à mon petit-fils
Le cerveau expliqué à mon petit-fils
Le cerveau expliqué à mon petit-fils

 

 

samedi, 01 juillet 2017

Tchouang-Tseu

 

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dimanche, 25 juin 2017

Le cerveau, les émotions et la dépression

 

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Le Sens des Choses propose une série spéciale sur les perspectives vertigineuses ouvertes par les progrès les plus récents et à venir des neurosciences et des sciences cognitives.

 

Qu'est ce que la vie mentale et comment ça marche ?

 

Pour y répondre, Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini reçoivent des spécialistes français qui apportent leur éclairage dans les domaines de la conscience et de l'inconscience, de la mémoire et de la décision, du sommeil et des rêves, des émotions et de la dépression, du langage et des apprentissages, de la musique, de l'éducation ou encore de l'intelligence artificielle.

 

 

 

Christophe André  est médecin psychiatre dans le Service Hospitalo-Universitaire de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, au sein d’une unité spécialisée dans le traitement et la prévention des troubles émotionnels (anxieux et dépressifs). Il est l'auteur d’articles et ouvrages scientifiques, ainsi que de nombreux livres à destination du grand public.

 

Philippe Fossati est Docteur en médecine, psychiatre, professeur des Universités et praticien hospitalier en psychiatrie adulte à la Pitié-Salpétrière, enseignant de l'université Pierre & Marie Curie, Paris VI, chercheur à l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, co-responsable de l’équipe ‘Neurosciences Sociales et Affectives’ CNRS UMR 1227 Inserm U 7225. Ses centres d’intérêt et expertise sont la dépression, l'émotion, la mémoire autobiographique, le self, l'imagerie cérébrale. Il est membre de l’Association Française de Psychiatrie Biologique, de l’European College of Neuropsychopharmacology, de l’European Network of Brain Imaging et du ‘Club de Stimulation Magnétique Transcrânienne’.

 

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samedi, 03 juin 2017

Serge Marshennikov

 

 

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samedi, 27 mai 2017

Petites confidences (à mon psy)

 

Émilie ou le rôle de sa vie

de Noémie Landreau

 

 

 

Réalisation : Laure Egoroff

Conseillère littéraire : Céline Geoffroy

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" C’est le soir du 31 janvier. Alors que le tout Paris bruisse du casting qui se prépare pour le biopic consacré à la vie du célèbre chanteur Patrick Poubelle, Émilie se fait remercier par son agent. Catastrophe ! Mais la jeune comédienne est bien décidée à ne pas se laisser décourager. De la rencontre d’un nouvel agent quasi centenaire au casting pour le mauvais rôle, en passant par les répétitions saugrenues d’une pièce de théâtre, un enregistrement publicitaire d’un goût douteux, la visite chez les beaux-parents et les prises de bec avec Antoine, Emilie est prête à tout pour décrocher le rôle de sa vie. " N.L.

 

 

 

mardi, 25 avril 2017

Les rêves peuvent-ils aider à mieux se connaître ?

 

 

Quand et à quoi rêve-t-on ?

 

 

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Qu'est-ce qui les nourrit ?

 

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Que disent les rêves de soi ?

 

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Peut-on les interpréter et s'en servir pour comprendre nos vies propres ?

 


Perrine Ruby, chargée de recherche au centre de neurosciences de Lyon.

 

“ Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous.”

- Albert Camus

 

 

 

dimanche, 09 avril 2017

Lire dans les pensées grâce à l'imagerie cérébrale...

 
 
Les avancées neurologiques ont récemment permis de reconstituer des mots pensés par une personne, relançant l’espoir pour les scientifiques de pouvoir lire un jour dans les pensées des gens. L’occasion pour Olivier Oullier, professeur et chercheur au Laboratoire de psychologie cognitive de l’Université d’Aix-Marseille, de faire le point sur les avancées de l’imagerie cérébrale et sur les questions éthiques qui en découlent.
 

 

Lire dans les pensées de gens, c’est pour bientôt ?

Cela fait rêver pas mal de monde, mais on en est encore loin. Certains pensent que l’on s’en rapproche depuis que des neuro-scientifiques ont réussi à recréer grossièrement le film qu’une personne voit à partir des données d’imagerie cérébrale fonctionnelle. Mais il s’agit de la reconstruction du signal visuel et non d’un décodage de pensées intimes, un résultat qui n’en est pas moins extraordinaire avec de formidables perspectives thérapeutiques, notamment pour le recouvrement de la vue. C’était de la science-fiction il n’y a encore pas si longtemps.

Y a-t-il un risque que d’autres domaines comme la publicité utilisent ces techniques ?

Les techniques se développent et la société s’en empare, cela fait partie du "jeu". Les mêmes stratégies marketing peuvent servir l’industrie agro-alimentaire et la prévention en santé publique. C’est pour cela qu’il faut informer, réguler, mais pas interdire. En France, la loi de bioéthique a été révisée dans cette optique. Bien que la partie relative à la neuro-imagerie nécessite d’être précisée, il faut saluer le travail du législateur et sa réflexion sur les conséquences sociétales de ces techniques. A ce niveau, nous sommes en avance sur les autres pays.

Pourtant vos travaux ont aussi gagné la sphère institutionnelle…

Depuis 2009, j’ai la responsabilité d’un programme de travail intitulé « Neurosciences et politiques publiques » au sein du Centre d’analyse stratégique. Il s’agit d’étudier comment les sciences du comportement pourraient améliorer les stratégies de politiques publiques, qu’il s’agisse des campagnes de lutte contre l’obésité ou le tabagisme. Se baser uniquement sur des questionnaires pour connaître les comportements des individus est insuffisant. L’imagerie cérébrale vient compléter les données comportementales. Ainsi, nous proposons une meilleure évaluation des stratégies de prévention, même si cela ne donne pas des réponses absolues. Et cela concerne aussi les domaines de l’écologie ou de la justice.

Comment les neurosciences peuvent interférer dans le domaine de la justice ?

Elles peuvent aider à étayer des décisions de justice. Dans le cadre du rapport publié par le Centre d’analyse stratégique, nous avons consulté des experts nationaux et internationaux afin de discuter des différents aspects des neurosciences dans ce domaine et les avis restent partagés. Qu’il s’agisse de détecter le mensonge ou de juger du niveau de responsabilité d’un individu. Mais aujourd’hui, il convient de garder à l’esprit que si l’imagerie anatomique informe l’analyse psychiatrique par exemple, l’imagerie par résonance magnétique (IRMf) n’est pas encore mure pour être recevable dans les prétoires comme preuve principale.

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Quel est le problème ?

Il y a un gouffre entre des résultats de laboratoire obtenus sur des sujets volontaires et le comportement de personnes mises en examen par exemple. De plus, un comportement antisocial n’est pas uniquement le fruit d’un dysfonctionnement de quelques millimètres cubes de cerveau. Il y a certes une composante neuro-biologique, mais il convient aussi de prendre en compte les influences contextuelles. Il faut poursuivre la réflexion et former tous les acteurs d’un procès sur l’imagerie cérébrale sans toutefois prendre des décisions qui nous priveraient de nouvelles techniques qui permettraient de mieux rendre la justice dans quelques années.

 



Comment établir un équilibre entre les progrès scientifiques et les risques qu’ils engendrent ?

D’un point de vue scientifique et médical, l’imagerie cérébrale est un outil formidable. Le risque ne vient pas tant des techniques, mais de la façon dont ont les utilise et dont on fait des liens simplistes avec le comportement des gens. On apprend beaucoup plus sur certains comportements déviants, mais ce n’est pas encore suffisant pour établir des preuves principales dans un procès. Dire que vous avez eu des problèmes avec vos parents parce que vous vous grattez l’oreille ou qu’on interprète votre personnalité à travers votre écriture, est autrement plus dangereux et répandu que l’imagerie cérébrale utilisée avec mesure par des personnes compétentes.

 

dimanche, 26 mars 2017

Citation : Oscar Wilde

 

 

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dimanche, 19 mars 2017

Nos amis les rats : Le comte Dracula et ses rats messagers

 

 

Ce choix n’est pas dépourvu de logique, car sauf accident, les vampires sont immortels.

 

 par Catherine Clément

 

 Dracula est un personnage de fiction inventé par l’anglais Bram Stoker et publié en I897, à l’époque de Jack l’Éventreur à Londres et de la naissance de la psychanalyse à Vienne. 

 

 

 

 

 S’ils sont encore debout au lever du soleil, si on leur perce le cœur dans leur cercueil avec un épieu de bois, les vampires se décomposent aussitôt en poussière et redeviennent les morts qu’au fond, ils n’ont pas cessé d’être. Mais les dieux grecs aussi peuvent être accidentés,  s’ils se parjurent après avoir juré par le Styx, les voilà dédivinisés pour une décennie.

Bref, les dieux meurent même s’ils sont immortels. Et ce dieu moderne qui ne se nourrit pas de viande, mais de sang, mérite qu’on s’arrête sur ses origines.

Vlad III - Dracula

 

Mort-vivant dans les régions germanophones ou de Transylvanie, lointainement héritier de l’authentique prince roumain Vlad Dracula, le petit dragon surnommé l’Empaleur, un guerrier cruel mort au XVme siècle, le dieu de l’immortalité a pour compagnons des loups, des mouches, des tziganes et des rats.

On remarquera la place des Tziganes dans cette hiérarchie d’animaux maléfiques ; pour Bram Stoker, les Tziganes n’étaient pas tout à fait des humains.

Lorsqu’il voyage, Dracula emprunte les voies maritimes sur un navire farci de rats qui apportent la peste quand le vampire débarque. Son âme damnée, un fou emprisonné, repère son arrivée en chantant "  des rats, des rats, des rats… " en un temps où, l’année même de la publication de Dracula, Yersin découvrit le bacille de la peste. Plus tard, au cinéma, les rats de Dracula devinrent les véhicules de la peste nazie, jusqu’au jour où les vampires devinrent de grands séducteurs.

 

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film : Dracula 1992

de

Francis Ford Coppola

 

Pas d’inquiétude. De nos jours, les vampires sont décents, ils se nourrissent du sang des bêtes dans les forêts et jamais, au grand jamais ils n’oseraient s’entourer de rats, ni sucer le sang de leur bien-aimée, sauf accident.

C’est ce qui arrive dans la série du Désir Interdit, plus connu sous le nom de Twilight, sorti de la plume puritaine de la jeune mormonne Stephenie Meyer le bon vampire se décide à mordre son épouse pendant qu’elle accouche, pour la rendre immortelle. Des rats ? Où ça ? Mais on n’en est plus là, voyons !

 

lundi, 13 mars 2017

Freud-Averroès: l’inquiétante étrangeté de l’âme

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 Averroès

 

Le moi intime de l'homme est aussi ce qui lui est le plus étranger.

Et si Averroès, démon des Scolastiques, suspect idéal de la philosophie, était le premier théoricien de l'inconscient ?

D'Averroès à Rimbaud en passant par Freud, retour sur l'inquiétante étrangeté de l'âme avec Jean-Baptiste Brenet

 

 " L'âme ne pense pas sans images "

TEXTES

  • Averroès, L’intelligence et la pensée, Grand commentaire sur De l’âme d’Aristote

  • Sigmund FREUD, L’Inquiétante étrangeté et autres essais, " Une difficulté de la psychanalyse"

  • Averroès, Résumé du traité du sens et du sensible, in Compendia librorum Aristotelis qui Parva Naturalia vocantur p.39

  • Arthur Rimbaud, Lettre du Voyant, à Paul Demeny, 15 mai 1871, in Poésies complètes

EXTRAITS

  • Le Destin (arabe : Al-Massir, film égyptien) Youssef Chahine, 1997

  • La Maison du Docteur Edwardes, Alfred Hitchcock, 1945

  • Archive:Jacques Lacan, Analyse spectrale de l'Occident

 

 

Intervenants : Jean-Baptiste Brenet :

médiéviste, professeur de philosophie arabe à l'université de Paris 1-Panthéon Sorbonne.

 

 

 

 

 

samedi, 04 mars 2017

Critiques en herbe : L'exposition "La Renaissance et le Rêve"

 

Une oeuvre de Jérome Bosch décryptée par nos critiques en herbe.

 

 

 

lundi, 06 février 2017

Henrik Aarrestad Uldalen

 

 

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Have a beautiful night,
Henrik =

dimanche, 29 janvier 2017

Quand la pensée symbolique apparaît-elle chez l’humain ?

 

Les dessins pariétaux découverts dans la grotte Chauvet, qui datent de 35 000 ans avant J-C , montrent qu’Homo Sapiens cherche déjà un sens, une symbolique produite de l’art que viendront conforter d’autres découvertes.

 

Cerveau normal,  image à résonance magnétique en couleurs.

Cerveau normal, image à résonance magnétique en couleurs.

 

Une émission proposée et présentée par René Frydman.

Intervenants :Jean-Pierre Changeux 

Neurobiologiste, Professeur Honoraire au Collège de France et à l'institut Pasteur. Membre de l'Académie des Sciences

 

Y a-t-il un progrès dans l’art depuis ces temps lointains ?

Qu’est-ce que la notion de beau ?

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La recherche scientifique menée par Jean-Pierre Changeux depuis des années se porte sur les phénomènes neurologiques de la contemplation de l’œuvre d’art et de la création artistique.

Déjà avec Pierre Boulez et Philippe Manoury il a exploré les voies de l’émotion et de la raison en musique dans un livre intitulé Les neurones enchantés. Le cerveau et la musique.

Résultat de recherche d'images pour "La beauté dans le cerveau"

Dans son dernier livre La beauté dans le cerveau, il s’agit de l’œil, de ses mouvements incessants pour jauger le tableau à l’aune de l’histoire de l’art, de la nouveauté et du plaisir esthétique.

De nombreux créateurs avancent puis reculent en zig zag avant d’avoir le sentiment que le tableau est fini, que l’œuvre est terminée. Y a-t-il de l’aléatoire dans le geste, peut-être. En tout cas accepter ou corriger c’est le pouvoir de l’artiste.

 

-

 

Jean-Pierre Changeux a été président de la Commission interministérielle d’agrément pour la conservation du patrimoine artistique national français et président du Comité consultatif national d’éthique.

Il est l’auteur, notamment, de Raison et plaisir, de Matière à pensée (avec Alain Connes), de La Nature et la Règle. Ce qui nous fait penser (avec Paul Ricœur), de L’ Homme de vérité, de Du vrai, du beau, du bien et, avec Pierre Boulez et Philippe Manoury, des Neurones enchantés. Le cerveau et la musique.

 

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Ce qui se passe dans la tête du créateur, du compositeur, lorsqu'il crée, demeure encore inconnu. C'est ce "mystère" que se propose d'éclairer ce livre.

 

La création artistique relève-t-elle de processus intellectuels et biologiques spécifiques ? Peut-on s'approcher au plus près de son mécanisme pour parvenir à comprendre comment un compositeur, un musicien, un chef d'orchestre, choisit de mettre ensemble telle et telle note, de faire se succéder tel et tel rythme, de faire émerger du neuf, de produire de la beauté, de susciter l'émotion ?

La compréhension de ce qui se déroule dans le cerveau du compositeur lorsqu'il écrit Le Sacre du printemps ou Le Marteau sans maître est-elle possible ?

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Quelles relations peut-on établir entre les briques élémentaires de notre cerveau que sont les molécules, les synapses et les neurones, et des activités mentales aussi complexes que la perception du beau ou la création musicale ?

Tenter de constituer une neuroscience de l'art, tel est l'enjeu de ce livre, qui procède d'un débat entre Jean-Pierre Changeux, le neurobiologiste, qui a fait du cerveau l'objet privilégié de ses recherches, et Pierre Boulez, le compositeur, pour qui les questions théoriques liées à son art, la musique, ont toujours été essentielles, et auquel s'est joint Philippe Manoury pour apporter son éclairage de musicologue.

 

vendredi, 20 janvier 2017

CAFE PSY - LE REVE EVEILLE, AUDREY DE LA GRANGE

 

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https://soundcloud.com/radioaviva88fm/cafe-psy-le-reve-eveille-audrey-de-la-grange-040117?in=radioaviva88fm/sets/cafe-psy


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mardi, 03 janvier 2017

La jouissance

 

 

" Beaucoup affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même.

 

On s’essaye à jouir et à " faire des expériences ".

 

 

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Mais c’est une vue de l’esprit.

 

Il faut une rare vocation pour être un jouisseur.

 

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La vie d’un homme s’accomplit sans le secours de son esprit, avec ses reculs et ses avances, à la fois sa solitude et ses présences ".

 

 

 

Une vocation, la jouissance ?

C’est du moins ce qu’entend Camus dans les dernières pages de l’Été à Alger, ce qui laisse entendre que face à la jouissance, nous ne sommes pas tous égaux, que celle-ci n’est pas le fruit d’un travail ou la récompense de la patience, mais qu’elle nous est donnée, accordée, telle la grâce divine qui divise le monde entre les élus et les condamnés.

 

Humour...

 

Mais la jouissance ne fait pas partie de l’au-delà, elle est ici-bas, et quand bien même elle jaillit du domaine spirituel, elle ne serait rien sans le corps, sans les sens, sans l’extase qui nous élève et nous expulse hors de nous-mêmes, hors du temps, hors du  questionnement. Jouir, c’est ne plus se demander pourquoi.

 

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 Essayer de penser la jouissance, d’en esquisser l’histoire, d’en écrire les effets,  d’en saisir les enjeux. Ce défi, qui d’autre que le philosophe Jean-Luc Nancy pouvait le relever. 

 

vendredi, 30 décembre 2016

Citation : Jean Cocteau

 

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